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Dossier Marianne sur la "décroissance"

"La décroissance fait campagne", Marianne2.fr, août 2009

jeudi 17 septembre 2009

Marianne2 (site web du journal français "Marianne") consacre un dossier à "la décroissance" : "la décroissance fait campagne", 15 août 2009.

Au départ de cette initative, l’article du Monde Diplomatique de Eric Dupin, qui a - exception ! - proposé une lecture intelligente et honnête du courant de l’objection de croissance. Marianne s’est donc rendu au camp climat de Notre-Dame des Landes qui avait lieu du 3 au 9 août et qui rassemblait des militants de divers horizons, dont beaucoup d’objecteurs de croissance.

De là ont suivis d’autres articles et des débats (l’un d’entre eux concerne un différent avec le journal La Décroissance, il ne mérite pas que l’on s’y attarde) que vous pourrez retrouver dans ce dossier.

Extrait de "Comment la décroissance grignote la gauche", Marianne2.fr, 8 août 2009 :

Avant la grande manifestation contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, sept partis de gauche se sont confrontés aux participants lors d’un débat qui a réuni 500 personnes. A l’applaudimètre, les décroissants ont largement gagné contre le NPA, Europe Ecologie, le PG et tous les autres. De quoi la décroissance est-elle le nom ?

(...)

Paul, quant à lui, vit avec une institutrice mère de ses deux petites filles. Il a décidé avec son assentiment, voici quelques années, de renoncer définitivement à travailler. La famille s’est installée dans une petite maison près de Dunkerque qu’ils ont achetée à crédit. Le petit jardin, de moins de 100m2, sert à cultiver les légumes. Lucie a obtenu un poste au village, ce qui leur a permis de vendre leur deuxième voiture. Ils consomment peu et estiment vivre agréablement, même si leur canapé est perclus de trous et que la petite télé qu’ils regardent rarement est celle qu’avait Lucie lorsqu’elle était étudiante.
Militant au PPD, Paul, qui partage son temps entre la vie domestique, l’éducation des enfants, la vie associative et la lecture, s’est présenté aux dernières élections municipales. Une seule personne est venue à l’unique réunion publique qu’il a organisée. Mais il a eu la satisfaction de recueillir vingt suffrages dans une région où ce sont plutôt le Front National ou Chasse pêche et tradition qui dominent la vie politique locale.

Ce type d’option de vie intéresse, et pas seulement les sympathiques sexagénaires au visage buriné qui s’apprêtent à prendre une retraite plus ou moins paisible tout en se prenant la tête pour leur petits enfants. On rencontrait à Notre-Dame-des-Landes des gens ordinaires mais qui, sous l’impact d’une crise de civilisation, deviennent marginaux dans leur tête. A force de jouer la comédie au boulot, l’idée d’une vie plus libre quoique plus pauvre finit par germer.
La politique de gauche peut y gagner énormément d’incarnation et de crédibilité. Il ne s’agit plus d’émettre une opinion mais d’adopter une véritable philosophie de l’existence. La décroissance acquiert ainsi une dimension spirituelle dont Régis Debray a constaté avec raison qu’elle manquait énormément à la gauche (et à l’extrême gauche) qui a totalement perdu de vue l’objectif et le sens de son combat. Le professionnalisme et le réalisme se sont peu à peu substitués au militantisme et aux idéaux originaux, à tous les sens du terme. Les décroissants peuvent faire sourire. Mais d’un sourire jaune. Et le petit air de bonheur tranquille et de liberté qui flottait à Notre-Dame-des-Landes contraste avec la déprime qui se lisait sur les visages des milliers de socialistes rassemblés au Congrès de Reims.


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