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"Greenpeace : Les passerelles entre finance et écologie" - www.agriculture-environnement.fr - 19 décembre 2008

mercredi 7 janvier 2009

Dans le monde de l’écologie, la nomination de Robert Lion comme président de Greenpeace-France ne semble pas faire l’unanimité. Fabrice Nicolino, ex-journaliste de Politis et habitué des coulisses de la nébuleuse verte, s’interroge ainsi sur la pertinence de placer à la tête des « guerriers verts » cet ancien énarque. Il est vrai que la carrière de cet homme de soixante-quatorze ans, jadis chef de cabinet de Pierre Mauroy et directeur pendant dix ans de la très puissante Caisse des dépôts et consignations (CDD), tranche avec celle de Katia Kanas, qui l’a précédé chez Greenpeace. Alors qu’en 1977, M. Lion côtoyait déjà les allées du pouvoir, la jeune Katia, à peine âgée de quinze ans, participait aux campagnes contre la chasse à la baleine et contre l’énergie nucléaire. C’est dire qu’elle ne risquait pas de rencontrer Robert Lion, alors administrateur de la Banque européenne d’investissements, de la Compagnie internationale des Wagons-lits, du Club Méditerranée, d’Air France, d’Havas ou encore d’Eurotunnel !

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La dernière action de Robert Lion au sein d’Agrisud a été d’établir un partenariat avec le groupe boursier NYSE Euronext pour la création du « Low Carbon 100 Europe ». Cet « indice vert » est destiné à coter un produit financier basé sur les émissions de carbone de cent entreprises sélectionnées par Agrisud, le WWF et l’association GoodPlanet de Yann-Arthus Bertrand. Adossé à cet indice, un fonds d’actions géré par BNP Asset Management donne aux particuliers comme aux professionnels la possibilité d’investir dans ces sociétés. Comme l’assure sans complexe le nouveau patron de Greenpeace au Figaro, « investir dans un paquet à travers ce fonds d’entreprises qui sont à la fois surperformantes par rapport aux indices moyens, et d’autre part qui contribuent à réduire les dégâts que nous faisons en général sur la planète, c’est un bon placement ! » Et puis, « on a sa conscience avec soi », ajoute-t-il. On pourrait donc s’attendre à retrouver dans cet indice des entreprises comme France Eoliennes, une petite start-up spécialisée dans l’énergie verte, ou Odersun, une société allemande saluée comme l’entreprise verte la plus porteuse d’avenir par le jury 2008 de « Clean Tech 100 ». Curieusement, les heureux élus se nomment Royal Dutch Shell, Nestlé, Carrefour ou encore Bayer, pour n’en citer que quelques-uns. Même le géant du luxe et de la consommation PPR figure dans l’indice soutenu par le WWF et Goodplanet. N’y aurait-il pas un lien entre le financement du prochain film de Yann-Arthus Bertrand par Jean-François Pinault et la présence de son holding dans l’indice ? La question mérite d’autant plus d’être posée que PPR n’est pas le seul partenaire financier de Yann-Arthus Bertrand à y figurer : Air France est aussi dans ce cas. Par ailleurs, on peut s’interroger sur la présence du deuxième plus grand cigarettier du monde, British American Tobacco (BAT), dans le « Low Carbon 100 Europe ». A moins que ce choix ne s’explique par la participation de Richemont, un holding financier dirigé par le fils du richissime homme d’affaires sud-africain Anton Rupert (membre pendant plus de vingt ans du comité exécutif du WWF International), dans le capital de BAT. Johann Rupert, propriétaire d’une vaste étendue de terres transformée en réserve naturelle, serait d’autant moins mécontent de la bonne tenue de la cote de BAT qu’il a fait connaître le 19 novembre dernier son intention de vendre les 19,3% du capital qu’il possède encore...

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