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Communiqué de presse – 5 septembre 2008

La publicité choc qui ne dit pas son nom est illégale

+ mise à jour du 5 septembre 2008 soir

vendredi 5 septembre 2008

Une campagne publicitaire financée par Vacature fait grand bruit depuis quelques jours. En affichant au format géant des slogans destinés à choquer pour attirer l’attention des consommateurs sans préciser qui est à l’origine de ces affiches, Vacature se met hors-la-loi.
Les affiches renvoient vers le site Internet www.discussieer.be lequel, si on en croit un reportage réalisé par la RTBF, ne comprenait, pas plus que les affiches, de mention claire de l’annonceur (Vacature) lors du lancement de la campagne.

Cette campagne contrevient à l’article 23 de la Loi du 14 juillet 1991 sur les pratiques du commerce et sur l’information et la protection du consommateur (Moniteur belge 29.08.1991) et – si le site Internet susmentionné ne comportait pas de mention claire de l’annonceur et du caractère publicitaire – à l’article 13 de la Loi du 11 mars 2003 sur certains aspects juridiques des services de la société de l’information (M.B. 17.03.2003), qui interdisent tous deux dans leur champ respectif toute publicité qui trompe le consommateur, qui ne peut être reconnue comme telle ou dont le vendeur d’un produit ou service n’est pas clairement identifiable.

L’asbl Respire et certains de ses membres ont porté plainte à plusieurs reprises contre des publicités de ce type auprès du Service Public Fédéral Économie, PME, Classes moyennes et Énergie (en charge de la protection du consommateur).
L’asbl Respire constate que, par manque de volonté politique, l’État se révèle incapable d’appliquer correctement la législation encadrant les pratiques publicitaires et que, quoiqu’elle se prétende socialement responsable, l’industrie publicitaire n’hésite pas à recourir à des techniques d’influence illégales.

L’asbl Respire constate encore que le Jury d’Éthique publicitaire [1] est incapable d’assurer le contrôle de la publicité commerciale, ce qui n’est pas étonnant puisque cet organe juge et partie qui n’est pas doté de pouvoirs contraignants est un maillon du lobby publicitaire « dont l’objectif est de promouvoir la publicité » [2].

L’asbl Respire souligne la nécessité impérieuse de créer rapidement un observatoire indépendant de la publicité doté de pouvoirs contraignants, afin d’assurer une protection efficace et effective des citoyens face à l’agression publicitaire permanente.

L’asbl Respire étudie par ailleurs la meilleure façon de réagir à l’inaction des pouvoirs publics face aux abus de l’industrie publicitaire et à l’invasion publicitaire.


mise à jour du 5 septembre 2008 soir :

En réponse à notre communiqué de presse, Télé Bruxelles nous informe qu’elle a diffusé un reportage sur cette campagne de publicité dans son JT du 2 septembre 2008 à 18 heure sous le titre Etrange campagne de pub. Le reportage de la télévision locale bruxelloise était donc antérieur à celui de la RTBF mentionné dans notre communiqué de presse.

Notes

[1Dont la représentante est d’ailleurs interviewée dans le JT de 13 heures de la RTBF du 3 septembre 2008 et souligne que la publicité doit mentionner le nom de l’annonceur, ce qui n’est pas le cas ici… Mais que fait le JEP ? Il fait diversion, détourne l’attention, sert d’alibi aux pouvoirs publics et aux médias (ici le service public RTBF).
http://skynet.rtbf.be/index.html?pa....

[2 Le Jury d’Éthique publicitaire – JEP est l’organe d’autodiscipline du secteur de la publicité en Belgique. Il a été créé en 1974 par le Conseil de la Publicité, asbl qui groupe les associations représentatives des annonceurs, des agences de communication et des media et dont l’objectif est de promouvoir la publicité, facteur d’expansion économique et sociale. » Extrait de www.jep.be.


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