Accueil > Nouvelles > IEW tance le JEP

IEW tance le JEP

jeudi 8 juillet 2010

Tout observateur tant soit peu averti peut constater que la régulation publicitaire recule depuis plusieurs années, alors même que la préoccupation citoyenne grandit. Il y a deux principaux responsables à ce déplorable état de fait :
- Le lobby publicitaire et singulièrement le Jury d’Ethique Publicitaire – Conseil de la Publicité (le premier est une émanation du second),
- les partis politiques qui forment les gouvernements et parlements.

Le lobby publicitaire n’a de cesse de bassiner les élus avec la pseudo-liberté d’expression des publicitaires [il s’agit en fait du droit du plus fort à imposer des messages débilitants à tout le monde et tout le temps] et la vitalité de l’économie [la pub, moteur de l’économie de croissance]. Les élus font de l’excès de zèle pour se contenter de trouver la pub créative, et ne surtout pas se demander pourquoi la croissance crée du chômage, de la pauvreté et détruit la Terre.

Face à cette coalition des dévastateurs, la mobilisation citoyenne et associative est cruciale. En particulier, les organisations partie prenante du Conseil de la consommation ont une responsabilité particulière puisque « Le Conseil de la Consommation est la structure consultative centrale pour les problèmes de consommation et de protection du consommateur. Il a pour mission principale de remettre des avis destinés à conseiller ses Ministres de tutelle (la Ministre de la Protection de la Consommation et le Ministre de l’Economie), ainsi que les pouvoirs législatifs et exécutifs sur les questions intéressant les consommateurs. En vertu de ses autres missions, le Conseil est également un lieu de dialogue et de concertation entre les consommateurs et les professionnels. Il est habilité par la loi à élaborer des accords de consommation.  » (voir la présentation du Conseil sur la page du SPF Economie.

Les parties prenantes à ce conseil qui sont réellement sensibles à la protection du consommateur, à la justice sociale et à la protection de la nature devraient systématiquement dénoncer le blocage du lobby publicitaire. A notre sens, ils devraient se désolidariser franchement des travaux lorsqu’ils sont bloqués par des lobbies tels le Conseil de la Publicité qui ne reculent devant rien pour faire prévaloir leurs intérêts sectoriels destructeurs face au bien commun.

Comme le souligne IEW, le JEP bloque toute avancée significative de la législation, et s’emploie à miner les règles protégeant les consommateurs et l’environnement. Nous estimons que participer à ces réunions de « concertations » qui dès lors se convertissent largement en chambres d’entérinement des avancées du marché (publicitaire) est contre-productif : cela donne un gage de légitimité (« la société civile y est représentée » entend-on) à une instance qui n’est en réalité absolument pas adaptée pour remplir la mission qui devrait lui incomber : protéger l’intérêt public et le bien commun.

« Pas réaliste » diront certains. La désagrégation sociale est bien réelle, elle. La destruction de la Terre l’est tout autant. Ce qui n’est pas réaliste, c’est d’espérer éviter l’effondrement en jouant le jeu d’un système qui l’organise.

La non-coopération avec les forces destructrices (appelez-les comme vous voulez) est une nécessité éthique, une nécessité stratégique et une nécessité historique.

Ci-dessous reproduction d’extrait du très bon choix de chardon de IEW.

*

La Fédération décerne ses Palme & Chardon 2010, IEW, 29 juin 2010 :

La Fédération a décerné ce mardi ses Palme et Chardon qui distinguent respectivement un « bon élève » et un « cancre » de la classe environnementale. Pour ce millésime 2010, les honneurs sont revenus à Danièle Sarlet, actuelle Secrétaire générale de l’administration wallonne, récompensée pour son action opiniâtre à la direction de l’Aménagement du territoire. A l’opposé, le Jury d’éthique publicitaire (JEP) a été épinglé pour son incapacité à réguler les pratiques de la publicité. Le « Prix des associations » qui couronne le travail d’une des 150 associations de la Fédération est allé à Trop de Bruit en Brabant wallon.

(…)
Organe d’auto-régulation de la publicité en Belgique, le Jury d’éthique publicitaire (JEP) est composé pour moitié de membres issus du secteur lui-même. Sans doute cette situation de « juge et partie » explique-t-elle l’incapacité de la structure à assurer un encadrement efficace des pratiques publicitaires. Une incapacité que la Fédération a souhaité mettre en exergue en attribuant son Chardon à cette institution fantoche. Deux éléments motivent plus particulièrement ce choix, deux éléments démontrant l’incapacité du JEP à

- faire respecter la législation en vigueur relative à l’affichage dans les publicités pour les voitures neuves de leurs consommation et émissions de CO2. Un affichage qui, légalement, devrait être de taille égale au message principal de l’annonce. Il suffit de regarder autour de soi pour voir que l’on est très loin du compte ;

- interdire l’utilisation abusive d’arguments environnementaux dans les publicités. Par ailleurs, le JEP s’obstine à combattre l’instauration d’un Observatoire indépendant de la publicité pourtant préconisée par le Conseil fédéral du Développement Durable et actée dans les plans fédéraux du Développement Durable.
Ce Chardon a valeur de signal d’alarme face à une situation compromettant l’indispensable remise en cause de nos modes de consommation.

(…)


Suivre la vie du site Articles | Suivre la vie du site breves | Contacts | Confidentialité