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Communiqué de presse Respire asbl - 10 mars 2006

Quand le politique détourne le travail des chercheurs au profit des marchands.

vendredi 10 mars 2006

Depuis plusieurs mois, on entend dire qu’une étude réalisée par les FUCaM plaide pour la levée de la règle dite « des 5 minutes » (interdiction de diffuser de la publicité 5 minutes avant et après les programmes pour enfants) [1].

Nous avons donc contacté le cabinet de la Ministre Fadila Laanan pour obtenir cette étude... qui, à notre grand étonnement, n’y est pas disponible. Nous avons alors pris contact avec Claude Pêcheux, coauteure de cette étude [2], qui a bien voulu nous recevoir le 8 mars 2006 pour préciser les résultats de cette étude et commenter l’utilisation politique qui en est faite.
Il ressort de cet entretien que les conclusions qui ont été tirées de l’étude scientifique des FUCaM sont erronées, que l’interprétation qui en est faite est partielle et partiale.

L’analyse des FUCaM indique que la règle des 5 minutes en tant que telle, c’est à dire seule et isolée, ne permet pas de protéger efficacement les enfants de la publicité si l’on considère les premières variables d’efficacité publicitaire (celles qui mesurent l’influence persuasive des messages commerciaux). Mais cette étude ne préconise pas l’abandon de la règle des 5 minutes. Claude Pêcheux affirme : « l’étude scientifique des FUCaM ne permet pas l’utilisation politique qui en est faite  », « on ne peut pas dire que la conclusion des auteurs [de cette étude] est "il faut supprimer la règle des 5 minutes"  », « si cette règle devait être supprimée uniquement en disant "cette étude le prouve", là non, nous ne sommes pas d’accord, évidemment  ».

Selon l’auteure, cette étude expérimentale ne « permet pas plus d’étayer la règle des 5 minutes que de la supprimer ou de l’étendre  ». Le problème est qu’« on a une règle qui donne bonne conscience, et qui empêche de se poser d’autres questions ».
Cette règle a une utilité si elle constitue un premier pas vers un système de protection plus complet et efficace des enfants, ce qui demande notamment des programmes publics et critiques d’éducation aux médias et à la publicité. Or, en cette matière, les avancées ne sont pas significatives, c’est le moins que l’on puisse dire. Cela est d’autant plus préoccupant que ceux qui prêchent pour la suppression de la règle des 5 minutes prêchent également pour une protection des enfants, mais ne font rien en ce sens...

Pour Respire asbl, la proposition de supprimer la règle des 5 minutes est sans fondement et témoigne une fois de plus de l’absence complète de légitimité des décisions qui laissent la publicité commerciale envahir nos espaces publics.

Signez la Pétition pour libérer la RTBF de la publicité commerciale

Des pistes pour agir, deux autres pétitions à signer sur http://www.consoloisirs.be

Respire asbl

Notes

[1Ainsi La Libre Belgique annonçait le 21 novembre 2005 que « Les Facultés universitaires catholiques de Mons plaident pour lever l’interdiction des pubs », ce qui est une surinterprétation erronée de ladite analyse.

[2intitulée « The control of commercials targeting children : An experimental approach to investigate context effects », Claude Pêcheux, Christian Derbaix, Ingrid Poncin, à paraître dans European Advances in Consumer Research


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