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Consommation d’alcool chez les jeunes : Auderghem dénonce des pubs illégales

+ Le JEP se fait moucher

vendredi 10 avril 2009

"Faut-il interdire la pub pour l’alcool" lit-on ici et là ? Et de trouver le plus souvent comme réponse qu’interdire l’alcool serait contre-productif.

Un coup classique lorsqu’il est question de pub : malgré son influence majeure sur les comportement et la société qui baigne dans le bain consumériste qu’elle impose à tous, le pouvoir de manipulation de la pub est largement ignoré. Lorsque l’on demande s’il faut interdire la pub pour l’alcool, la plupart des personnes entendent donc "faut-il interdire l’alcool ?".

Si de nombreux avis plaident pour ne pas interdire l’alcool, ce qui serait contre-productif chez les jeunes qui cherchent souvent la limite pour se confronter à l’interdit, il semble par contre évident qu’interdire LA PUB pour l’alcool qui vise particulièrement les jeunes est une simple mesure de bon sens.

Un cas de publicité nocive a récemment été relayé dans les médias, suite à une action des pouvoirs publics :

Consommation d’alcool chez les jeunes : Auderghem dénonce des pubs illégales, La Libre, 20 mars 2009.

La commune cite par exemple la s.a. Triomphe, exploitante du Club Soho à Auderghem dont les publicités ciblent délibérément une clientèle féminine jeune en proposant des alcools type vodka ou whisky gratuitement jusqu’à 2H du matin. "Ce genre de pratique se multiplie dans de nombreux établissements. Pour chaque soirée, des dizaines de mails publicitaires de ce genre circulent. C’est totalement scandaleux et illégal. J’ai donc porté plainte auprès du Procureur du Roi", dénonce le bourgmestre. Pour lui, ces pratiques mettent en jeu la sécurité de la clientèle. Il rappelle également que des faits graves (agressions, viols) se sont déroulés à proximité du Club Soho où les victimes étaient ivres.

Didier Gosuin a également déposé plainte auprès du SPF Economie (violation de la loi sur les pratiques de commerce), la commission de la protection de la vie privée (utilisation abusive de données personnelles) ainsi qu’au jury d’éthique publicitaire. Une étude du Crioc dont les résultats ont été présentés vendredi montre qu’un tiers des jeunes âgés de 10 ans a déjà consommé de l’alcool.

Voir le communiqué de presse de Didier Gosuin, Bourgmestre de la commune d’Auderghem.

Dix jours après cette communication, le JEP "condamne" cette pratique. "Condamne" est ici entre guillemet puisque le JEP ne dispose pas de pouvoir contraignant malgré ses déclarations aussi répétées que mensongères.

Le JEP est une émanation du lobby publicitaire, sa mission est d’endormir l’attention des consommateurs en captant leur plaintes qui dans l’écrasante majorité des cas ne sont pas suivies d’effet, et de retarder l’apparition d’un cadre légal adéquat pour la pub en promouvant cette bonne blague qu’est "l’autorégulation". Le JEP est Juge Et Partie.

Le cas présent donne une fois de plus la preuve de l’arnaque complète que constitue le JEP puisque l’annonceur incriminé déclare lui-même à la presse qu’il ne lui reconnaît aucun pouvoir. Le Club fait machine arrière devant l’action du Bourgmestre qui décide utilement de porter l’affaire devant les tribunaux qui, eux, disposent du pouvoir contraignant et de la légitimité démocratique du droit.

"Le jury d’éthique publicitaire condamne le Soho Club", La Libre, 1 avril 2009 :

Le JEP a condamné les pratiques du Soho Club, estimant qu’elles étaient contraires aux conventions en matière de conduite et de publicité des boissons alcoolisées qui stipulent que la publicité "ne peut pas inciter ou encourager la consommation irréfléchie, exagérée ou illégale d’alcool". (...) "C’est une première victoire à l’encontre de ces pratiques scandaleuses", se réjouit Didier Gosuin qui veut aller plus loin et amener l’affaire devant les instances pénales. "J’attends maintenant que le procureur du roi se saisisse du dossier".

Contacté par l’agence Belga, le directeur de la boîte de nuit incriminée, Xavier Hoed, a déclaré que l’avis du Jury d’éthique publicitaire n’avait rien de contraignant "car il s’agit d’un organisme privé devant lequel ni moi, ni mon avocat, n’avons pu plaider notre cause".

(...)

Xavier Hoed a ajouté que tant que la loi l’y autoriserait, il continuerait à offrir un "open bar" à sa clientèle féminine le jeudi soir, mais qu’il s’abstiendrait désormais d’en faire la publicité.


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