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"Capitalisme : comme s’il ne s’était rien passé…"

par Thierry Bodson (FGTB) et Pascal Labille (UNMS)

jeudi 10 septembre 2009

Extraits d’une carte blanche signée Thierry Bodson (Secrétaire général de la FGTB wallonne) et Jean-Pascal Labille (Secrétaire général de l’Union des mutualités socialistes au 1er janvier 2010), où il est notamment question de la propagande capitaliste qui colonise l’espace public, ce qui est à souligner !

NB : l’appel au "développement durable" nous semble une erreur conceptuelle et politique importante dans la mesure où ce "développement durable" est une invention capitaliste destinée à éviter le changement écologique et social réel : dans cette pseudo vision écologique, il s’agit de faire durer le développement dont la nature dévastatrice apparaît désormais de façon crue.
Les solutions réalistes de "sortie de crise", socialement et écologiquement soutenables, passent inéluctablement par la Décroissance de la consommation.

Extraits de la carte blanche : "Capitalisme : comme s’il ne s’était rien passé…", Le Soir, 3 septembre 2009 :

Alors que les signes d’une timide reprise économique se font sentir, et sans vouloir jouer les trouble-fête, il nous semble opportun de consacrer quelques lignes à combattre l’amnésie. L’amnésie des causes et des conséquences de la crise. L’amnésie des responsabilités. L’amnésie des bonnes résolutions.

Les coupables ont la mémoire courte et préfèrent, sous prétexte que le BEL 20 sort la tête de l’eau, minimiser les dangers d’un système bancaire, financier, mais aussi économique qui a montré ses limites et dont l’implosion récente nous laisse, entre autres retombées empoisonnées, des dizaines de milliers de travailleurs sur le carreau, des finances publiques mal en point et un déficit de la sécurité sociale à combler.

Les banques, désormais subsidiées par l’argent du contribuable, vont-elles malgré tout impunément reprendre le chemin du prochain crash ? On dirait que oui… Et l’on se demande si le tapage médiatique qui entoure l’hypothétique relance n’a pas pour unique objectif de stimuler, comme si de rien n’était, les vénérés marchés.

Déjà, les publicités des banques et des compagnies d’assurances reviennent polluer l’espace public de leur miroir aux alouettes. Les slogans les plus inconvenants fleurissent sur les quais de gare, les abribus, les façades. « La Bourse pour toutes les bourses », osent même certains.

Tout comme Paul Krugman, professeur d’économie à l’Université de Princeton et Prix Nobel d’Economie 2008, on en arriverait presque à regretter que cette crise n’ait pas fait plus mal… afin que des mesures drastiques et salutaires s’imposent d’elles-mêmes.

(...)

Tôt ou tard, il faudra bien oser une fiscalité sur les revenus du capital et appliquer la levée du secret bancaire. Il faudra bien braver le tabou de la réduction collective du temps de travail comme solution au chômage. Il faudra bien envisager, enfin, de sortir du « capitalisme du désastre » (1) pour construire un autre modèle, basé sur la solidarité, le développement durable et la justice sociale.

Sinon, à quoi bon parler de changement ?


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