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Issue positive de la pétition "Saint-Gilles sans pub !"

Le panneau géant n’a pas été autorisé.

mardi 6 novembre 2007

L’affichage urbain constitue l’une des principales armes de matraquage dont l’industrie publicitaire dispose pour imposer ses slogans intrusifs et l’idéologie consumériste. La publicité urbaine ne peut être "ni zappée, ni jetée, ni ignorée" [1]. L’affichage urbain constitue l’un des piliers du système publicitaire, l’une des bases sur laquelle s’appuient les marques pour créer un effet d’agrégation avec la diffusion publicitaire dans les autres médias.

L’affichage est parfois présenté comme une technique publicitaire d’arrière-garde, l’avenir étant aux nouvelles technologies. De toute évidence, l’affichage urbain constitue plutôt l’une voire la première couche publicitaire sur laquelle viennent s’appuyer les autres formats, au moins pour les campagnes de grande ampleur, celles qui justement constituent le plus gros des investissements publicitaires.

L’affichage publicitaire urbain non-sollicité : un pilier de la surconsommation, une atteinte à la liberté individuelle et collective, une erreur historique et donc, une priorité dans la résistance à l’envahissement publicitaire et à la logique consumériste.

A propos d’affichage publicitaire à Saint-Gilles

Il y a quelques temps, Respire lançait la pétition « Saint-Gilles sans pub ! » par laquelle il était demandé aux autorités communales de Saint-Gilles de ne pas autoriser l’implantation d’un panneau publicitaire géant de 30 m2 dans le quartier dit du Midi, et de n’autoriser l’installation d’aucun dispositif publicitaire supplémentaire à Saint-Gilles.

625 personnes ont signé la pétition, laissant des dizaines de commentaires dont vous retrouverez une sélection ici.

La démarche est couronnée de succès puisque les autorités communales n’ont pas autorisé l’installation du panneau géant de J.C. Decaux.

Le Collège des Bourgmestre et Echevins a notamment souligné dans les considérants de son refus du 29 août 2007 :

- Considérant que ce dispositif n’a pas de fonction première d’utilité publique ;
- Considérant la taille démesurée du dispositif de nature à perturber la lecture de l’espace public et urbain (largeur de +/- 5,40 m sur une hauteur totale de 10,93m) ;
- Considérant en effet qu’une telle hauteur pour un dispositif publicitaire est inacceptable à cet endroit (cadre urbain environnant densément bâti et structuré) ;
- Considérant la prégnance disproportionnée de ce dispositif sur l’espace environnant ;
- Considérant de plus la présence de nombreux dispositifs publicitaires de grande taille dans l’environnement proche (clôtures de l’îlot C voisin comprenant 9 dispositifs publicitaires – 2 x 15 m2, 6 x 8 m2 et 1 x 36 m2, dispositif 8 m2 double face avenue Fonsny face à la rue de Russie, dispositif de 8 m2 double face avenue Fonsny face à la rue de l’Argone
... [2] ;
- Considérant dès lors qu’il y a lieu de ne pas surcharger davantage les environs par un dispositif d’une telle ampleur ;

Une première bonne nouvelle donc, la pétition a été entendue.

Photo emplacement demandé par J.C. Decaux. 30m2 de ciel non puBtréfiés :

30 m<sup class="typo_exposants">2</sup> de ciel non pubtréfiés.

Encore à Saint-Gilles

Le 25 juin 2007, nous écrivions aux autorités communales de Saint-Gilles (voir Lettre aux autorités communales de Saint-Gilles au sujet des dispositifs publicitaires du quartier midi (îlot C).) pour souligner le problème posé par l’absence de palissade de chantier que J.C. Decaux devait installer en échange de l’autorisation d’installer 9 dispositifs publicitaires (ceux dont il est question dans les « considérants » reproduits plus haut). Cette lettre a été suivie d’effet et J.C. Decaux a dû installer une palissade après de longs mois d’illégalité non-sanctionnée.

Comme vous le constaterez sur les photos ci-dessous, il reste un hic : il n’y a toujours pas d’« emplacement d’observation du chantier par le public » (une ouverture dans la palissade pour que le public ait un accès visuel au chantier) qui est pourtant une obligation légale prévue par le Règlement Régional d’Urbanisme (titre 3, article 7, §2, 4°).
Force est donc de constater que J.C. Decaux demeure hors-la-loi et que les pouvoirs communaux pas plus que la Région ne jugent utile de réagir.

Photo palissade croisement rue d’Angleterre - rue de Mérode :

Photo palissade rue d’Angleterre :


Mise à jour du 13 novembre 2007 : les palissades ont été retirées (la pub aussi, pour l’instant). Voir l’article "La Région persiste dans ses pratiques" du Comité du quartier-midi.


Toujours à Saint-Gilles

Nous apprenions à la fin du mois de septembre que J.C. Decaux avait introduit une demande pour installer un panneau déroulant de 8 m2 à un carrefour des 9 dispositifs précités.

PDF - 144.8 ko
Permis_2007_84_St_Gilles_concertation_2_oct

Respire et Inter-Environnement Bruxelles avaient demandés à être entendus lors de la commission de concertation et ont remis le document ci-joint à la secrétaire de la Commission.

Apparemment bien informés, les représentants de J.C. Decaux retiraient leur demande dès le début de la séance, estimant que l’implantation d’un panneau supplémentaire de 8m2 dans le quartier Midi « constituerait un coup de poing pour la population  ». J.C. Decaux annonçait qu’un nouveau dossier « bien complet  » serait à nouveau déposé dès la fin des travaux de l’îlot C... nous y serons vigilants !

Au-delà de Saint-Gilles

Outre le refus du panneau géant, la pétition demandait également aux autorités communales de « prendre les mesures qui s’imposent pour réduire fortement la place de la publicité commerciale dans les rues de Saint-Gilles ».

Rien ne justifie en effet que l’espace public soit colonisé par des messages commerciaux privés auxquels il n’est pas possible de réponde.

Rien ne justifie que des messages commerciaux non-sollicités incitant à consommer toujours plus et diffusant une idéologie consumériste s’incrustent partout dans nos rues, alors même que nous savons que l’avenir est à une consommation raisonnée et raisonnable.

C’est notamment pour réaffirmer ces principes de bon-sens que nous donnerons très prochainement une suite à cette pétition, que nous vous remercions encore d’avoir signée !

NB : nous vous invitons à interpeller les autorités de votre commune au sujet du développement publicitaire. Si vous le souhaitez, nous pouvons vous y aider.

Notes

[2Où l’on voit le traitement publicitaire réservé aux habitants du bas de Saint-Gilles et aux navetteurs usagers de la gare du Midi...


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