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Le printemps de l’environnement était une printemporisation

Les documents issus du printemps de l’environnement sont en ligne

dimanche 3 août 2008

Les engagements résultant du processus du Printemps de l’environnement sont visibles en ligne. Ils sont si maigres que, face à l’urgence environnementale (dans le cadre de laquelle devait pourtant s’inscrire l’initiative du Ministre Magnette), le processus en entier apparaît comme le symbole d’un échec criant.

Cet échec n’est pas celui du seul nouveau Ministre, puisque comme annoncé d’entrée de jeu, toutes les propositions qui auraient pu sortir du « Printemps » devaient être avalisées par le gouvernement fédéral et les entités fédérées dans le respect de leurs compétences. Le Printemps n’a jamais été un processus politique exceptionnel et il ne fallait donc pas s’attendre à des résultats mirifiques.

Pour autant, on pouvait difficilement s’attendre à résultat aussi insignifiant !
Le Ministre Magnette avait ouvert les réunions d’un : « la seule façon d’être réaliste, c’est d’être ambitieux ». Une remarque de simple bon sens en regard des montagnes de rapports scientifiques qui s’accumulent chaque jour, étayant de façon toujours plus précise la gravité et l’ampleur de la crise environnementale ainsi que les nombreuses menaces qu’elle fait peser sur la planète et la civilisation humaine.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ambition ne fut pas au rendez-vous et que le réalisme est passé à la trappe des intérêts privés et des calculs à court terme des politiciens.

Changer le système : de l’intérieur ou de l’extérieur ?

Avant de revenir sur certaines de ces péripéties printanières, précisons quelque peu le pourquoi de notre participation à ce processus. Pourquoi, en effet, participer à un printemps, d’emblée qualifié de « grenelleke » (en référence au grenelle de l’environnement organisé en France il y a un peu plus d’un an et dont les résultats sont vivement critiqués) par de nombreux militants et quelques médias ? L’orientation qui lui fut donnée dès le début ne présageait rien de formidable, et dans ces conditions, accepter de s’y joindre a été interprété par quelques-uns comme un aveu de faiblesse, voire pire : comme la caution donnée de facto à une entreprise de greenwashing politique.

C’est en connaissance de cause que Respire a néanmoins participé au « groupe de mesure 4 » sur la « publicité et les allégations environnementales ».

Pourquoi :
- Tout d’abord pour répondre à l’invitation du mouvement environnemental, dont le travail remarquable et la constance constituent sans nul doute l’une des principales forces de la construction d’un avenir viable et une conscience associative qui porte de nombreuses solutions à la crise environnementale et civilisationnelle à laquelle nous devons faire face,
- C’est de bonne amitié : l’invitation du mouvement environnemental nous obligeait également à maintenir certaines de nos positions qui ne sont pas encore partagées par certaines grandes grandes ONG (sourire) [1]. Nous demandons par exemple l’interdiction de la publicité commerciale non-sollicitée dans l’espace public et l’interdiction de ce type de propagande commerciale pour les produits les plus polluants comme les voitures et les voyages en avion. Quoiqu’il en soit, nos positions ne nous empêchent jamais de discuter avec des personnes et des intérêts de tous bords et de toutes obédiences, ce qui n’implique bien évidemment pas que nous affadissions nos positions sans raison.
- Parce qu’au-delà des calculs politiciens logés au cœur du printemps, l’initiative printanière était louable : il est clair qu’il nous faut réorganiser en profondeur notre mode d’organisation socio-économique pour rencontrer les limites de la Terre. Cela demande de mettre tout le monde autour de la table - et surtout de lancer de vastes débats publics, ce que ne fit pas ce printemps - et de prendre le taureau par les cornes. Sans illusion sur le processus printanier dont l’organisation était chaotique, ne faisait pas l’objet d’un soutien clair, fort et sans ambiguïté de l’ensemble des décideurs concernés et restait inscrit dans le cadre irréaliste de la croissance économique, il nous a donc néanmoins semblé utile de ne pas rejeter d’emblée cette initiative,
- Parce qu’en matière d’encadrement de la publicité commerciale, secteur industriel de la propagande, à la fois symbole et vecteur du système économique qui nous précipite vers le mur, tout ou presque reste à faire. La pub évolue en effet dans un no man’s land juridique, les pouvoirs publics renonçant depuis plusieurs décennies à prendre leurs responsabilités face à un lobby surpuissant. Nous observons que sa puissance repose néanmoins largement sur les apparences d’une légitimité qui s’appuie elle-même sur le mensonge et la désinformation, et que même une petite association comme la nôtre dispose donc d’une force si elle fait apparaître certains de ces mensonges,
- Parce que le lobby publicitaire se drape toujours des atours de la démocratie, de la liberté d’expression, et se présente lui-même comme ayant une attitude constructive, progressiste, au service des consommateurs, des entreprises et de l’économie quand il n’a en réalité comme but que de valoriser ses intérêts privés à court terme. Le lobby publicitaire se déclare toujours ouvert au dialogue et n’a de cesse de présenter ceux qui voudraient ramener la pub à la raison comme des rabat-joie voire des extrémistes qui refusent toute négociation. Il n’était donc pas inutile de rappeler combien cela est faux, en participant aux débats organisés par les pouvoirs publics.

Cela étant dit, et considérant que les pouvoirs de l’Etat se révèlent incapables d’apporter une réponse adéquate à la crise environnementale et qu’ils sont d’ailleurs eux-mêmes les organisateurs de cette crise puisque responsables du cadre juridique et légal dans lequel se développe cette crise, se pose la question de savoir ce que l’on peut espérer changer en « jouant ce jeu-là ».

C’est là une question de fond que tous les militants se posent à un moment ou un autre : quelle est la meilleure stratégie, ou du moins la moins mauvaise des stratégies pour faire advenir ne fût-ce qu’une partie de ce que nous espérons ? Pour changer ce qui peut l’être dans un "système" devenu fou, vaut-il mieux opérer de l’intérieur ou rester à l’extérieur ? La participation à ce système entraîne-t-elle nécessairement des compromis trop lourds de renoncements ? Etc.

La réponse est sans doute à l’équilibre entre deux propositions :
- il n’est pas possible de trouver une solution à un problème avec les idées qui sont à l’origine de ce problème,
- le monde nouveau ne peut que sortir du monde actuel.

La première proposition appelle un changement de cadre de référence (les objecteurs de croissance appellent à « un changement de paradigme »), la seconde implique de créer les conditions de l’émergence d’un nouveau projet à partir de la situation actuelle. La combinaison de l’utopie nécessaire pour imaginer quelque chose d’autre que ce qui est en passe de devenir un cauchemar (et qui l’est déjà pour des millions de personnes de par le monde) et pour garder les pieds au sol et agir concrètement dans la société actuelle... laisse ouverte une infinité de possibles.

A Respire, la position et la stratégie que nous nous sommes fixés s’inspire de la doctrine de la non-violence active. Celle-ci propose que le dialogue doit être valorisé aussi souvent que possible, dans le respect de toutes les parties prenantes, et que les participants au dialogue doivent se mettre au service de la recherche du bien commun. Cela ne signifie donc pas que le dialogue doive être « mou » ou consensuel. Le respect de toutes les parties prenantes, de leurs intérêts distincts et la recherche du bien commun impliquent que les conflits d’intérêts ne doivent pas être éludés : ils doivent apparaître (progressivement) dans leur totalité et être assumés par les différentes parties pour qu’une solution respectueuse de tous puisse voir le jour. Ce point est important car la stratégie de la non-violence est souvent confondue avec l’absence de conflit, ce qu’elle n’est pas du tout !
Bref, le dialogue doit selon nous toujours être tenté et recherché, pour autant que les conditions d’un dialogue possible et réellement « dialoguant » soient réunies : si une rencontre dans laquelle les dés sont pipés est présentée comme un « dialogue » quant il s’agit en réalité d’une mascarade servant d’alibi à la partie dominante pour exercer et perpétuer son pouvoir sur la partie dominée, il n’y a pas lieu de cautionner cette entreprise.

Nous revoici donc au choix de la participation à ce Printemps dont l’origine même était peu prometteuse. Peu prometteuse, mais néanmoins nécessaire, ce qui explique notre participation pleine au processus de discussions.
Malheureusement, et comme nous l’avons souligné dans un communiqué de presse (Publicité commerciale : le Printemps de l’Environnement bloqué par les lobbies), ce que l’on pouvait redouter s’est rapidement révélé fondé pour le groupe de mesure sur la publicité auquel Respire était représenté : les lobbies industriels n’étaient pas venus pour dialoguer.

Retour sur le GM4

Respire participait au « groupe de mesure 4 » sur la « publicité et les allégations environnementales ».

Les mesures mises sur la table par le cabinet du Ministre Magnette, dont nous avons eu connaissance après l’inscription au processus, étaient clairement insuffisantes. En particulier, il n’était nulle part question de diminuer la pression commerciale, ni de s’interroger sur la nécessité de supprimer la propagande commerciale de certains espaces ou à destination de certaines cibles (comme les enfants). En matière de publicité automobile, il n’a jamais été question de supprimer ou même de restreindre ce genre de publicité pourtant à contre-courant des engagements de l’Etat en matière de développement durable et radicalement contraire aux nécessité actuelles, tant sur les plans de la santé humaine que de la mobilité, de l’approvisionnement énergétique, du climat et de l’environnement.

Il y avait cependant deux mesures significatives pour initier le début d’un tournant dans la bonne direction en matière de régulation publicitaire : la mise à jour et le renforcement du code de la publicité écologique (qui devrait être rendu contraignant) et la refiscalisation partielle des investissements publicitaires (pour l’instant déductibles à 100% !).
La seconde mesure ne fut pour ainsi dire pas abordée.
La première fut immédiatement bloquée par les lobbies industriels soucieux de protéger leur autorégulation - sorte de privilège anachronique d’une industrie exceptionnellement peu contrôlée-, qui a pourtant prouvé depuis longtemps son inefficacité.

Outre le blocage complet de toute avancée positive possible par l’industrie, nous retenons un fait qui nous semble particulièrement significatif des réunions de ce GM4 : les lobbies industriels sont très peu conscients de la nature, de la profondeur, de l’ampleur et des conséquences de la crise environnementale.

Ainsi, les représentants de la FEBIAC et du JEP n’avaient de toute évidence aucune idée de l’ampleur des réductions de gaz à effets de serre qu’il est nécessaire de mener à bien pour éviter un emballement climatique (« 80% d’ici 2050, vous êtes sur ? Vous exagérez »), ni semble-t-il de ce que signifierait un emballement climatique pour la population et la stabilité de la société. Le représentant de la FEB, interrogé hors réunion sur la position des entreprises de Belgique au sujet de l’élévation du niveau des océans et de l’impact sur les activités économiques du pays et de la Flandre en particulier nous a répondu que la FEB soutient les initiatives internationales comme le processus de Kyoto…
Le pic du pétrole n’était pas non plus à l’ordre du jour, loin de là. Aux questions insistantes sur l’impact de l’élévation des prix de l’énergie, y compris pour les intérêts de ces entreprises, nous n’avons obtenu tout simplement aucune réponse. Comment comprendre cette attitude profondément irresponsable des représentants des entreprises d’un pays qui importe 100% de son brut et dont les industries automobiles, pétrochimiques, pharmaceutiques et l’agriculture intensive représentent une part tout à fait significative de son PIB ? Chacun en jugera.
Comme les objecteurs de croissance le répètent à l’envi et pour prendre une image, disons que la leçon du Titanic n’a pas été comprise et qu’il y a un paquet titanesque de pilotes aux commandes.

Ce déficit de compréhension de la situation n’est pas anodin. Il est clair qu’au-delà de la malhonnêteté légendaire de certains groupes de pression qui n’hésitent pas une seule seconde ni pendant plusieurs heures à déformer sans cesse la réalité et le sens des mots pour faire valoir leurs intérêts privés contre tout le reste, les représentants de ces lobbies n’ont de toute évidence pas saisi la nature du défi qui les concerne pourtant eux aussi.
C’est certainement quelque chose qu’il faut souligner pour affaiblir la légitimité dont certains lobbies bénéficient indûment.

Ou est le politique ?
Remarque du 16 juillet : nulle part, c’est bien là le problème…

Face à l’attitude de blocage de l’industrie et à la méconnaissance de la situation, on attendait donc un arbitrage du politique qui, rappelons-le, a le devoir de protéger le bien commun.

Rien de nouveau sous le soleil si ce n’est une preuve supplémentaire : le Printemps a rendu patent l’actuelle incapacité des pouvoirs publics à assumer leur position d’autorité publique.

Il y a d’ailleurs pire puisque nous avons eu l’occasion de constater que le compte-rendu des débats du GM4 a été modifié a posteriori à la demande de la FEB !
Certaines remarques ont été tout simplement gommées parce que jugées trop gênantes pour la fédération. Elles concernaient la responsabilité particulière des lobbies (dénoncée dans le communiqué de presse déjà mentionné) dans le blocage des négociations qui patinent depuis des années alors que l’ensemble des acteurs de la société civile sont demandeur d’évolutions significatives. D’autres en revanche ont été insérées dans le PV par la FEB (on vous laisse trouver lesquelles...), ce qui prouve s’il le fallait la nature de la transparence du processus, l’équilibre des forces et la direction dans laquelle sont tendues les oreilles du gouvernement.

Voyez l’ensemble des compte-rendus du printemps et le PV modifié après les discussions du GM4 sur le site du printemps.
Notons cependant que certains ajouts de la FEB et du JEP ont l’utilité certaine de démontrer leurs impérities. Ainsi, voyez cette phrase ajoutée à la suite de l’une des remarques des associations environnementales, à la page 9 du PV :


"Les ONG environnementales soulignent encore que le Printemps de
l’environnement est organisé dans le contexte d’une crise environnementale extrêmement grave. En particulier, il est désormais connu que les émissions de CO2 doivent diminuer de 80% d’ici 2050. Il est également désormais presque certain que le prix du pétrole va continuer d’augmenter pour atteindre des niveaux très élevés,
hypothéquant sérieusement la stabilité de notre économie qui en dépend largement.
Les ONG environnementales soulignent que l’économie américaine est au bord de la récession, l’élévation des coûts de l’énergie en étant une cause principale. Les ONG environnementales rappellent que le rapport de Sir Stern sur l’économie du changement climatique précise que les décisions qui ne sont pas prises immédiatement pour faire face au bouleversement climatique coûteront 5 fois plus cher dans un court avenir.
Le monde publicitaire et la FEB souligne qu’il s’agit d’un point de vue subjectif qui témoigne de peu de respect." p. 9

Bref, si d’aventure vous oseriez penser que le développement industriel doit être réévalué à la lumière de la crise environnementale, eh bien c’est que vous seriez impoli ! Quant au reste, le changement climatique, l’augmentation des prix du pétrole, la crise financière, tout cela est subjectif ! Comme le répète Rajendra Pachauri, président du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC) : "Il existe encore une Société de la Terre plate, dont les membres continuent et continueront encore pendant des siècles de nier la rotondité de la Terre..." [2].

La suite du Printemps : moins bon encore !

Le Ministre Magnette soulignait encore au moment de la clôture du Printemps que « le fédéral » peut toujours se réveiller. La démission du premier ministre n’a pas été dans ce sens. Mais laissons ici de côté les problèmes communautaristes, qui du point de vue environnemental témoignent de l’autisme intellectuel de la classe politique (la Flandre, réfugiée climatique à la fin du siècle suite à l’élévation du niveau des océans ?).
Juste avant la démission de Leterme, le gouvernement semblait avoir trouvé un accord sur plusieurs questions socio-économiques et environnementales.

Apparemment obnubilé par la pression portée par des syndicats décidément complètement aveuglés par le problème mal posé du « pouvoir d’achat » (le pouvoir de qui ? le pouvoir d’acheter quoi ? en quelle quantité ? etc.) il est prévu d’alléger la facture énergétique... sans prévoir de plan de sortie de la dépendance au pétrole. A l’heure du pic pétrolier, on ne saurait imaginer attitude plus irresponsable, et in fine plus antisociale et plus anti-écologique. Ce type de sparadrap populiste et démagogique qui consiste à diminuer la facture énergétique sans limiter la consommation est véritablement une aberration.
Que l’on ne se méprenne pas : une mesure d’urgence en faveur des ménages qui ne parviennent plus à boucler la fin de mois est tout à fait nécessaire. Mais ce type de mesure d’urgence, si elle n’est pas accompagné de mesure structurelle visant à réaliser des économies drastiques d’énergie, est :
- un signal pervers qui dissimule la gravité de la situation en faisant passer le message que l’on peut contrôler les prix de l’énergie et qui retarde la sortie des énergies fossiles,
- une aide publique au secteur pétrolier puisque l’argent des impôts va directement dans la poche de ces entreprises dont les profits mirobolants sont pourtant décriés par les syndicats,
- une mesure "vide-portefeuille" pour l’Etat, qui manque déjà de moyens pour réaliser les investissements dans les infrastructures collectives économes en énergie,
- une mesure hypocrite et populiste qui, sous couvert de justice sociale, organise une charité d’état qui ne peut être que temporaire et entretien de fait la dépendance des plus démunis aux énergies fossiles.

Avec cette politique de mesures "sparadrap" d’aide à la consommation qui accompagnent, en la dissimulant, l’absence de mesures structurelles massives d’économie d’énergie, les moins favorisés sont garantis de sombrer dans une misère noire lorsque l’Etat ne pourra plus assurer ces chèques en blanc. C’est-à-dire dès demain.

Arrêter de tenter de concilier l’inconciliable

Le Printemps et sa suite furent donc une printemporisation, un délai supplémentaire, inutile et même criminel dans la transition à entreprendre.

Quelles conclusions tirer de tout cela ?
-  Que la politique environnementale en Belgique est largement déficiente, et particulièrement en retard comme cela nous l’a encore été rappelé dernièrement [3] ;
-  Que la logique court-termiste des intérêts des grands lobbies est incompatible avec la préservation de l’environnement et que jouer dans le cadre économiste qui est le leur est voué à l’échec, qu’il faut également opérer un décentrement argumentatif, càd argumenter en s’efforçant d’éviter les cadres de pensée dans lesquels il n’y a pas de solution envisageable ;
-  Que cette logique court-termiste obnubilée par l’économie de croissance (du PIB) repose partiellement sur une profonde méconnaissance de la situation environnementale actuelle ;
-  Que, du point de vue environnemental, le caractère irréaliste et insuffisamment renseigné des positions des grands lobbies gagnerait à être souligné et qu’il y a là un point stratégique à développer, la légitimité des institutions étant une des conditions de leur perpétuation ;
-  Que la recherche du dialogue et la confrontation non-violente des idées, sans crainte de l’apparition de conflits qui peuvent et doivent trouver un dénouement respectueux de tous est nécessaire ;
-  Que le politique ne bougera pas tant qu’il n’y sera pas obligé, et qu’avant qu’il ne le soit pour des raisons environnementales catastrophiques, il est à espérer qu’il pourra l’être par une pression citoyenne suffisamment forte.

Puisse l’échec du Printemps de l’Environnement constituer un signal fort du défaut de projet politique actuel et contribuer au rassemblement solidaire de forces vives.

*
* *

Lire dans la presse et sur le web :

Sur le blog « Au cœur du printemps » de la Fédération IEW :« PPCD=0 »

La position de Greenpeace : « Clôture d’un Printemps de l’Environnement particulièrement décevant »

La Libre :

Alors que les résultats du "Printemps de l’Environnement" seront officiellement présentés ce mercredi matin par les ministres fédéraux et régionaux concernés, les principales organisations environnementales du pays (WWF, Greenpeace, Inter-Environnement Wallonie ainsi que ses pendants flamands et bruxellois) redoutent que ce vaste processus consultatif s’apparente à une "formidable occasion manquée" : "Sauf surprise de dernière minute, le bilan s’avérera particulièrement rachitique".

De son côté, la ministre bruxelloise de l’Environnement Evelyne Huytebroeck (Ecolo) a décidé de ne pas participer à cette présentation. Tout en soutenant, l’initiative de Paul Magnette (PS), celle-ci juge en effet que le travail n’est pas abouti en l’état et se refuse en conséquence à participer à une entreprise de "communication spectacle".

Sur base des informations recueillies à diverses sources et publiées dans la presse ("La Libre" du 30/06), les résultats du "Printemps" s’annoncent "en deçà des attentes les plus pessimistes", dénoncent de concert les associations. "Les mesures faisant l’objet d’un consensus n’ont même pas été reprises dans leur intégralité", déplorent-elles.

(...)

Aux yeux des ONG, les mesures retenues par ailleurs manqueraient également cruellement d’ambition. Qui plus est, le gouvernement ne paraît avoir tranché sur aucun des points n’ayant pu faire l’objet de consensus. Parmi ceux-ci, l’encadrement de la publicité et de l’usage que celle-ci fait des allégations environnementales, la régulation de la vente de pesticides et biocides ou encore la délicate question des voitures de société.

"Le Printemps de l’Environnement risque donc fort de se clôturer sur un constat d’échec d’autant plus amer que non seulement l’initiative ne débouche pas sur les mesures espérées (et indispensables !), mais envoie en outre à la population un signal d’immobilisme en totale contradiction avec l’urgence des changements que la situation exige", concluent les associations.

Lire l’article complet dans La Libre du 02/07/2008 : "Une formidable occasion manquée"

— 

« Le seul moyen d’être réaliste, c’est d’être ambitieux. »

D’aucuns jugeront si « l’ambition » portée par Paul Magnette (PS), ministre fédéral du Développement durable, à l’aune du Printemps de l’environnement, est devenue « une réalité ». Car c’est ce mercredi que seront dévoilés les engagements politiques fédéraux et régionaux supposés répondre aux défis posés par la crise environnementale planétaire.

(...)

Du côté des organisations non gouvernementales, on n’a pas attendu ce mercredi avant de dire tout le mal que l’on pensait de ces engagements : « Alors que la société civile a travaillé à dégager des consensus et qu’à force d’opiniâtreté quelques avancées intéressantes ont fait l’objet d’un accord, le politique s’avère incapable d’assumer sa part de responsabilité pour répondre aux enjeux », note un communiqué commun des six ONG environnementales.

Climat, mobilité, santé, consommation… D’une manière générale « le manque d’ambition » de mesures est déploré autant que la floraison des engagements… à former des groupes de travail. L’étonnement est aussi porté sur le fait que les documents finaux ne mentionnent plus l’affectation des possibles prélèvements sur les profits du nucléaire au bénéfice des énergies renouvelables. Or, cette demande était soutenue par toutes les parties.

(...)

Lire l’article complet dans Le Soir du 02/07/2008 : "Magnette accouche d’une souris verte"

Notes

[1Nous situons l’ensemble de nos revendications en matière de publicité commerciale dans le cadre de « la décroissance de la consommation », qui est encore perçu par certains, y compris dans le milieu environnemental mais sans doute plus pour longtemps, comme radical (pourquoi pas s’il s’agit de choisir l’acception première de ce mot qui signifie également « retourner à la racine ») voire « extrémiste » (là, nous ne sommes bien entendu pas du tout d’accord : en quoi demander la diminution de la consommation excessive ou la suppression de la publicité commerciale dans l’espace public est extrémiste ?)


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