Accueil > Nouvelles > Grèce : de la pub en guise de censure

Grèce : de la pub en guise de censure

vendredi 9 janvier 2009

- On savait déjà après la privatisation de TF1 que la mission de la télé financée par la pub c’est de vendre du temps de cerveau humain disponible à Coca-Cola.
- On savait encore que même les services publics d’audiovisuel, lorsqu’ils sont financés même partiellement par l’argent publicitaire, mutent en demi-portions caniches et se mettent à courir après les télés privées au lieu d’assumer leur rôle de référence publique.
- On savait en outre que la pub décervelle, qu’elle manipule les consommateurs et a entre autre missions de coloniser les imaginaires pour qu’ils ne soient pas trop libres, ni trop critiques, ni trop lucides.
- On savait que la pub décervelle pour mieux vendre, de tout, tout le temps, quel qu’en soit le prix puisqu’il est légué aux générations qui arrivent.
- On savait par conséquent que la pub joue contre la démocratie, puisqu’elle va contre la conscience et le bien commun et distille les standards tout petits de l’intérêt privé immédiat et de la marchandisation de la vie.
- On sait maintenant que la pub peut-être utilisé comme outil de censure direct. En Grèce, "la génération à 600 euros" se révolte, décriant tout à la fois des politiques qui ne représentent plus vraiment autre chose que leur propres intérêts personnels et des médias qui ne font pas échos de ce que vivent les citoyens, tout occupés qu’ils sont à servir les intérêts des pouvoirs politiques et économiques qui les tiennent. Bref, en Grèce il fait chaud, et cette année, même en hiver. De très larges pans de la société (pas seulement les "anarchistes" ou des "casseurs" comme le rabâchent les mass-médias, surtout les pires, mais aussi les étudiants, des travailleurs, des syndicats, des pères et mères de famille, etc.) se mobilisent contre un État largement pourri et refusent souvent de parler à la presse pour les raisons évoquées avant. L’information devient bien entendu un enjeu crucial dans cette confrontation singulière. C’est dans ce contexte que des étudiants ont envahi les plateaux du service public audiovisuel, dans le calme, sans crier, avec une simple banderole. Les programmes ont été interrompus, pour diffuser... eh oui, de la pub.
Pubtréfaction :

"Etudiants et lycéens se préparent à de nouvelles manifestations", La Libre, 17 décembre 2008 :

(...)

Selon le comité, près de 600 établissements scolaires (une centaine, selon le ministère de l’Education) et plusieurs universités restent occupés par les lycéens et étudiants dans le pays. En province, une cinquantaine de jeunes ont envahi dans la matinée la mairie d’Ioannina (nord-ouest) et une vingtaine d’autres occupant la radio locale appelaient sur les ondes à la résistance contre "la déformation des médias". Mardi à Athènes, une vingtaine de jeunes avaient brièvement interrompu le journal télévisé de la chaîne publique NET avec une banderole adressée aux téléspectateurs : "Arrêtez de regarder, sortez dans la rue".

La chaîne, en pleine retransmission d’un discours au Parlement du Premier ministre Costas Caramanlis, a interrompu ses programme brièvement pour diffuser de la publicité.

(...)

Lire l’article "Etudiants et lycéens se préparent à de nouvelles manifestations", La Libre, 17 décembre 2008.


Suivre la vie du site Articles | Suivre la vie du site breves | Contacts | Confidentialité