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Statistiques villo : affaire à suivre

Pour l’instant le succès n’est pas éclatant...

jeudi 30 juillet 2009

La série publicyclette continue, et prend la forme de rapides commentaires du traitement que la presse réserve au développement du système villo. Il est en effet piquant de constater que les journaux, financés par la pub, adoptent des attitudes journalistiques particulières vis-à-vis des vélos de JC Decaux qui, faut-il le rappeler, sont les supports d’un développement publicitaire d’une ampleur inédite à Bruxelles.

Le Soir consacrait à nouveau le 15 juillet dernier une brève aux vils villo, reproduisant le propos de JC Decaux dans l’un de ses communiqué.

Cette semaine, la famille Villo s’agrandit et annonce la venue de huit nouveau-nés. (…)

Après deux mois d’utilisation, les statistiques affichées par le bébé de Pascal Smet (SP.A), le ministre de la Mobilité sortant, et de JCDecaux sont déjà plus réjouissantes que celles du prédécesseur et pâle Cyclocity. Après deux mois, donc, Villo compte plus de 3.000 abonnés annuels, soit 4 fois plus que le décrié Cyclocity. Ajoutez à cela quelque 6.000 abonnements de courte durée, à la semaine ou à la journée. Au total, les Bruxellois ont déjà avalé 205.000 kilomètres – aidés par les touristes, soyons de bon compte.

(…)

Lire l’entièreté de l’article : "Villo passe sur le grand plateau", Le Soir, 15 juillet 2009.

Notons que ces statistiques peu précises témoignent d’une augmentation forte : 6 semaines plus tôt, le 27 mai, JC Decaux donnait des résultats bien moindre. Voyez cet extrait du communiqué de JC Decaux daté du 27 mai 2009 :

(…)

Il y a à ce jour 1430 abonnés longue durée (les cartes d’abonnement annuel) et nous avons comptabilisé un nombre identique de locations courte durée (1366 tickets d’1 jour et 37 tickets 7 jours).
Le nombre de locations par jour est en constante augmentation, passant de 165 le jour de l’inauguration à un peu moins de 500 utilisations quotidiennes sur les 4 derniers jours.

(…)

Le nombre d’abonnements annuels est passé de 1.430 dans le communiqué Decaux du 27 mai à plus de 3.000 dans le communiqué Decaux du 14 juillet repris par Le Soir le lendemain.
Quant au nombre de locations de courte durée, il est passé de 1.403 (1.366 de 1 jour + 37 de 7 jours) à 6.000 un mois et demi plus tard.
Si cette croissance est possible, un contrôle de ces chiffres par les pouvoirs publics serait le bienvenu.

Quoi qu’il en soit, l’analyse du Soir pose question. Se basant sur les chiffres du communiqué du 14 juillet 2009, et les comparant au taux d’utilisation de feu cyclocity, le journal en concluait que villo se porte bien.
Pourtant, force est de constater que le taux d’utilisation villo reste faible, et interroge sur les possibilités d’atteindre les objectifs affichés (c’est le cas de le dire).

Rappelons que Cyclocity, l’ancien système de Henri Simons qui a été débarqué, comptait 250 vélos.

Villo, l’actuel système de Pascal Smedt qui a été débarqué, devrait compter 1250 vélos à la mi-juillet (si l’on en croit le communiqué du 27 mai).

1.250 vélos, soit 5 fois plus que les 250 vélos de cyclocity. Le Soir rapporte qu’il y aurait 4 fois plus d’abonnés villo que cyclocity, ce qui indique donc que pour l’instant, le succès des vils villos est encore plus faible que celui de feu cyclocity.

Sans préjuger de l’utilisation à venir des vils chevaux de Troie publicitaire, le commentaire du quotidien semble donc inapproprié.

L’avenir dira quelle sera l’utilisation des chevaux de Troie publicitaires à Bruxelles. Outre les actions en justice (recours pendant au Conseil d’Etat) contre l’attribution de la concession à JC Decaux qui pourraient remettre en question la validité du contrat signé entre la multinationale et la région, il n’est pas certain que villo connaisse le succès escompté. Il faut dire qu’outre les problèmes liés à la météo, au défaut chronique d’infrastructures cyclistes à Bruxelles comme les pistes cyclables, au ratio faible nombre de vélos/habitants, JC Decaux ne semble pas se faciliter la tâche. Ainsi Le Soir de conclure son article de la façon suivante (ouf) :

(…)

Et puis, il y a les stations qui n’ont pas vraiment la cote – ou plutôt qui n’ont pas tout pour plaire. C’est que toutes les stations ne disposent pas d’une borne équipée d’un terminal de paiement. Autrement dit, à moins d’être déjà abonné (que ce soit pour un jour ou un an), il n’est pas possible d’y enfourcher un deux-roues. Prenons, au hasard, celle de la rue Royale, qui tutoie la colonne du Congrès – pas vraiment le lieu le moins touristique de la capitale. Pas de carte de paiement. « Veuillez vous rendre à une borne munie d’un dispositif de paiement », renseigne poliment la machine. Pour ce faire, il suffit de consulter le plan au dos de la borne. Sauf que dudit plan, nulle trace : il n’a jamais été installé. Oh ! l’eût-il été que cela n’aurait pas été plus simple : il recense toutes les stations prévues, pas forcément celles qui sont déjà en fonction. Parfois, il faut vraiment avoir envie de pédaler.

Lire l’entièreté de l’article : "Villo passe sur le grand plateau", Le Soir, 15 juillet 2009.


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