Accueil > Documents > Décroissance de la consommation > Pic de pollution = pic de surconsommation

Pic de pollution = pic de surconsommation

mardi 7 février 2006

Depuis ce mercredi 1er février 2006, l’air des villes belges est gravement pollué, notamment par des microparticules, au point que l’on a conseillé aux personnes sensibles (personnes âgées, enfants, personnes souffrant de maladies pulmonaires et cardio-vasculaires) de sortir le moins possible. Même le sport devient déconseillé !

Ce pic de pollution est dû pour une part à une inversion thermique et une absence de vent qui empêchent la dispertion de ces particules fines. Mais ces conditions météorologiques ne doivent pas être invoquées comme cause principale de ce pic de pollution : elles sont en réalité dues à la surpollution. Cela veut dire aussi que nous surconsommons ! L’origine des particules fines accumulées dans l’air belge provient avant tout de la combustion des énergies fossiles. Les trois sources principales sont :
- l’automobile,
- le chauffage domestique, et
- les activités industrielles.

Pour diminuer l’impact et la gravité de ce pic de pollution, le gouvernement nous propose de diminuer le thermostat d’un degré, de rouler moins vite, et si possible de prendre les transports en commun. Il s’agit là de mesurettes d’urgence qui sont inaptes à améliorer la tendance sur le fond. Il est en effet évident que sauf à moins utiliser la voiture, à moins consommer d’énergies fossiles pour nous chauffer, à ralentir la frénésie industrielle et à inscrire ces modifications dans nos modes de vie, la situation ira en empirant. D’autant que de plus en plus de pays sont en train d’adopter notre mode de vie... et de pollution.

On apprend pourtant avec surprise que les autorités bruxelloises disposent d’un plan d’urgence, dans le cas où la capitale étoufferait soudainement. Sauf à changer la tendance actuelle sur le fond, il s’agit donc là d’un futur tout à fait prévisible, à vrai dire un futur programmé. Il est donc d’autant plus intéressant d’apprendre ce que ce plan d’urgence nous réserve. Résumé dans La Libre du 06/02/06 :

"Dans un premier temps, on interdirait les véhicules qui fonctionnent avec de vieilles normes de pollution, comme l’Euro 1 ou 2, explique Jean-Marie Peeters, inspecteur général de l’équipement de la Région de Bruxelles-Capitale. En cas de très forte pollution, une phase ultérieure prévoit de maximiser l’offre de transports en commun en réquisitionnant tout le charroi de réserve de la STIB et en augmentant la fréquence en limitant le confort des passagers, indique Jean-Marie Peeters. L’accès à Bruxelles serait alors obligatoire en transport en commun et les voitures particulières devraient soit rester au garage, soit se garer sur des grands parkings existants ou des grands boulevards situés près de stations de métro. Des terrains vides situés à proximité des gares de la SNCB pourraient également être réquisitionnés."

Ce plan d’urgence ne devrait-il pas être mis en place de toute urgence, précisément pour que l’on évite l’urgence à venir ? Ne pourrait-on pas prendre ces mesures nécessaires avant que Bruxelles ou d’autres villes n’étouffent ? Doit-on vraiment attendre que la santé publique soit mise en danger pour enfin devenir raisonnable ?

Ce pic de pollution qui met en danger la santé publique est un signal dont nous devons tenir compte : nous surconsommons, nous surpolluons et ce mode d’existence n’est pas viable.


Lire dans La Libre :
Haut niveau de pollution dans l’air ces derniers jours - 30/01/2006
Un air très peu recommandable - 01/02/2006
Les villes belges dans le ’smog’ jusque vendredi - 02/02/2006

Dans Le Soir :
Charleroi retient son souffle - 02/02/2006

Le site de la Cellule Interrégionale de l’Environnement (CELINE)
Les chiffres de CELINE : Indice de la qualité de l’air actuel


Suivre la vie du site Articles | Suivre la vie du site breves | Contacts | Confidentialité