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"La roue voilée du système Villo", La Libre, 21 mai 2010

mercredi 16 juin 2010

Suite au dossier villo réalisé par IEB dans son Bruxelles en Mouvement N°236, La Libre s’est interrogée à son tour sur la convention douteuse qui organise une déplorable invasion publicitaire de l’espace public bruxellois.

Depuis qu’il en est question, la presse quotidienne a réservé un sort particulièrement favorable aux vils villo, faisant mine de n’y voir presque que des vélos. On se réjouira donc qu’en se faisant l’écho des propos d’IEB, La Libre fournit cette fois des informations plus objectives à ses lecteurs qui peuvent lire dans ces colonnes que villo c’est pas jojo.

Dans son édition du 21 mai dernier, le quotidien relayait de larges pans de l’analyse d’IEB du piège publicyclettaire tendu par Decaux à la Région ("La roue voilée du système Villo", La Libre, 21 mai 2010), soulignait que les communes embarquées dans une convention sans avoir été concertées ne se montrent pas excessivement motivées de subir davantage de publicité commerciale ("Les communes assises entre deux selles", La Libre, 21 mai 2010).

On y apprennait encore que "Les stations seront là en juillet", La Libre, 21 mai 2010, mais que "la 2e phase est optionnelle" comme le rappelle J.-S. Decaux (fils du père et boss de la filiale belge de la boîte au nom du père - sisi).

On s’attardera un instant sur ce rappel qui comprend les réponses que J.-S. Decaux apporte aux questions du quotidien, car elles valent leur pesant de pub.


“Mais la 2e phase est optionnelle”, précise J.-S. Decaux.
Entre deux avions, Jean-Sébastien Decaux, estime "sain" qu’un débat ait lieu sur Villo. "Tous les goûts et les couleurs sont dans la nature, moi j’aime les villes animées par les marques", précise l’administrateur-délégué de JCDecaux Belgium.. " La publicité, cela peut aussi être placé de manière harmonieuse." Il tient à répondre point par point aux allégeances d’Inter-Environnement Bruxelles. "Le marché de la publicité a sans doute connu sa plus grave crise depuis la Seconde Guerre mondiale, mais nous tiendrons nos engagements : les 2500 vélos et les 200 stations prévus par la convention seront là pour début juillet. Et ce même si nous avons connu des problèmes avec certaines communes." Selon lui, l’exemple de Lyon (voir ci -dessus) ne risque pas de se reproduire dans la capitale belge. " A Lyon, la convention était différente, car la Ville récoltait la plus grande partie des recettes. Les prix étaient très bas et nous les avons renégociés, en parfaite concertation avec la Ville". Or à Bruxelles, la totalité des recettes de Villo revient au concessionnaire français. "Vous comprenez, dès lors, que nous avons tout avantage à avoir une politique agressive pour attirer de nouveaux abonnés. Pour nous, les vélos doivent rouler au plus vite." Ces recettes sont indispensables pour JCDecaux, puisqu’elles représentent 1/3 du financement du système. Le reste l’étant par la publicité. "Mais contrairement à ce que dit Inter-Environnement Bruxelles, nous ne choisissons pas le lieu de nos stations Villo en fonction d’une simple logique publicitaire. D’ailleurs, la convention nous permet de placer les publicités autre part que dans les stations." Quant à la polémique sur les vélos fabriqués à bas prix en Hongrie, Jean-Sébastien Decaux la balaie d’un revers de main. " Ils sont marrants les gens. Les pouvoirs publics nous demandent d’être le plus compétitifs possibles, on crée de l’emploi à Bruxelles, tout en offrant un service bon marché aux usagers. Et après çà, on arrive encore à être critiqués. Notre fournisseur de vélo, Lapierre, est français, mais c’est vrai qu’il sous-traite avec un constructeur hongrois. Où est le problème ?"

L’administrateur-délégué précise enfin que la 2e phase du contrat (2500 vélos pour la seconde couronne de Bruxelles) est optionnelle. " Pour la suite, c’est à la Région de décider. Pas à nous."

En résumé :

1. Tous les goûts sont dans la nature, on a même le droit d’aimer la pub,
2. Le marché de la pub a ralenti en 2009, nous sommes dans une situation difficile, mais nous remplirons nos engagements, même si toutes les communes ne sont pas d’accord.
3. Nos contrats de publicyclettes ont été revus dans plusieurs villes françaises, mais ça ne sera pas le cas à Bruxelles !
4. « Nous ne choisissons pas le lieu de nos stations Villo en fonction d’une simple logique publicitaire »,
5. Nos villos sont fabriqués à deux euros de l’heure, c’est le marché qui veut ça, où est le problème ?

A quoi on répondra :

1. Mais alors pourquoi imposer la pub à tous, y compris à ceux qui ne veulent pas la subir dans l’espace public ? La pubtréfaction dans le salon de JC Decaux, pas de souci. La pubtréfaction de JC Decaux dans la ville, pas question.
2. L’industrie publicitaire est à plaindre, en particulier ses dirigeants comme chacun le sait. JC Decaux promet des milliers de publicyclettes dans les rues de Bruxelles mais est déjà en retard sur son programme. Plusieurs recours sont pendants au Conseil d’Etat. Les promesses de JC Decaux sont des promesses de publicitaire : ça ne vaut pas un clou.
3. Voir le point précédent.
4. Dans la vie, il y a la « simple logique publicitaire » et « la logique publicitaire ». La différence entre les deux est... simple.
JS Decaux oriente ses décisions grâce à la « logique publicitaire » (qui n’est pas simple).
5. Oui c’est vrai, où est le problème ? Demandez au PS et au SP.a qui ont signé la convention villo les yeux fermés.


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