Accueil > Dossiers > Voitures et transports polluants > "Mon auto, ce n’est plus ma liberté" Le Soir, 10 avril 2008

"Mon auto, ce n’est plus ma liberté" Le Soir, 10 avril 2008

lundi 21 avril 2008

Il y a un an, nous lancions l’initiative www.stopPubauto.be demandant l’interdiction de la publicité commerciale pour les transports polluants.
La campagne, qui touche à une matière fédérale, a été suspendue de fait pendant les plusieurs mois de crise institutionnelle et de cafouillage gouvernemental.


Leterme Ier étant maintenant installé et les beaux jours arrivant, nous nous apprêtons à donner une nouvelle vigueur à cette demande aussi basique que nécessaire : étant donné la catastrophe environnementale et sanitaire qu’engendre l’excès d’automobiles et d’avions, étant donné notre surconsommation de pétrole et le pic pétrolier qui est là, étant donné le problème de mobilité que constitue l’auto individuelle, il est urgent de sortir du "tout à la voiture" et du principe des "vacances en avion", pour se tourner enfin vers les transports en commun et les transports doux.

Cela passe notamment [1] par la fin du matraquage publicitaire incessant pour les transports fossiles : comment envisager le changement des habitudes de mobilité tant que chaque personne est soumise plusieurs centaines de fois par jours à des pub vantant la voiture comme le symbole de la liberté, de la puissance et de la sécurité ? Quel argument légitime encore cette incroyable pression à la consommation de modes de transports sans avenir dont les conséquences sont désastreuses et ruineuses pour la société ?

Merci à Gilles Chemin pour l’illustration.

La pétition pour l’interdiction de la publicité commerciale pour les transports polluants est toujours en cours. Elle a recueilli plus de 2300 signatures à ce jour (avec les signatures "papier").
Si ça n’est pas déjà fait, n’hésitez pas à la signer et la faire signer autour de vous : StopPUBauto

Il y aura bientôt des rebondissement sur ce dossier, toujours plus d’actualité... Il y a 1 an, Gilles Chemin nous offrait l’illustration de l’absurdité de la pub pour les transports fossiles, confrontant un slogan de type publicitaire ("Ma voiture, ma liberté !") à la réalité bouchonneuse de l’idéologie de la voiture individuelle.

Un an plus tard, Le Soir titre : "Mon auto, ce n’est plus ma liberté", Le Soir, 10 avril 2008 :

" Un mardi matin comme un autre, ring de Bruxelles. Les appareils de comptage du viaduc de Vilvorde décodent le magma : les trois voies de circulation sont saturées à 90 % dans une direction et à 86 % dans l’autre. Le même jour, l’après-midi : engorgement de 93 % dans un sens, 94 % dans l’autre. Selon les experts, les bouchons se forment à partir de 75 % de saturation. Et c’est sans compter les accidents. L’« info trafic » par radio, SMS ou GPS, n’y peut rien, les autres points noirs du ring connaissent le même sort : la quasi-totalité du périphérique bruxellois est constamment engorgée. Ailleurs dans le pays, les clignotants rouges s’allument aux abords des villes. Entre 1990 et 2000, le trafic routier en Belgique a augmenté de 28 %. Et de 7 % entre 2000 et 2006. La croissance va se poursuivre, même si elle sera moins forte, prédit-on. Le taux de motorisation – le nombre de voitures par habitant – continuera aussi de croître. Le parc de voitures a augmenté de 27 % entre 1990 et 2005 et frise les 5 millions.

(...)

Y a-t-il une issue ? Le sondage du Soir/RTBf (7 avril) montre qu’une large majorité est favorable à des mesures encourageant l’usage des transports en commun, parfois au détriment de la voiture (incitants fiscaux, télétravail, limitation de vitesse ou interdiction de certains véhicules en cas de pics de pollution, péage urbain…). Une prise de conscience, alors que les chiffres officiels montrent que près de sept travailleurs sur dix continuent à se rendre au travail en voiture ? Il y a des signes : la fréquentation des chemins de fer a augmenté de 37,5 % entre 1997 et 2006. Les transports en commun bruxellois ont vu le nombre de passagers transportés croître de 70 % depuis 2000 ; les TEC wallons de près de 50 %.

(...) Aller plus loin ? «  Mais le politique craint de s’attaquer aux voitures, souligne Michel Hubert, sociologue à Saint-Louis. La politique de stationnement et le système des voitures de société en sont des preuves. Et en ville, lorsque le transport public est en concurrence avec la voiture, c’est souvent à son détriment que s’opèrent les arbitrages. »

Réduire les places de parking, renchérir fortement le prix du stationnement, instaurer un péage urbain… Ces idées marchent, ailleurs. En Belgique, les mentalités restent figées. Dans les entreprises privées l’accès au parking et à la voiture de société est un tabou et le courage politique fait défaut, notamment à Bruxelles, relèvent les experts. « Introduire un péage est une mesure radicale qui pourrait induire un cercle vertueux pour d’autres mesures », plaide Mathieu Sonck, secrétaire général d’Inter Environnement Bruxelles.

Fermer le robinet du flot motorisé tout en investissant massivement dans les transports en commun, revaloriser les villes, décourager l’éparpillement de l’habitat. La voie est tracée. Qui osera l’emprunter ?"


Voir également :

"De l’hiver communautaire au printemps vert", Le Soir, 7 avril 2008 :

" (...) Clamée dans le nouveau baromètre annuel initié par Le Soir et la RTBF, cette inquiétude des citoyens à l’égard de thèmes liés à la qualité de vie est frappante. Qu’il s’agisse du réchauffement climatique, de la pollution, de la malbouffe ou de l’énergie, le développement durable est désormais au cœur des priorités des citoyens, à égalité avec les questions économiques.

(...)

Notre sondage le souligne : face à un enjeu de civilisation, la population attend des pouvoirs publics qu’ils indiquent la voie du changement. Interdire l’usage de la voiture lors des pics de pollution ? Ecofiscaliser les produits polluants ? Décupler les incitants fiscaux ? Pourvu qu’elles soient équitables, ces démarches parfois considérées comme impopulaires suscitent une adhésion de la majorité des francophones. Mais ces idées, qui hérissent encore des états-majors, ne sont pourtant qu’un premier pas. Car ce n’est pas en changeant de pommeau de douche que l’on préservera la planète."

et, "L’environnement inquiète les francophones", Le Soir, 7 avril 2008.

Notes

[1Pas seulement, c’est évident, mais nous nous concentrons ici exclusivement sur la propagande commerciale pour ces transports nocifs.


Suivre la vie du site Articles | Suivre la vie du site breves | Contacts | Confidentialité