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Sarkozy évoque la suppression totale de la pub dans l’audiovisuel public français

Première revue de presse

mercredi 9 janvier 2008

Sarkozy veut supprimer la pub sur les chaines publiques (2 min 48)

Difficile de tirer des conclusions de l’annonce présidentielle qui est à bien des égards contradictoire avec la réalité de ses choix politiques.
Nous aurons l’occasion de revenir prochainement sur ce sujet.


Ci-dessous, vous retrouvez quelques extraits de presse concernant cette déclaration, la « politique de civilisation » ainsi que d’autres annonces concernant les OGM et les indicateurs de mesure de la croissance.

Sarkozy évoque l’arrêt éventuel de la pub, Le Soir, 8 janvier 2007

Nicolas Sarkozy annonce réfléchir à une suppression de la publicité à la télévision publique, une promesse de « révolution » qui a fait bondir les actions des TV privées, alors que le gouvernement a rejeté à ce jour les projets de France Télévisions pour accroître ses ressources.

« Je souhaite que le cahier des charges de la télévision publique soit revu, profondément, et que l’on réfléchisse à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques », a dit le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse mardi.

Le financement pourrait alors être assuré « par une taxe sur les recettes publicitaires accrue des chaînes privées et par une taxe infinitésimale sur le chiffre d’affaires de nouveaux moyens de communication, comme l’accès à internet ou la téléphonie mobile », a-t-il précisé.

Réagissant à cette annonce, le PDG de France Télévisions Patrick de Carolis a jugé qu’une « clarification » était aujourd’hui faite et qu’elle validait la stratégie éditoriale du groupe en faveur d’une programmation de qualité.

Cette clarification « va permettre de renforcer encore l’identité du service public », a-t-il estimé dans un communiqué. (...)

Le bel oral de Sarkozy, Le Soir, 8 janvier 2008

(...) Promettant une « véritable révolution culturelle dans le service public de la télévision » en 2008, Nicolas Sarkozy a proposé de supprimer la publicité sur les chaînes publiques.

Je veux « que l’on réfléchisse à une suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques », a-t-il proposé lors de sa première grande conférence de presse à l’Elysée. Les chaînes publiques pourraient alors être financées par une «  taxe accrue  » sur les chaînes privées et une « taxe infinitésimale » sur les abonnements à Internet et à la téléphonie, a-t-il précisé.

Conseiller de M. Sarkozy en charge de l’audiovisuel, Georges-Marc Benamou a vu dans cette annonce le début «  d’une ère nouvelle qui rompt avec 20 ans d’hypocrisie et d’irresponsabilité  ». Il a estimé sur RTL que « depuis la privatisation de TF1  » il y a une vingtaine d’années, «  la France et ses dirigeants vivent dans une hypocrisie totale » et que « l’Etat n’a pas assumé ses responsabilités par rapport au service public » de l’audiovisuel.

L’Etat « n’a pas défini le service public  », pire, il « a demandé à ses dirigeants d’être schizophrènes  », «  d’avoir l’image d’Arte et l’audience de TF1 », a-t-il constaté.

« Oui, si l’on veut un service public, il faut lui donner une identité, il faut lui donner un périmètre, il faut lui donner des moyens de se financer  », a-t-il martelé.

Quant à savoir comment financer cette révolution, M. Benamou a indiqué que la réflexion n’était pas achevée. « Nous allons essayer de trouver des moyens, il y a des pistes formidablement intéressantes et prometteuses », selon lui.

« Si TF1 récupérait une part (des recettes publicitaires excédentaires) correspondant à sa part de marché (soit deux tiers), le groupe verrait ses recettes augmenter de 500 millions d’euros, soit une hausse de 18 %. Sur la base d’une marge de 90 % sur les recettes publicitaires, TF1 pourrait voir son résultat opérationnel progresser de 450 millions d’euros environ  », calcule Crédit Suisse mardi dans une note.(...)

Télévision publique : Sarkozy évoque une "révolution" avec l’arrêt éventuel de la pub, La Libre, 8 janvier 2008

(...) En novembre, à l’occasion de l’adoption du budget médias, l’Assemblée nationale a rejeté deux amendements visant à l’augmentation de la redevance, actuellement fixée à 116 euros par foyer.
Mardi, le chef de l’Etat a justifié son annonce en affirmant que la télévision publique ne pouvait pas fonctionner "selon des critères purement mercantiles".
"Voici une révolution qui en changeant le modèle économique de la télévision publique changera du tout au tout la donne de la politique culturelle dans la société de communication qui est la nôtre", a-t-il dit. (...) Aussitôt après les propos de M. Sarkozy, les actions de TF1 et de M6 ont décollé à la Bourse de Paris. A 11H20 (10H20 GMT), TF1 prenait 8,92% et M6 Métropole TV 5,65%. Bouygues, maison mère de TF1, prenait 3,30%.
Un arrêt de la publicité sur les chaînes publiques "créerait évidemment un levier énorme pour les chaînes privés. (...) Compte tenu des liens de TF1 et Bouygues avec le pouvoir en place, on se doutait déjà qu’ils ne seraient pas défavorisés", a commenté un vendeur d’actions.

Nicolas Sarkozy détaille sa "politique de civilisation", Le Monde, 8 janvier 2008

Audiovisuel public. Nicolas Sarkozy a annoncé le lancement d’une réflexion sur la suppression totale de la publicité sur les chaînes de télévision publiques. Ces chaînes publiques "pourraient être financées par une taxe sur les recettes publicitaires accrue des chaînes privées et une taxe infinitésimale sur les chiffres d’affaires des nouveaux moyens de communication comme l’accès à Internet ou la téléphonie mobile", a-t-il dit.


Le 8 janvier 2008, sur son site, la RTBF faisait l’impasse sur les déclaration de N. Sarkozy concernant la possible suppression totale de la publicité dans le service public audiovisuel français :

Voir France – Sarkozy : travail, croissance et lune de miel", RTBF en ligne, 8 janvier 2008


Entre autres déclarations parmi un flot d’annonces mêlant travaillisme, politique migratoire de quotas et vie privée, on observera que le président français a également avancé des propos pour le moins inattendus sur différents sujets :

Nicolas Sarkozy détaille sa "politique de civilisation", Le Monde, 8 janvier 2008

Croissance. M. Sarkozy a déclaré qu’il souhaitait modifier les instruments de mesure de la croissance française. "Nous ne pouvons pas espérer changer nos comportements et nos façons de pensée si nos critères de la richesse restent les mêmes", a-t-il déclaré. "Nous avons besoin de prendre en compte la qualité et pas seulement la quantité pour favoriser un autre type de croissance. Il faut changer notre instrument de mesure de la croissance." Le président a chargé deux Nobel d’économie, Joseph Stiglitz et Amartya Sen, de réfléchir à ces instruments de mesure.

Environnement. M. Sarkozy est prêt à "recourir à la clause de sauvegarde" sur les OGM, s’il y a des "doutes sérieux" sur ceux qui sont cultivés en France, a-t-il déclaré. "Si la haute autorité sur les OGM, qui se prononce demain, soulève des doutes sérieux sur les OGM actuellement cultivés en France, je suis disposé à recourir à la clause de sauvegarde, jusqu’à ce que la Commission européenne tranche le problème" (...)

L’expression "politique de civilisation" dont N. Sarkozy avait fait usage lors de ses voeux le 31 décembre 2007, est empruntée à Edgar Morin. Ce dernier est très réservé sur l’usage qu’en fait le président :

Edgar Morin : "Que connaissent Sarkozy et Guaino de mes thèses ?", Le Nouvel Obs, 3 janvier 2008

"Que connaissent-ils de mes thèses ?", s’interroge le sociologue et philosophe Edgar Morin, mercredi 2 janvier, au sujet de la "politique de civilisation" prônée par Nicolas Sarkozy dans ses vœux télévisés, lundi soir.

Avec cette expression, le président de la République s’est approprié un concept développé dans un livre d’Edgar Morin, "Pour une politique de civilisation" (éd. Arléa, 2002). "M. Sarkozy a repris le mot, mais que connaissent-ils de mes thèses, lui ou Henri Guaino ? Est-ce une expression reprise au vol ou une référence à mes idées ? Rien dans le contexte dans lequel il l’emploie ne l’indique", commente d’Edgar Morin dans Le Monde.

Chat avec Edgar Morin : La politique de civilisation ne doit pas être hypnotisée par la croissance, Le Monde, 3 janvier 2008

(...) Jyp : Pensez-vous qu’on puisse mener une réelle politique de civilisation quand l’objectif prioritaire pour le pays fixé par la majorité présidentielle est la croissance à tout prix ?

Edgar Morin : Justement, je pense qu’une politique de civilisation ne doit pas être hypnotisée par la croissance.

Il faut abandonner la recherche du toujours plus pour une recherche du toujours mieux. La croissance est un terme purement quantitatif. Il faut savoir quels sont les secteurs où il doit y avoir croissance, et ceux, au contraire, où il doit y avoir décroissance.


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