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La pubtréfaction au coeur de "l’info" : un exemple

lundi 22 février 2010

La pub s’incruste partout et transforme ce qu’elle touche en (support de) propagande consumériste nocive. Les médias étant par définition des canaux de diffusion majeurs dans la "société de l’information", la pub y a son lit.

Théoriquement toutefois, il existe une séparation claire entre "information" et "messages commerciaux", de sorte que le lecteur ne soit pas malgré lui transformé systématiquement en "consommateur" qui s’ignore, obligé d’ingurgiter des messages pervertis par une intention qui n’a rien à voir avec celle d’informer le citoyen, mais bien d’influencer le consommateur à acheter toujours plus.

Cette séparation a toujours été théorique. Mais théorique, elle l’est de plus en plus avec des médias aux ordres de leurs annonceurs.

En Communauté française, vous pouvez le vérifier tous les jours dans vos quotidiens qui comportent une part de "publirédactionnels" qui ne disent pas leurs nom (article sur les voitures, colonnes complaisantes sur un nouveau produit ou une technologie, compte-rendu d’un voyage exotique avec des détails sur la qualité de la compagnie aérienne transporteuse, ou encore suppléments thématiques objectifs à en faire pâlir un code de déontologie journalistique). Nous l’avons également vu avec l’insertion de pub au cœur même des programmes télévisuels, y compris sur l’ex-service public RTBF, désormais service publicitaire RTBF.be.

Bref, la pubtréfaction médiatique est dantesque. Les exemples sont légion. En voici un, venu de Suisse, tout en images...

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"Suisse : quand une agence photo refourgue de la pub aux médias", Rue89, 9 févrire 2010 Extraits :

Utilisée par de nombreux journaux, l’agence de presse suisse Keystone diffuse des photos de sport commerciales -prises lors de grands événements sportifs et commandées par des grandes entreprises suisses- sous couvert d’images d’information ordinaires. Une supercherie qui passe inaperçue et qui remplit les caisses de l’agence photo, contrôlée en partie par l’Agence télégraphique suisse (ATS).

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Les prix des prises de vues varient : 200 francs suisses pour une heure et 1 300 francs pour la journée. A ce tarif, le client bénéficie d’une couverture professionnelle de l’événement et de dizaines de photos où l’on voit le sportif noyé au milieu des logos de la marque. Bref, les photographes n’ont d’yeux que pour le sponsor…

Autres problèmes : ces photos-pub sont balancées sans indication commerciale sur le service de Keystone, qui fournit les médias de Suisse en images d’actualité. Affaire juteuse. Car, en plus des prises de vues, l’agence facture ses services d’envoi des images promotionnelles. Le transfert d’une image coûte 800 francs pour le sponsor. Il faudra débourser 1 500 francs pour trois clichés.

L’entreprise souligne d’ailleurs sur le site Internet de Photopress :

« L’envoi d’images de presse via le satellite de Keystone aux médias suisses est un instrument de relations publiques professionnel et économique, disponible uniquement auprès de Photopress AG. Comme nous fournissons en plus des textes de presse aux médias, vous profiterez d’un service de presse complet. »

150 rédactions sont ainsi servies.

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