Accueil > Documents > Décroissance de la consommation > Pic du pétrole et du gaz > Dans la série "plus trop de pétrole"

Dans la série "plus trop de pétrole"

mercredi 22 mars 2006

Alors que

1) la Suède s’organise pour pouvoir se passer du pétrole d’ici 2020, et que
2) G. Bush reconnait que les États-Unis sont "dépendants au pétrole", ce qui
3) titille le lobby pétrolier,
4) un nouvel ouvrage sur l’ère de l’après-pétrole
5) qui se profile à l’horizon, et ça ne semble pas réjouissant...
6) et encore un autre ouvrage ! (et un entretien dans La Libre : "un choc pétrolier sans précédent").

Vive la décroissance de la consommation !


1) La Suède s’organise pour pouvoir se passer du pétrole d’ici 2020

Extrait d’un article tiré du Guardian :

Sweden plans to be world’s first oil-free economy

"Sweden is to take the biggest energy step of any advanced western economy by trying to wean itself off oil completely within 15 years - without building a new generation of nuclear power stations.
The attempt by the country of 9 million people to become the world’s first practically oil-free economy is being planned by a committee of industrialists, academics, farmers, car makers, civil servants and others, who will report to parliament in several months.

The intention, the Swedish government said yesterday, is to replace all fossil fuels with renewables before climate change destroys economies and growing oil scarcity leads to huge new price rises.

"Our dependency on oil should be broken by 2020," said Mona Sahlin, minister of sustainable development. "There shall always be better alternatives to oil, which means no house should need oil for heating, and no driver should need to turn solely to gasoline."

According to the energy committee of the Royal Swedish Academy of Sciences, there is growing concern that global oil supplies are peaking and will shortly dwindle, and that a global economic recession could result from high oil prices.

Ms Sahlin has described oil dependency as one of the greatest problems facing the world. "A Sweden free of fossil fuels would give us enormous advantages, not least by reducing the impact from fluctuations in oil prices," she said. "The price of oil has tripled since 1996."

A government official said : "We want to be both mentally and technically prepared for a world without oil. The plan is a response to global climate change, rising petroleum prices and warnings by some experts that the world may soon be running out of oil."

Lire la suite de l’article dans le Guardian

Lire l’article de la ministre suédoise du développement durable

2) G.W. Bush reconnaît que les États-Unis sont dépendants au pétrole.

"Here we have a serious problem : America is addicted to oil, which is often imported from unstable parts of the world..."

Davantage sur le site de CNN

3) ce qui dérange le lobby pétrolier... qui reproche au Président d’employer une "dangereuse rhétorique" :

“The president’s dangerous rhetoric that we are addicted to oil is an indication that the administration is addicted to confused thinking about energy policies,” says Myron Ebell, CEI’s director of energy policy. “As bad as the policies proposed by President Bush are, the addiction rhetoric is much worse. President Bush might as well have said, ‘we’re addicted to prosperity, comfort, and mobility, and I’ve got the policies to do something about it.’

Un éclair de lucidité ?

4) nouvel ouvrage sur l’après-pétrole : Le Plein s’il vous plait !, A. Grandjean et J.M. Jancovici, Seuil, février 2006

La recension de France Info, 11 février 2006 (Nathalie Fontrel) :

Pour sauver la planète, supporter la fin du pétrole et enrayer le réchauffement climatique, il faut voter pour le premier candidat qui proposera d’augmenter la fiscalité sur les énergies fossiles. C’est la conclusion du dernier ouvrage signé Jean Marc Jancovici et Alain Grandjean : "Le plein s’il vous plait". Faut-il attendre la crise, la fin du pétrole, pour réagir ? Non répondent les auteurs, il faut anticiper. Augmenter les taxes a plusieurs effets : la consommation diminue et l’argent récolté peut être redistribué vers des professions qui auront du mal à supporter la hausse comme les routiers ou les agriculteurs. Les auteurs tordent le coup au "y’a qu’à"...

Y’a qu’à trouver d’autres sources d’énergie... après tout , la fin de l’âge de pierre n’est pas arrivée par manque de pierres ! Mais pour remplacer le pétrole par des biocarburants, il faudrait consacrer 50 millions d’hectares de terres au colza et à la betterave. 50 millions sur 55 millions d’hectares : c’est la surface de l’hexagone.

Y’a qu’à faire des voitures ou de l’électroménager plus économes. L’expérience montre que cela ne réduit pas la consommation. On abandonne le vieux frigo de 150 litres pas économe pour un frigo économe de 350 litres... auquel on ajoute un congélateur, un sèche linge économe, un micro-ondes économe... bref. En multipliant les usages, on augmente la consommation d’énergie. La solution serait-elle un retour à la bougie ?

Jean Marc Jancovici : "cela n’a pas de sens de dire que c’est un retour à la bougie ou à la préhistoire, parce que l’histoire ne s’efface pas. Le temps ne va que dans un seul sens. C’est un autre monde c’est certain : si on divise par 4 nos émissions de gaz à effet de serre en France, cela correspond à la consommation d’hydrocarbures que nous avions dans les années 50. Mais ce n’est pas la mort ! Quand on frémit à ce genre d’idée on oublie complètement que si on ne choisit pas d’organiser une diminution volontaire de notre consommation d’énergie fossile, les mathématiques nous imposent que ça se produira quand même - le pétrole n’est pas une énergie renouvelable - sans nous demander notre avis ! Et les choses qui arrivent sans nous demander notre avis se passent souvent plus mal que lorsqu’on nous le demande".

Sur le site de J.M. Jancovici : http://www.manicore.com

5) pendant ce temps là, la balance commerciale des États-Unis plonge (voir Le Monde), en partie à cause de ses maladives importations de pétrole. Les menaces euro-américaines contre l’Iran qui persiste à vouloir développer son programme nucléaire font dire au gouvernement de Téhéran que finalement ils pourraient peut-être bien couper les pompes, si jamais... (voir Libération).

Le même pays aurait d’ailleurs annoncé passer du dollar à l’euro pour ce qui est du commerce pétrolier, chose plus qu’inquiétante pour les pays occidentaux. Cela fait dire au groupe "Europe 2020" qu’une crise mondiale majeure se déclenchera entre le 20 et le 26 mars 2006 (voire Europe2020). Espérons que ces nostradamus se trompent.

6) Un nouvel ouvrage vient renforcer ces analyses (pas celles des nostradamus, mais celles du choc pétrolier à venir) : "La face cachée du pétrole" d’Eric Laurent. Voir à ce sujet un court entretien dans La Libre du 22 mars 2006 : "Un choc pétrolier sans précédent"

Si l’on veut éviter le pire, il est plus qu’urgent de diminuer nos niveaux de consommation, en particulier de pétrole :

consommons local, laissons les voitures au garage !


Suivre la vie du site Articles | Suivre la vie du site breves | Contacts | Confidentialité