Accueil > Dossiers > RTBF > La RTBF sans pub ? La Ministre (PS) contre l’ex-Ministre (MR) de (...)

Dossier du Journal du Mardi n°341 - 5 février 2008

La RTBF sans pub ? La Ministre (PS) contre l’ex-Ministre (MR) de l’audiovisuel

Interview réalisée par Laurent Arnauts

lundi 18 février 2008

Dans son édition du 5 janvier 2008, le Journal Du Mardi consacrait un important dossier à la place et au rôle de la pub à la RTBF. Au cœur de ce dossier, une interview de l’actuelle Ministre (PS) de l’audiovisuel et l’ancien Ministre (MR) de la même compétence, document révélateur sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.
Le Journal Du Mardi est le premier organe de presse à réellement ouvrir le débat « pub à la RTBF », posant les questions qui s’imposent et faisant apparaître clairement des enjeux et des questions que les décideurs éludent depuis de nombreuses années.

Ce dossier est (presque intégralement) reproduit ici, avec l’aimable autorisation du Journal Du Mardi.

Le dossier du Journal Du Mardi :
- « Demandeur de rien, vraiment ? »
- « La RTBF sans pub ? La Ministre (PS) contre l’ex-Ministre (MR) de l’audiovisuel »
- « La pub, vue par Test Achats et Respire : Réguler ou supprimer ? »
- « Derrière l’audience qui pour certains est un mot vulgaire, il y a le citoyen qui pour tout le monde est un mot très noble »
- « La mort de l’audimat ne saurait être la fin de l’audience »
- « Comment la pub peut saboter une émission »


La RTBF sans pub ? La Ministre (PS) contre l’ex-Ministre (MR) de l’audiovisuel

Décidément, rien n’est plus comme avant depuis l’avènement de Nicolas Sarkozy à la tête de la République française. Jusqu’ici, il y avait une quasi-unanimité dans la classe politique francophone de Belgique pour considérer la publicité commerciale à la RTBF comme un mal nécessaire. Ceux qui défendaient une idée contraire – dont notre chroniqueur et spécialiste des médias Bernard Hennebert, qui sort un remarquable livre sur la chaîne publique [1] – étaient, dans le meilleur des cas, regardés avec commisération. Il a suffi que le président français décide – peut-être pour des raisons moins avouables qu’elles n’y paraissent, mais ce n’est pas le propos de ce dossier – de supprimer la pub dans les chaînes publiques françaises, pour que le MR effectue un virage sur l’aile dans le même sens. Avec un effet identique : les partis « de gauche » sont dans l’embarras. Pourtant, le moment est sans doute très bien choisi pour trancher cette question, qui comporte des prolongements institutionnels (voir l’éditorial). Tour d’horizon avec les principaux protagonistes : l’actuelle ministre de l’Audiovisuel, Fadila Laanan qui s’oppose frontalement aux propositions de son prédécesseur, Richard Miller (MR). Sous l’œil attentif de l’administrateur général de la RTBF, qui entend mener à terme son contrat de gestion jusqu’en 2011… avec les recettes de la pub.
Laurent Arnauts

M. Miller, pourquoi ce soudain revirement du MR à propos de la
publicité commerciale à la RTBF ? C’est l’effet Sarkozy ?

Richard MILLER : Je tiens tout d’abord à préciser que cette volonté de supprimer la publicité commerciale à la RTBF est bien une position du parti, qui a été discuté et approuvé par ses instances. C’est donc davantage qu’une position personnelle de ma part.
Nous avons pris connaissance d’un ensemble de sondages réalisés en juillet 2007 par le journal « Le Soir », qui montrent qu’un peu plus de 79% des personnes participantes zappent la RTBF quand il y a de la publicité commerciale. La publicité est donc un facteur de perte d’audience. Deuxième chose : nous avons le sentiment que ce financement à concurrence d’un quart par la publicité commerciale, amène nécessairement la RTBF à organiser sa grille horaire et à faire des sélections de programmes qui attirent l’attention des publicitaires. Résultat : elle sort de sa mission de service public ou en tout cas diminue la qualité de ce service. C’est pour cela que nous avons demandé d’ouvrir un débat parlementaire sur le sujet. Cette demande vient d’ailleurs d’être renforcée par une tribune parue dans le quotidien Le Soir par toute une série d’associations – dont les Femmes prévoyantes socialistes et le Mouvement ouvrier chrétien – qui demandent une étude scientifique sur la question.

Mme Laanan, est-ce que vous n’êtes pas un peu mal prise de devoir, en tant que responsable socialiste, défendre la publicité commerciale face aux libéraux ? Ce n’est pas un peu le monde à l’envers ?

Fadila LAANAN : Ce n’est pas que je défende la publicité à la RTBF par principe, ce serait un comble : comme tout citoyen, j’aimerais mieux avoir une télévision et une radio sans publicité. Dans un monde idéal, c’est à cela que j’aimerais arriver. Cependant, en tant que gestionnaire, je me rends compte que la RTBF a besoin de moyens supplémentaires substantiels, un quart de son budget, afin de pouvoir remplir son cahier des charges de service public. La dotation versée par la Communauté française ne suffit pas. C’est dans ce contexte-là que je trouve la proposition du MR tout à fait hypocrite : il change d’avis comme de chemise, simplement parce que M. Sarkozy a eu une idée. Une idée qui pose de grandes difficultés en France d’ailleurs : son gouvernement n’était même pas informé, et aujourd’hui on sent bien que tout le monde s’affole pour trouver comment réaliser cette promesse. Donc pour moi, si on trouve les 60 millions d’euros de la publicité commerciale ailleurs -
mais pas dans l’enseignement, la petite enfance ou la santé, ni au fédéral ! - je serais ravie. Mais ce n’est pas possible aujourd’hui. Il y a eu un débat parlementaire pendant 9 mois…
Or à cette occasion le groupe MR disait qu’il fallait relever le plafond des recettes publicitaires de la RTBF, et défendait l’admission de nouvelles méthodes publicitaires ! Donc ce que je crains, c’est qu’en réalité le but du MR soit d’affaiblir la RTBF.

Comment ça ?

Eh bien la RTBF ne pourrait plus faire certaines choses qui lui attirent une certaine audience : par exemple le sport. Le sport coûte très cher, et si demain la RTBF ne peut plus payer des droits sportifs, elle perd une audience importante… Peut-être que le MR méprise ces citoyens qui aiment le tennis, le football, la natation, etc… ? Moi pas. La RTBF doit s’adresser à tous les publics, et pour ce faire elle doit offrir des programmes qui attirent tous les publics. Tout en s’occupant aussi des fameuses « niches », ce que l’on peut faire grâce à plusieurs chaînes de télévision et stations de radio.

Mais s’il s’agit de faire se rencontrer les publics, pourquoi une partie du contenu culturel est-il présenté sur Arte Belgique ?

FL : Ce contenu culturel est diffusé en prime time sur Arte, mais est rediffusé sur la Une. Ensemble, cela fait 80.000 spectateurs quotidiens. On peut dire que 2,6 millions d’euros c’est trop cher : moi je suis très satisfaite que cela donne une visibilité à des centaines d’artistes.

Pour revenir au financement, seriez-vous favorable à une méthode alternative comme l’instauration d’une redevance ? En échange du montant généralement cité, 50 euros, on pourrait convaincre les gens qu’ils en auront pour leur argent…

FL : Ca ce sont des propositions de « bobo », de gens qui ont évidemment les moyens, qui mangent à leur faim tous les mois, qui ont un salaire, etc. Pour eux ce n’est pas grave 50 euros par an. Mais dans les familles défavorisées, il y a déjà beaucoup de frais qui plombent le budget. Demander 50 euros en plus pour une RTBF sans publicité ? Non !
(Note de Respire : voir la réaction de Pierre Eyben)

Une redevance n’est pas nécessairement linéaire, elle peut être adaptée aux revenus, comme n’importe quel impôt…

FL : Oui, mais n’oublions pas que la RTBF n’est que troisième en terme d’audience, après RTL et TF1. Pensez-vous que les gens vont la regarder davantage parce qu’il n’y aura pas de pub ? Ils choisissent les autres chaînes parce que les programmes y sont plus faciles, plus accessibles, plus divertissants.
Les missions de la RTBF, sont : informer, éduquer et divertir. Il est important que les trois soient maintenus. Ce divertissement, cela peut être une série, mais aussi des petits shows où l’on reçoit des artistes de notre communauté par exemple. Mais cela coûte cher. Et quand on voit ce que la RTBF a déjà tenté, on voit que ce n’est pas facile, par manque de moyens notamment.

Vous voulez donc dire que la présence de la publicité n’exerce aucune influence sur la programmation ?

FL : Ne soyons pas naïfs : elle en a sans doute. Mais si vous n’avez pas de programmes sportifs, il y aura moins d’annonceurs qui voudront venir acheter de l’espace publicitaire à la RTBF. Il faut le savoir ! Mais alors on va retrouver ces programmes auprès de chaînes privées, voire cryptées ou payantes. Et on se prive d’un public.

RM : Madame Laanan nous accuse d’hypocrisie, je répondrai à cela qu’elle fait preuve d’une rare duplicité. On sent vraiment le malaise de la gauche socialiste. Depuis que ce dossier existe, c’est à dire depuis 1987, elle a toujours voté en faveur de la publicité commerciale à la RTBF, c’est-à-dire « pour vendre du temps de cerveau humain à Coca Cola », comme disait le PDG de TF1. Nous, libéraux, estimons que rien n’est plus important que l’intelligence des gens et leur capacité à s’assumer aux-mêmes. À cet égard, la télévision est un instrument capital. C’est pourquoi nous sommes des défenseurs acharnés du service public télévisé !

Vous étiez pourtant également au pouvoir en tant que prédécesseur de l’actuelle ministre : si à l’époque vous ne l’avez pas supprimée, c’est que ce n’était pas au programme du MR, non ?

RM : Vous parlez de revirement : mais au Parlement, la seule chose qui compte, c’est le vote. En 1987, c’est le PS et le PSC qui votent la publicité commerciale. En 2007, lorsque M. Philippot, l’administrateur général de la RTBF, demande que le plafond de 25% de rentrées publicitaires soit supprimé, le PS embraye. Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi, puisque M. Philippot a bien dû admettre qu’il n’avait même jamais atteint le seuil existant de 25%…

FL : On vous a suivis là-dessus, on a fixé un plafond à 30%…

RM : C’est le Parti Socialiste qui l’a voté, et donc…

FL : Forcément, vous étiez dans l’opposition !

RM : Et donc nous avons là une famille politique qui a systématiquement voté en faveur de la publicité commerciale. Pour nous, ce n’est pas pareil, ce ne sont que des propos qui ont été tenus dans le cadre d’un débat.

Il n’empêche que jusqu’ici il y avait une quasi-unanimité dans la classe politique francophone…

RM : Cela n’a pas été modifié parce que le secteur de l’Audiovisuel souffrait, comme les autres secteurs de la Communauté française du reste, d’un manque de financement criant, qui résultait de la mauvaise loi de financement que les socialistes ont voté et qui a mis tout le monde à genoux… Nous avons néanmoins essayé de freiner la publicité commerciale, notamment en soutenant des règles relativement aux enfants, et en refusant de faire sauter le plafond. Et j’insiste également sur le fait que le contrat de gestion 2002-2006, que j’ai négocié, était contraignant et précis, en précisant le nombre d’émissions,
de productions, etc. Avec le nouveau contrat de gestion, madame Laanan a ouvert le corset. Et on verra… (rires)
Oui, on verra, quand on va évaluer ce nouveau contrat des gestion en 2011, l’influence réelle de la publicité sur la grille, sur les programmes, et sur les missions de service public.

FL : Je voudrais tout de même ajouter ceci : TF1 lorgne depuis longtemps sur le marché belge. Le patron de RTL, M. Delusinne, a également déclaré que ce débat risque de déstabiliser le marché, et que le seul gagnant en cas de retrait de la RTBF serait sans doute TF1.
C’est une vraie question : qui va absorber ce marché publicitaire qui se libérerait ? RTL ne pourra pas tout absorber, ils sont déjà proche du plafond de 12 minutes par heure fixé par l’Union européenne. Le fait qu’ils soient au Luxembourg ne changera donc rien de ce point de vue. Donc le MR roule pour TF1, comme Sarkozy.

RM : Non, nous ne roulons pas pour TF1, en revanche, ce que je voudrais souligner, c’est que depuis que vous êtes au pouvoir le paysage audiovisuel en Communauté française a rétréci comme peau de chagrin, avec les conséquences pour le financement de la production indépendante. RTL est parti au Luxembourg, et donc ne paie plus. Le Gouvernement n’a rien fait, c’est le CSA qui a réagi. Et effectivement, TF1 va sans doute débarquer, sans davantage payer à la Communauté française.

Est-ce qu’il y a un lien de cause à effet avec la politique de Mme Laanan ? Qu’aurait-elle dû faire ?

RM : Sur base de la nouvelle directive européenne « Télévision sans frontières », il y a moyen de négocier quelque chose avec le Luxembourg, ce que Mme Laanan néglige de faire. Il n’y a eu qu’un seul rendez-vous avec les homologues luxembourgeois !

FL : C’est inexact. Il y a eu plusieurs contacts, mais je ne communique pas là-dessus tant que la négociation n’est pas terminée.

RM : Depuis que ce ce débat est lancé, madame la ministre socialiste, vous n’avez qu’un mot à la bouche : « le marché » ! « Monsieur Miller, vous allez déstabiliser le marché ! ».

FL : C’est vrai ! Et puis vous savez, nous sommes des gens modernes au Parti socialiste !

RM : Si vous ne vous préoccupez que des rentrées publicitaires, laissez-moi vous dire que ce n’était pas écrit dans la Charte de Quaregnon, cela ! Il faut que nous ayons une discussion en Communauté française pour savoir comment rendre notre territoire plus attractif, afin de pouvoir négocier des accords avec TF1 et RTL, en vue de la participation financière de ces chaînes à la production belge ou en Belgique.

On ne peut pas nier que certains secteurs se sentent le parent pauvre de cette réallocation de ressources à la RTBF, comme le documentaire, ou les artistes du cru. On dit tout le temps que la situation n’est pas la même en Flandre, qui présente un marché « captif » propice à la mise en valeur des siens, mais il n’empêche que même sur le marché francophone, RTL-TVI a réussi à percer : il n’est donc pas inimaginable, même dans le contexte francophone, de développer une image très forte. Est-ce qu’on ne manque pas d’ambition ? Ne pourrait-on se profiler sur le « terroir », plutôt que sur le sport ?

FL : C’est ce que l’on fait avec Arte Belgique…

Oui, mais tout le monde sait bien que les montants engagés sont sans commune mesure avec ce que l’on consacre au sport par exemple…

FL : C’est vrai que ce sont des niches, mais elles sont importantes, ce sont des besoins à satisfaire. Je ne veux pas mettre le sport en balance contre le reste. Il faut que la RTBF remplisse les trois missions que j’ai évoquées, parmi lesquelles le divertissement, pour rencontrer tous les publics. Mais je ne pense pas que la RTBF contribue insuffisamment à la production dans notre paysage audiovisuel : pour l’instant, c’est même la seule qui contribue !

Le problème qui se dégage de ces échanges est la difficulté d’imposer des choses en Communauté française, dès lors que 75% du paysage audiovisuel est entre des mains étrangères. Est-ce qu’il existe des moyens d’imposer des choses à ces opérateurs tout en respectant les règles européennes ?

FL : Le seul moyen d’avoir une prise, c’est que des opérateurs soient établis dans notre pays : mais ce n’est pas facile de les faire venir, car notre marché est très petit.

RM : C’est vrai que les règles européennes sont souples pour les opérateurs, c’est pour ça que RTL a pu « s’expatrier » au Luxembourg et continuer à émettre comme si de rien était, tout en n’étant plus soumise aux règles belges. Mais on aurait peut-être pu mieux négocier tout cela et prévoir quelque chose pour les petits territoires… Mais bon , il existe de toute façon une possibilité de négociation avec le Luxembourg en vue d’un retour de RTL en Belgique, et justement je reproche au cabinet de Mme Laanan de ne pas en faire une priorité.

Est-ce que la question ne se pose pas non plus de la concurrence déloyale, si l’opérateur public, fort de sa dotation, s’engage trop dans des activités qui ne relèvent pas du service public ? Le débat est posé en Flandre avec la VRT : les opérateurs privés se plaignent d’être asphyxiés. Et l’Europe pourrait aussi y voir des inconvénients…

FL : Oui, effectivement, le risque est réel. La Commission a par exemple ouvert une enquête à propos de la chaîne « Sporza » de la VRT.

RM : C’est pourquoi je répète qu’en ouvrant la voie à la publicité commerciale, le PS et le PSC ont introduit le ver dans le fruit.

Est-ce que vous êtes favorables à ce que la Communauté française demande, dans le cadre des négociations institutionnelles, un pouvoir fiscal qui lui permettrait de financer la RTBF, mais aussi d’autres besoins le cas échéant ? Ou est-ce que la position du MR est de supprimer, en même temps que la pub, l’équivalent des recettes publicitaires en dépenses ?

RM : Votre question est très carrée… C’est un sujet très complexe. Lorsque nous disons que la RTBF doit se recentrer sur ses missions de service public, c’est une façon aussi de répondre à la question du financement.

Sauf que selon M. Philippot, les coûts d’acquisition de ces émissions « moins » service public s’élèvent à moins de 26 millions d’euros, reste un trou de 34 millions à combler…

RM : Le chiffre que vous citez est intéressant, c’est la première fois qu’on l’entend, il n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd !

FL : Je vais encore avoir droit à une interpellation ! (rires)

RM : Cela dit, il n’est pas question non plus du supprimer la publicité commerciale d’un claquement de doigts. Nous demandons un débat. Des associations ont à juste titre demandé qu’une étude soit menée préalablement. Clairement : l’objectif n’est pas de retirer de l’argent à la RTBF. L’objectif est que la RTBF remplisse bien ses missions, et donc le débat doit être totalement ouvert. On pourrait aussi taxer le marché publicitaire lui-même. C’est aussi un choix de société : doit-on encourager les publicités s’adressant aux enfants, ou aux personnes déjà surendettées, etc. Nous disons non. Mais le débat est ouvert.

Votre président de parti, Didier Reynders, est au cœur des négociations institutionnelles. Comme il s’agit d’une position du parti, va-t-il demander l’attribution d’un pouvoir fiscal à la Communauté française pour rencontrer ces besoins de financement alternatif ?

RM : Honnêtement je n’en sais rien. Cela fait partie d’un ensemble de négociations…

Est-ce que c’est une demande qui pourrait être mise sur la table ?

RM : Je ne réponds pas.

C’est quand même gênant de proposer la suppression de rentrées importantes pour la RTBF sans avoir de piste alternative ?

RM : Je ne me prononce pas, tout le monde connaît la situation politique de notre pays en ce moment…

FL : Je crois qu’il n’est pas opportun aujourd’hui d’avoir une demande supplémentaire dans le cadre des négociations institutionnelles.
Demander un pouvoir fiscal juste pour pouvoir combler le quart de la dotation de la RTBF, ce serait une demande « luxueuse »… Ce serait évidemment différent s’il était question d’un pouvoir fiscal général
pour un ensemble de choses…

Vous ne pensez pas que dans l’ensemble de ses compétences, la Communauté française a les ailes un peu coupées par l’absence de ce pouvoir fiscal minimal ?

FL : Effectivement. Mais si un refinancement était obtenu pour la Communauté française, je ne l’affecterais pas en priorité à ce problème. Il y a des besoins plus urgents, par exemple dans l’enseignement.

Dans le cadre du débat à venir, acceptez-vous, en votre qualité de ministre de tutelle, que des données plus précises soient fournies, sans aller évidemment jusqu’aux contrats individuels, afin d’évaluer l’impact de la publicité sur la chaîne publique ?

FL : Oui, bien sûr. Mais je ne veux pas rouvrir un débat sur la publicité si rien de neuf n’est apporté sur la table, au moins une étude…

Oui, sauf que les gens ne disposent pas des chiffres pour mener de telles études. Des associations les réclament (voir la page Débats, ndlr)…

FL : Ah ça !… Moi je ne suis pas demandeuse. J’ai prévu un contrat de gestion sur 5 ans. Il est prévu des évaluations annuelles de critères précis. Moi, ça me suffit. Si le Parlement veut aller plus loin, il peut le faire, mais cela ne me concerne pas directement. Mais je répondrai évidemment à toutes les questions parlementaires qui me seraient posées.

Notes

[1Bernard Hennebert, Il faut sauver la RTBF, Éd. Couleurs livres, 2008, p. 144


Suivre la vie du site Articles | Suivre la vie du site breves | Contacts | Confidentialité