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RTBF sans pub : carte blanche et une chronique dans Le Soir

jeudi 6 mars 2008

"Stop la pub ?"

Carte Blanche de Frédéric Antoine, Le Soir 18 février 2008

Extraits :

"Quand Paris a un rhume, Bruxelles éternue. Le débat sur la suppression de la publicité dans le service public français fait resurgir la même question en Belgique. Oui, il y a lieu de se la poser. Car la pub a cadenassé l’audiovisuel public dans un carcan programmatique dont il ne parvient pas à sortir. Et parce que trop de pub devient insupportable au téléspectateur et à l’auditeur.

Il y a trop de pub sur l’audiovisuel public. Cela fait plusieurs années que l’auteur de ces lignes se plaît à le répéter ; il l’a exprimé, de manière claire, devant la commission du Parlement de la Communauté française qui a longuement discuté le futur contrat de gestion de la RTBF… avant de décider qu’elle ne pouvait se décider à son propos.

(...)

En radio comme en télévision, la publicité a supprimé la notion d’intégralité d’un programme. Dans de nombreux cas, l’usager ne peut plus avoir qu’une écoute morcelée, hachée, les contenus diffusés tentent vaille que vaille de se glisser entre les mailles du seul composant intangible de tout programme : la dictature horlogique des moments de début et de fin des spots publicitaires.

(...)

Or, il suffit d’analyser la programmation de La Une, ou d’écouter VivaCité par exemple, pour s’apercevoir de l’implacable emprise que la publicité exerce sur l’offre de programmes du service public.

Alors, pas de pub ? Oui, ce serait dans l’absolu la meilleure solution. Mais les actuels débats français démontrent que la solution ne peut être retenue que si les moyens financiers ainsi retirés peuvent être compensés. Ce qui est loin d’être assuré en France, et le serait encore moins chez nous. Dès lors, la solution ne serait-elle pas plutôt « moins de pub » ?

(...)

L’audiovisuel public belge francophone est en crise. Il a noyé sa spécificité dans une obsession de mimétisme obligé vis-à-vis de ses concurrents privés. C’est en le libérant d’une partie du poids de la pub qu’il pourra retrouver une identité."

Lire la totalité de l’article Stop la pub ? Carte Blanche de Frédéric Antoine, Le Soir 18 février 2008


"Sarkozy et Miller se déchaînent"

Dans Le Soir toujours, une belle chronique de Yvon Toussaint rappelant quelques principes démocratiques de base (et pourtant tellement loin des pratiques actuelles) pour ouvrir sereinement et sérieusement le débat sur la RTBF publique :

Extrait :

" (...) On peut illustrer ce propos en évoquant brièvement un dossier dont on n’a pas fini de parler, celui de l’éventualité d’une surpression de la publicité à la télévision publique, qui se pose à peu près dans les mêmes termes en France et chez nous.

J’en suis partisan depuis toujours et, depuis toujours, je pouvais compter sur le soutien militant de maîtres à penser aussi éminents que M. Pierre Bourdieu ou M. Michel Drucker.

Mais ne voilà-t-il pas que, sous prétexte que M. Sarkozy en France et M. Richard Miller en Belgique font savoir qu’ils envisagent de prendre une initiative en ce sens, le champ de cette bataille en est tout chambardé.

Dans les deux sens, des bataillons de transfuges traversent la ligne de démarcation. À gauche, il s’en trouve et non des moindres pour estimer que, Sarkozy l’ayant adoptée, l’idée s’est mise à puer et ne peut désormais séduire que des intellos-bobos-élitistes dont le monde progressiste n’a que faire. À la différence des increvables vrais gens qui, certes, ne se délectent que de séries américaines, de jeux de cons et de spots publicitaires décervelants, mais c’est bien leur droit !

À droite, a contrario, on oublie que depuis toujours on est contre l’idée d’arracher les déprimantes chaînes publiques aux sacro-saintes lois de l’audimat et du chiffre d’affaires réunis. Et que, dans un large esprit libéral, on s’accommode plutôt bien de la formule de M. Le Lay qui préconisait de mettre à la disposition des publicitaires du « temps de cerveau disponible ».

Le remède à cette cacophonie est connu.

D’abord, si possible, débarrasser les échanges médiatisés de ces scories rituelles, interruptions stridentes et vieilles formules idéologiques ravaudées qui ont pour but, faute de mieux, de disqualifier l’interlocuteur (trice).

Ensuite, sous-tendre le débat par une proposition simple du genre : la suppression totale ou partielle de la publicité sur les chaînes publiques serait à maints égards une bonne chose à la condition expresse qu’elle n’entraîne pas d’effets pervers susceptibles de déséquilibrer le paysage audiovisuel au profit du secteur privé. Dans cette perspective il est indispensable d’étudier TOUTES les pistes envisageables pour, en les combinant, remplacer, euro par euro, le manque à gagner qui affecterait les chaînes publiques.

Toutes les pistes signifient aussi, n’en déplaise aux uns comme aux autres, une augmentation, ne serait-ce que symbolique, de la redevance. Il y faudrait certes une once de courage politique. Mais ça rappellerait à une opinion publique si soucieuse, paraît-il, d’information de qualité et de culture pour tous, que ces denrées elles aussi, comme toutes choses, ont leur prix. (...) "

Lire la chronique de Yvon Toussaint dans sa totalité : "Sarkozy et Miller se déchaînent", Le Soir, 22 février 2008


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