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Les Equipes Populaires déclarent l’indépendance face à la pub TV, la ministre Laanan répond éducation aux médias.

mardi 9 octobre 2007

Une RTBF sans pub ? Les Equipes Populaires ont rencontré Fadila Laanan

Le 24 septembre dernier, les Equipes Populaires ont mené une action symbolique pour dénoncer l’invasion publicitaire à la télévision. Elles ont également rencontré la ministre de l’audiovisuel Fadila Laanan pour lui faire part de leurs revendications et des résultats d’une pétition qui lui était adressée.


Les Equipes Populaires ont lancé il y a quelques mois une campagne de sensibilisation sur l’emprise grandissante de la pub dans l’espace public. Intitulée « Notre cerveau n’est pas à vendre  » (en réponse à la célèbre citation de Patrick Le Lay, PDG de TF1), cette campagne cible en particulier la publicité à la RTBF, télévision de service public dont les programmes et le financement sont de plus en plus à la merci des annonceurs publicitaires.

Les Equipes Populaires revendiquent une diminution drastique du temps de pub à la RTBF. Plus de 1.200 personnes ont donné leur avis par intermédiaire d’une pétition-carte postale. Elles traduisent un sentiment largement partagé par la population : trop, c’est trop ! (...)"

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Sourde aux revendications des usagers et de la société civile, la Ministre se replie derrière l’absence d’alternative au financement de la RTBF (qui tire environ 23% de ses moyens budgétaires de la publicité). Cette attitude est particulièrement navrante. Respire demande avec insistance depuis plus d’un an qu’une étude soit réalisée pour envisager sérieusement les possibilités réalistes de libérer la RTBF de la publicité commerciale. Le PS et le CDH, qui forment la majorité au Parlement de la Communauté française, ont jusque là refusé de réaliser cette étude et même de discuter de cette possibilité. Plusieurs associations se retrouvent autour de cette demande de simple bon sens : en effet, comment est-il possible de dire qu’il n’est pas possible de se passer de la pub alors qu’il n’a jamais été envisagé de faire sans ? Et comment diable la RTBF a-t-elle pu fonctionner correctement et atteindre la renommée internationale qui était la sienne alors qu’elle ne souffrait d’aucun écran publicitaire jusqu’en 1982 ? "Les coûts augmentent" soulignent les responsables qui affirment tous ne pas aimer la pub et qui font tout pour que les usagers y soient toujours plus soumis, mais la Communauté française n’est-elle pas plus riche aujourd’hui qu’en 1982 ? Ne dispose-t-elle pas de davantage de moyens ?
La politique du non-sens est le sens de la non-politique... :

Face à la pub à la télévision, Laanan prône l’éducation aux médias

Belga, le 24 septembre 2007 (via La Libre) :

"La Communauté française ne dispose pas de solution budgétaire permettant à la RTBF de se passer de la publicité, a regretté lundi la ministre de l’Audiovisuel Fadila Laanan. La ministre est dès lors plutôt partisane de l’éducation aux médias. Celle-ci sera bientôt encadrée par un décret. "Moi non plus je n’aime pas la pub", a indiqué lundi Fadila Laanan après avoir reçu plusieurs représentants des Equipes populaires venus, au travers d’une opération baptisée "Cerveau pas à vendre" (l’ancien patron de TF1 Patrick Le Lay avait indiqué que le métier de sa chaîne était d’aider Coca-cola à vendre son produit et que dès lors il fallait que le cerveau du téléspectateur soit disponible, Ndlr), dénoncer l’omniprésence de la publicité à la télévision et à la RTBF en particulier. "Mais nous ne vivons pas dans une société idéale, les moyens de la RTBF sont couverts à hauteur de 75 pc par la dotation et nous n’avons pas de solution budgétaire permettant de se passer de la publicité", a indiqué Fadila Laanan. La ministre privilégie dès lors l’éducation aux médias. A l’initiative de Fadila Laanan et de Marie Arena, un décret est en préparation. Enfin, la ministre de l’Audiovisuel plaide également en faveur de la mise sur pied d’un Conseil fédéral de la publicité qui pourrait énoncer des recommandations. (NLE)"

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A propos d’éducation aux médias, voyez l’instructive opinion de Marc Moulin :

L’éducation aux médias, ha, ha, ha

"En 1995, on avait créé le Conseil de l’Education aux médias. J’avoue que je ne me souviens plus à la suite de quoi, mais ça devait être, une fois encore, une de ces lois mal ficelées votées sous le coup d’une émotion médiatique collective, et ne tenant pas compte de ce qui existait - comme la moitié de la législation de notre pays.
De la com électorale, quoi. Evidemment, ce machin n’a pas servi, et aujourd’hui on annonce "l’avant-projet de décret portant création d’un Conseil supérieur de l’Education aux médias". Sans doute qu’on espère que l’inclusion du mot "supérieur" va tout changer, et que ça va servir enfin à quelque chose. L’idée générale et officielle, on la connaît, est de former les enfants à décoder la pub et les programmes, disons pour leur protection.

L’idée subliminale est moins alléchante : permettre aux médias et à la pub d’aller encore plus loin dans la surenchère, au prétexte que les victimes des programmes seraient, en principe, formées et immunisées. Lâchez la grippe aviaire, ils sont vaccinés. Plus hypocrite, tu meurs. J’ai toujours dit que ceux qu’il fallait éduquer aux médias, ce n’étaient pas les consommateurs, mais plutôt les professionnels des médias.

Sinon, ce sera toujours la même escroquerie intellectuelle : se contenter d’éduquer les poulets à la compréhension du point de vue du renard. (...)"


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