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Vils « villo » JC Decaux fabriqués à 2 euros (de l’heure)

lundi 29 juin 2009

Les vils villo de JC Decaux roulent pour la pub et pour la voiture, non pour la planète et ses habitants. Tout qui accepte de ne pas se laisser berner par les apparences du « développement durable » le sait bien : il ne suffit pas de mettre des vélos accessibles par carte de crédit derrière des panneaux de pub pour diminuer la pression automobile et les émissions de CO2.

On sait maintenant en outre que les vils villo de JC Decaux, dont la prolifération bruxelloise est soutenue par le PS, le CDH et ECOLO (le MR pédale pour Clear Channel), sont fabriqués dans des conditions sociales nauséabondes, en Europe de l’Est (voir JCDecaux fait fabriquer ses vélos à 2 euros/h en Hongrie, RTBF, 18 juin 2009).

Extrait de l’enquête réalisée par un journaliste de la revue Challenges :

Il est en effet difficile de trouver des conditions de travail aussi flexibles que celles proposées à Toszeg. L’usine emploie 400 salariés - la moyenne d’âge est inférieure à 30 ans - de janvier à juin. Mais 130 seulement ont des contrats à durée indéterminée. Les autres ne restent que six mois, avant de revenir, pour 70% d’entre eux, l’année suivante. « Ils apprécient le fait de pouvoir rester chez eux », dit Zsolt Steurer. Ont-ils vraiment le choix ?
Les femmes, qui travaillent surtout à l’application à la main de décalcomanies sur les cadres des vélos, touchent un salaire fixe. Les hommes, qui assemblent les pièces détachées des 300 modèles produits sur place, sont, eux, payés à la pièce. A l’extrémité de chacune des huit chaînes de montage, des écrans affichent le nombre de bicyclettes fabriquées par chaque équipe. Une façon de maintenir la pression.
Concernant les rémunérations, si la direction se fait discrète, les ouvriers avouent qu’ils sont payés 530 forints l’heure, à peine 2 euros. En travaillant cinq jours par semaine, de 6 heures du matin à 14 h 30, avec deux pauses de dix minutes et un rapide déjeuner, ils peuvent espérer gagner 352 euros par mois. Nettement moins que le salaire moyen du pays - 743 euros, selon l’office hongrois des statistiques.
Dans les bureaux, certains cols blancs gagnent tout juste 90 000 forints, soit 342 euros. « Ce n’est pas super, mais au moins on a un boulot », dit l’un deux. Un argument de taille dans une région où le taux de chômage atteint 10%.

Lire l’entièreté de l’article : "Comment vit-on dans l’usine hongroise du Vélib’, Challenges, 8 janvier 2009.

Le « développement durable » façon olivier a décidément un goût très amer. Ces publicyclettes en sont un exemple frappant : on ne sait pas trop ce qu’elles développent à part les inégalités sociales et les profits des multinationales, et l’on ne voit pas trop ce qu’elles pourraient faire durer hormis ces derniers défauts.

Vil villo est une gigantesque opération de PUBtréfaction :
les vils villos sont un outil publicitaire destiné à augmenter la surface de propagande commerciale de JC Decaux. Celle-là est vendue aux multinationales pour leurs campagnes marketing, et c’est l’argent que ces entreprises payent à l’afficheur qui finance une petite partie de l’utilisation des vils villos. L’inscription complète de ces vils villos dans la logique insoutenable des multinationales témoigne de la nature réelle de cette opération purement commerciale. Il n’est donc pas du tout étonnant que ces vils villos soient fabriqués dans des conditions sociales que personne ici n’accepterait : leur but unique est d’augmenter les profits de JC Decaux, et le dumping social est une méthode usuelle du capitalisme pour « comprimer les coûts ».

Il y a fort à craindre que lorsque l’on saura d’où viennent les matériaux nécessaires à la construction de ces vils villos, et dans quelles conditions ils sont produits, on aura alors la certitude que ceux qui roulent sur vils villos pédalent réellement pour le pire.

D’ores et déjà peut-on dire sans forcer le trait que pédaler sur un vil villo c’est de facto rouler pour la pub et l’auto, à un prix abaissé notamment grâce au dumping social.


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