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"Ouvrez la bouche, vous êtes fiché"

Le Monde, 18 septembre 2009

jeudi 1er octobre 2009

Extrait de "Ouvrez la bouche, vous êtes fiché", Le Monde, 18 septembre 2009 :

Il agit toujours en plein jour, devant un public ami, après avoir invité la presse et même parfois la police. Juché sur un escabeau, il "barbouille" une des grandes affiches qui enlaidissent le paysage de l’un de ses slogans préférés - "la pub fait dé-penser". Si la police n’a pas assisté au spectacle, il se rend à pied au commissariat pour faire une déposition.

François Vaillant est l’un des fondateurs du Collectif des déboulonneurs. Cet ancien dominicain de 58 ans, rédacteur en chef de la revue Alternatives non violentes, doit comparaître lundi 21 septembre devant le tribunal de Rouen. Non pas en tant que "barbouilleur", mais parce qu’il refuse de figurer dans le Fichier national des empreintes génétiques, le Fnaeg. Pourquoi, demande-t-il, les empreintes d’"un dissident, pas un délinquant", figureraient-elles dans ce fichier qui recense déjà plus d’un million de personnes ? Pourquoi accepter l’existence d’un tel fichier, "une aubaine dans l’éventualité d’un gouvernement de type Vichy" ?

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Les procès pour refus de prélèvement d’ADN se multiplient. Au ministère de la justice, faute de statistiques sur les relaxes, leur nombre demeure inconnu. Reste celui des condamnations : 245 en 2004, 519 en 2007. C’est peu, comparé à l’inflation du nombre de personnes fichées : 40 000 en 2004, 806 356 au 1er octobre 2008, 1 080 000 au 1er septembre 2009. Au cours du seul mois d’août, 34 500 personnes ont été répertoriées dans le Fnaeg, indique le commissaire principal Bernard Manzoni, à la police technique et scientifique, installée à Ecully, près de Lyon.

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Créé en 1998 sous Lionel Jospin pour recenser les empreintes des auteurs d’infractions sexuelles, modifié en 2001 par la loi Vaillant, le Fnaeg a changé de nature en 2003, lorsque Nicolas Sarkozy était ministre de l’intérieur. Les infractions banales et les personnes suspectées ont été introduites, la sanction pour refus a été alourdie, et surtout les officiers de police judiciaire ont été habilités à ordonner un prélèvement, alors que seuls les magistrats avaient ce privilège.

La CNIL reçoit chaque année "une petite dizaine" de plaintes de personnes qui demandent à être radiées du fichier. Parmi elles, un père qui y figurait pour non-paiement de pension alimentaire. Pour Benjamin Deceuninck, un des animateurs du collectif Refus-ADN (Refusadn.free.fr), "la police a automatisé le fichage : maintenant, dès qu’on se retrouve au commissariat, on doit donner son empreinte, c’est une politique du chiffre".

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Lire l’entièreté de l’article : "Ouvrez la bouche, vous êtes fiché", Le Monde, 18 septembre 2009.

Le site des déboulonneurs : www.deboulonneurs.org


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