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Vers une société économe et solidaire

"Développement ne rime pas forcément avec croissance"

Jean-Marie Harribey | Le Monde diplomatique | Juillet 2004

lundi 9 janvier 2006

NB : Tout comme l’association ATTAC dont il a été président, Jean-Marie Harribey a pris des positions variées voire contradictoires sur la nécessaire décroissance de la consommation. Le débat - "décroissance" ou pas "décroissance" - est d’ailleurs toujours d’actualité à ATTAC, qui est un mouvement composite non uniforme dont certains membres sont résolument d’orientation sociale-démocrate et d’autres orientés vers une réorganisation fondamentale des modes de production et de consommation.

Doctrine officielle des organisations internationales, le développement, même « durable », est assimilé par certains économistes à la croissance et à ses dégâts. Or n’est-ce pas plutôt à une dissociation des deux qu’il faut travailler ? En effet, le mot d’ordre de décroissance ne peut s’appliquer, à la fois, aux pays pauvres démunis de l’essentiel et aux pays riches. Ce débat, qui traverse aussi le mouvement altermondialiste, ramène à une nécessaire critique des rapports sociaux.

Le « développement durable » ou « soutenable », doctrine officielle des Nations unies, est censé assurer le bien-être des générations présentes sans compromettre celui des générations futures. C’est une bouée de sauvetage à laquelle se raccrochent les gouvernements fervents partisans et pourvoyeurs de l’agriculture intensive, les chefs d’entreprises multinationales gaspillant les ressources, déversant sans vergogne leurs déchets et affrétant des bateaux-poubelles, les organisations non gouvernementales ne sachant plus que faire et les économistes pris en flagrant délit d’ignorance des contraintes naturelles.

Pourtant, le programme du développement durable est entaché d’un vice fondamental : la poursuite d’une croissance économique infinie est supposée compatible avec le maintien des équilibres naturels et la résolution des problèmes sociaux. « Ce dont nous avons besoin, c’est d’une nouvelle ère de croissance, une croissance vigoureuse et, en même temps, socialement et “environnementalement” soutenable », énonçait le rapport Brundtland. Or ce postulat est fondé sur deux affirmations très fragiles.

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