Accueil > Documents > Décroissance de la consommation > Alerte des sols majeure

Alerte des sols majeure

mardi 31 juillet 2007

"Le sol est une matière vivante. Aujourd’hui nous perdons en moyenne 10 tonnes de sol par hectare et par an. Vous faites le calcul et dans trois siècles, c’est le Sahara. Il faut réagir maintenant. La nature réagit très fortement. Ce n’est pas grave. Ce n’est pas la fin du monde. Je ne crois pas aux fins du monde. Il y a des civilisations qui naissent, atteignent leur apogée et meurent. D’autres prennent la relève. Je crois que telle que cette civilisation est structurée, elle sera incapable de faire face au problème numéro 1 qui est le problème de l’Environnement et de la Terre. Avant le problème était celui des choix politiques, de l’homme, de l’existence des classes sociales. Mais notre grand problème à nous est unique. C’est la Terre. Et [si] la civilisation ne change pas, [elle se met] face à sa mort prochaine.

Continuer à nier ce fait nous mène droit à la catastrophe. L’agriculture écologique au plan mondial est la garantie d’un rapport juste entre l’homme et son environnement, pour une alimentation saine et une juste rétribution du travail de chacun. Et la culture bio-dynamique, ça veut dire sauver les pays du Tiers-Monde de la famine, oui les sauver !!! Mais actuellement, cela va trop vite. Un Ministre de l’Environnement ne peut rien faire face à Rhône-Poulenc qui cherche à vendre ses molécules de synthèse. Il faut les amortir. Dans la recherche c’est très net. Vous êtes payés par des contrats. Imaginez que j’aille chez Rhône-Poulenc pour leur dire : J’ai un projet de recherches que j’aimerais que vous financiez et qui montre que vos produits détruisent la vie des sols...Ils éclateraient de rire !!! Mais s’ils connaissaient le coût réel de leur éclat de rire, ils reprendraient leur sérieux et ils accepteraient tout de suite..."

Extrait d’une interview de Claude Bourguignon sur passerelle-eco.

Une intervention du même
Claude Bourguignon (voir sa biographie sur wikipédia), extraite du film de Jean Druon "Alerte à Babylone",.


Alerte à Babylone, le film de Jean Druon
envoyé par tinou1225

Toujours de Claude Bourguignon, voyez également cette conférence filmée : deux fois plus d’une heure de stupéfaction et de dégustation.


Pour trouver une suite à cette information, voyez par exemple la belle initiative "saveurs paysannes".

Extrait du manifeste de "Saveurs paysannes" :

(...)

« Toujours moins cher mais à quel prix ? »

Alors que les fermes sont de plus en plus grandes et de moins en moins nombreuses, qu’on exporte à bas prix une grande partie de notre production agricole européenne et qu’on importe à bas prix de plus en plus d’aliments des 4 coins de la planète (dumping), paradoxalement le chômage et le réchauffement climatique ne cessent de croître  !

Qui sait aujourd’hui par qui, où et comment est produit ce qu’il mange, ce qui le vêtit, l’énergie qu’il consomme ?

Pour s’alimenter, nous pensons qu’une part croissante de la population est de plus en plus dépendante et esclave de la grande distribution (supermarchés, grossistes, grandes chaînes de magasins, ...) et des multinationales agro-alimentaires.

Ainsi : « La vie, la vraie ! », « Vivez comme vous voulez », « Venez chez nous ! Vous trouverez tout, la qualité et pas cher », nous clament les supermarchés et les grandes firmes du secteur agro-alimentaire.

Ces slogans dissimulent une réalité aujourd’hui bien plus pernicieuse  :

- En pratiquant la politique du prix le plus bas, la grande distribution met sous pression constante ses employés et ses fournisseurs (paysans, transformateurs, artisans...), ce qui établit un rapport de force inégal ;
- La position monopolistique des chaînes de supermarchés et des centrales d’achats les conduisent à imposer un modèle de production industriel et hyper intensif au détriment de la qualité sociale et écologique des produits ;
- Ce système productiviste entraîne la concentration des terres, la mécanisation et l’emploi d’intrants chimiques qui ont pour conséquences directes une diminution drastique de l’emploi agricole et la disparition de la paysannerie ;
- Les salariés de la grande distribution sont eux aussi soumis à des conditions de travail de plus en plus dures (flexibilité, temps partiel, bas salaires, ...) et menacés de licenciements ;
- Les marges des opérateurs de la grande distribution sont supérieures à la marge bénéficiaire revenant au producteur. Le consommateur débourse plus pour les frais de commercialisation que pour le travail du paysan. Le prix de la matière première devient négligeable par rapport au prix du produit final.

Exemples :

- Le citron bio acheté au producteur à 0,50€/Kg et vendu 1,60€/Kg au détail au supermarché ;
- L’exemple du prix de la farine de blé qui ne fait que baisser et du prix du pain qui augmente ;
- La pomme Bio d’Argentine est vendue à 4,2€/kg tandis que la pomme locale de qualité est vendue à 2,5€/Kg.
- Les fruits et légumes sont soumis à une standardisation et un calibrage exacerbé pour maintenir les marchés (flux tendu) qui conduisent à une perte de qualité gustative et nutritionnelle, ainsi qu’à un gaspillage de nourriture (produits déclassés et jetés systématiquement par la grande distribution) ;
- Suivant cette logique, on privilégie les races animales et variétés végétales « poussées » qui répondent aux impératifs de la productivité et de la grande distribution, ce qui engendre notamment une perte de la diversité biologique et favorise la position monopolistique des industries semencières qui détiennent des brevets sur le vivant ;
- Les délais de paiement sont allongés au producteur ce qui leur permet de faire des placements financiers spéculatifs ;
- Coût énergétique et environnemental engendré par le transport et exportations de marchandises (à lui seul le consommateur belge parcourt 2500 km par an pour faire ses courses) ;
- Perte du lien avec le tissu rural, les paysan(ne)s et la perte de convivialité ;
- Disparition des marchés paysans locaux, de la vente directe à la ferme ;
- Le suremballage (à partir de matériaux non recyclables et non renouvelables) augmente de 50% le volume de nos poubelles et détruit l’environnement et les ressources halieutiques...
- En plus de la marge bénéficiaire et du coût de commercialisation, il existe toutes sortes de « frais » supplémentaires que le producteur voit déduits de son revenu à son insu. En effet ces « marges arrières » sont justifiées par la grande distribution pour référencer ses produits, être inséré dans les revues promotionnelles, avoir son produit placé à une place de choix dans les rayons, etc...

« Le moins cher tue les consommateurs, les artisans,
les paysans et détruit notre planète »

En outre, la standardisation exigée des produits, des normes d’hygiène inadaptées, une Politique Agricole Commune qui favorise l’industrialisation de l’agriculture, la baisse des prix et l’agrandissement incessant des exploitations constituent des obstacles majeurs au développement de notre mode de production.

Les autorités européennes et puis fédérales imposent des normes d’hygiène conçues pour l’industrie agroalimentaire à des producteurs locaux obligés de s’endetter ou disparaître pour se mettre aux normes ou à arrêter leur métier.

Dans le monde agricole et artisanal : des contrôles "musclés", des interdictions de produire ou de vendre, des modifications de normes, de la paperasserie excessive, une communication difficile, des normes inadaptées au secteur artisanal,... participent à la disparition accélérée de nos produits paysans du terroir. L’imposition, dès 2002, de ce « surhygiénisme », plus spécifiquement, aux produits laitiers transformés à la ferme a entraîné, en Wallonie comme en Flandres, l’abandon massif de la transformation, de l’ordre de 50%.

La capitulation de nos dirigeants politiques face aux lobbys des secteurs économiques et financiers a des conséquences désastreuses sur la société et la santé de l’ensemble de la population. Ainsi, au nom du profit à court terme, par le laxisme ou la corruption de certains, les gouvernements sont responsables de l’empoisonnement de la population par la non interdiction de produits toxiques, cancérigènes, mutagènes, etc.

Il est encore plus grave de constater l’existence d’une collusion douteuse entre les lobbys industriels et la commission européenne. La prolifération des conservateurs, stabilisateurs, des pesticides et biocides, de l’irradiation des aliments, le programme REACH voté et allégé sont autant d’exemples démontrant l’irresponsabilité de certains pouvoirs politiques démissionnaires ou corrompus. L’absence de mesures sérieuses concernant le changement climatique au nom de l’emploi et de la croissance est également criminel pour la population et les générations futures du globe entier.

(...)


Suivre la vie du site Articles | Suivre la vie du site breves | Contacts | Confidentialité