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Pas de publicyclettes à Liège pour l’instant

mardi 2 février 2010

Dans un article qui fait l’impasse sur toute approche critique du système des publicyclettes (erronément appelées « vélos en libre service » : il s’agit là d’une appellation publicitaire trompeuse puisque ces vélos ne sont pas en « libre service » et coûtent extrêmement cher), la RTBF confirme que Liège met entre parenthèse un projet de vélo financé par le consommateur via la pub.

L’asbl Liégeoise UrbAgora avait pris une position intéressante sur ce sujet il y a quelques mois :
« Pour une gestion publique des (éventuels) vélos partagés liégeois, UrbAgora, 8 juillet 2009.

La Libre annonçait à la fin de l’été 2009 que le dossier semblait gelé, notamment parce qu’il s’avérait…. très couteux (« Pas de "vélibs" avant 2011 en Cité ardente », 24 août 2009).

La RTBF confirme donc, les publicyclettes liégeoises, ce n’est pas pour aujourd’hui : « Le vélo en libre service a du plomb dans l’aile à Liège », RTBF, 27 janvier 2010.

Espérons que ce ne soit pas pour demain non plus. Profitons-en pour regretter, en franche sympathie avec les cyclistes, la position que nous jugeons peu cohérentes de certaines associations du vélo.

Ainsi la position du GRACQ Liège, plus nuancé que le siège de la même organisation laquelle semble s’être volontairement aveuglée devant la nature réelle de l’entreprise villo.
Plus nuancée donc, mais la section liégeoise ne semble néanmoins accorder aucune importance (ou presque) à la publicité que drainent les publicyclettes.

Cela est tout à fait étrange car c’est pourtant le métier de base des entreprises qui proposent ce genre chevaux de Troie à roulettes. Les publicyclettes ont pour but premier et pour objectif final d’ajouter de la pub dans la ville. Mais certaines associations de cyclistes ne veulent voir que les vélos… et participent du même coup au renforcement de l’agression publicitaire.

Ce petit quant-à-soi est utilisé comme alibi (servi sur un plateau d’argent) par les industries diverses qui sont organisées en lobbies et fédérations puissantes pour promouvoir la consommation de leurs produits parmi lesquels les voitures individuelles tiennent une place de choix… comme les cyclistes ne cessent de le répéter.

Quelle est cette stratégie étrange qui consiste à ne considérer qu’un élément d’un tableau général, celui apparemment « positif », et à ne considérer que celui-là ? Et que peut-on espérer véritablement d’une telle stratégie ?
Peut-on penser trouver une solution parcellaire capable de répondre aux problèmes posés par une crise globale ?
Par exemple, les publicyclettes pourraient-elles constituer ne fut-ce qu’une partie de la réponse au problème de la mobilité emportée par les énergies fossiles ?
Plus précisément, peut-on espérer que quelques vélos payants et beaucoup de pub - pour la voiture individuelle notamment - permettront de bouleverser l’idéologie de la voiture, condition pour faire évoluer la mobilité dans le sens de la soutenabilité ?

A Bruxelles avec villo, une chose est claire : le grand gagnant est JC Decaux. Quel projet de société défend-on en louant la publicyclette ?


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