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Plainte au CSA : émission « Tout autre chose » du 23/10/2006 sur la publicité à la RTBF.

dimanche 10 juin 2007

de : A.S.B.L. Respire
Rue Bruyère Saint Jean, 48
1410 Waterloo

à : Conseil Supérieur de l’Audiovisuel
Rue Jean Chapelié 35
1050 Bruxelles

Bruxelles, le 21 novembre 2006

Madame, Monsieur,

Par la présente, l’asbl Respire dépose plainte contre la RTBF qui a diffusé des informations trompeuses et mensongères lors de l’émission « Tout autre chose » du 23/10/2006 (La Première, de 10h05 à 11h30) [1], contrevenant ainsi à ses missions de service public prévues par son actuel contrat de gestion.

Cette émission, présentée comme une émission de « médiation-publicité » partageait toutes les caractéristiques de la propagande et nous semble en totale contradiction avec les dispositions de son contrat de gestion. Celui-ci prévoit notamment que la RTBF doit (nous soulignons) :

« Préambule.
(...)
d) développer une information objective, pluraliste et interpellante et suscitant la réflexion ;
e) provoquer chaque fois que possible dans ses programmes le débat et clarifier les enjeux démocratiques de la société,
(...)
g) être une référence en matière de qualité technique et professionnelle ;
(...)
L’Entreprise s’engage à dépasser, chaque fois que les ressources techniques et financières effectivement disponibles le permettent les objectifs qualitatifs et quantitatifs du présent contrat de gestion .

(...)

Chapitre IV. - Relations avec le public.

Art.10 §1er L’entreprise veillera à accorder une attention particulière aux avis et aux demandes d’information des auditeurs et téléspectateurs. (...)
§2 Tant en radio qu’en télévision, l’Entreprise produit et diffuse au moins dix fois par an une émission de médiation dont l’objectif est de répondre aux interrogations et réactions de son public. (...) »
.

L’émission susmentionnée a consisté en une justification de la présence publicitaire dans l’entreprise publique et à la promotion de son développement. Le débat n’était pas contradictoire et n’assurait donc pas les conditions usuellement considérées, notamment du point de vue journalistique, pour développer un débat objectif et une information interpellante.
Participaient à l’émission :

- Françoise de Thiers (ci-après citée sous ses initiales F.d.T.) , directrice du service de médiation de la RTBF ;
- Simon Pierre de Coster (ci-après citée sous ses initiales S.P. d.C.), directeur du service juridique de la RTBF ;
- Alfonza Salamone (ci-après citée sous ses initiales A.S.), responsable et animatrice de l’émission Tout autre chose  ;
- Sandrine Sépul (ci-après citée sous ses initiales S.S.), secrétaire adjointe du Jury d’Ethique Publicitaire et directrice du Conseil de la Publicité.

Les propos tenus ayant été exclusivement pro-publicitaires, l’émission n’ayant accordé aucun crédit à des discours sceptiques ou opposés au développement publicitaire sur le service public, les enjeux démocratiques et sociétaux n‘ont pas été clarifiés ; il apparaît au contraire qu’ils ont été passés sous silence.

Ci-dessous, nous nous proposons de reprendre certains extraits retranscrits de l’émission (la retranscription peut comporter quelques inexactitudes, ne portant toutefois que sur la forme) en soulignant les problèmes qu’ils soulèvent et les dispositions du contrat de gestion de la RTBF auxquelles ils nous semblent contrevenir :

A.S. « Ce matin plus que d’habitude, vous avez la parole »

La présentatrice, déclarant que les auditeurs « plus que d’habitude » ont la parole, laisse entendre que cette émission est particulièrement ouverte aux réactions des usagers, alors qu’aucun auditeur et qu’aucun représentant de la société civile n’est présent sur le plateau et que très peu de messages des auditeurs seront diffusés. L’un d’entre eux, dénonçant la langue de bois dont font preuve les participants, sera d’ailleurs traitée très légèrement par « la médiatrice » (le terme est entre parenthèses, étant entendu que la RTBF dispose d’un service de relations avec les usagers, qui n’est pas un véritable service de médiation). Il n’est dès lors pas possible de considérer que les dispositions du Chapitre IV du contrat de gestion ont été respectées :
- L’entreprise veillera à accorder une attention particulière aux avis et aux demandes d’information des auditeurs et téléspectateurs. (...)
- Tant en radio qu’en télévision, l’Entreprise produit et diffuse au moins dix fois par an une émission de médiation dont l’objectif est de répondre aux interrogations et réactions de son public
.

(...)

A.S. à S.S. au sujet du JEP et du Conseil de la Publicité : « ... Quand vous nous dites que l’objectif est de promouvoir la publicité, c’est la publicité en tant que facteur d’expansion économique et sociale essentiellement  ».
S.S. : « Tout à fait, c’est de rappeler les rôles positifs que la publicité joue dans notre société, que sont le rôle économique que tout le monde connaît, le rôle social, le fait que la publicité puisse être un vecteur de la démocratie en favorisant la diversité des médias par le financement des médias en tout ou en partie et donc la diversité des sources d’information etc. Il ne faut pas oublier non plus que la pub est un capteur de tendances artistiques puisqu’il y a quand même pas mal de réalisateurs etc. qui se sont essayés d’abord à la publicité avant de passer à autre chose. C’est aussi un miroir des évolutions sociales, enfin il y a des tas de rôles que la publicité peut jouer et qu’on a tendance parfois à oublier donc c’est bien de le rappeler  ».

Une étude réalisée en 2003 par Significant GfK nous apprend que 75% des belges trouvent qu’il y a trop de publicité à la télévision. Comme souligné plus haut, des pétitions citoyennes ont demandé une diminution de la présence publicitaire à la RTBF (plus 6300 signatures ont été collectées dans les pétitions du collectif RAP et de l’asbl Respire qui toutes deux demandaient la diminution de la place de la publicité commerciale à la RTBF). Les propos pro-publicitaires tenus par Mme S.S. ne seront pourtant pas mitigés par une quelconque réaction des participants. Si, éventuellement, la publicité commerciale pouvait être considérée comme ayant des effets positifs, chacun s’accordera pour dire qu’elle a également des effets négatifs. Ne pas les souligner était contraire à la mission d’information de la RTBF qui est tenue de développer une information objective, pluraliste et interpellante et suscitant la réflexion.

(...)

F.d.T. affirme que le service de médiation reçoit « très très peu de plaintes pour la pub  » sans fournir de chiffres.

Cette information n’est pas objective et ne correspond pas à ce que l’on peut attendre de l’objectivité et du professionalisme de « la médiatrice » de la RTBF, qui, selon les termes du contrat de gestion, s’engage à dépasser, chaque fois que les ressources techniques et financières effectivement disponibles le permettent les objectifs qualitatifs et quantitatifs du présent contrat de gestion.

(...)

Parlant du volume sonore des publicités, fréquemment plus élevé que celui des programmes entre lesquels elle s’insère, A.S. demandera : « C’est pour qu’on puisse continuer à entendre la publicité quand on va faire son petit tour dans le frigo ?  », a quoi F.d .T. répondra avant de poursuivre sur les moyens techniques mis en œuvre par la publicité : « c’est peut être un des buts  ».

Cette insertion de la présentatrice, qui présente l’un des excès de la publicité sous des jours positifs, tout comme la réponse de « la médiatrice », sont contraires à toutes les dispositions du préambule du contrat de gestion de la RTBF soulignées plus haut (développer une information objective, pluraliste et interpellante et suscitant la réflexion, provoquer le débat et clarifier les enjeux démocratiques de la société, être une référence en matière de qualité professionnelle, dépasser les objectifs qualitatifs du contrat de gestion).

(...)

Au sujet de la règle dite des 5 minutes, S.P.d.C. regrettera que « Sur le plan politique, on n’est pas parvenu à faire avancer les choses  ».

Le propos est partisan, et confère une dimension négative au maintien de cette règle, que de très nombreux citoyens réclamaient pourtant (voir les pétitions mentionnées plus haut). Il est contraire à toutes les dispositions du préambule du contrat de gestion de la RTBF soulignées plus haut (développer une information objective, pluraliste et interpellante et suscitant la réflexion, provoquer le débat et clarifier les enjeux démocratiques de la société, être une référence en matière de qualité professionnelle, dépasser les objectifs qualitatifs du contrat de gestion).

(...)

Au sujet du déplafonnement :

A.S. : « L’autre source d’inquiétude par rapport au contrat de gestion c’était le plafonnement de la publicité. On craignait que ce plafonnement soit soulevé, ce qui est le cas, mais ça ne veut pas dire, Simon-Pierre, qu’on aura plus de publicité pour autant à la RTBF  ».
S.P.d.C. : "Il y avait volonté de déplafonner purement et simplement". (...) rappels historiques (....), revenant sur les 22% d’apport publicitaires, S.P.d.C. déclare : « on voit bien que cela ne suffit pas, avec la dotation, avec le subside public, cela ne suffit pas à suivre les évolutions des coûts de la radio et de la télévision. Cela coûte cher de faire de la radio et de la TV, d’acheter des films, d’acheter des droits sur des évènements sportifs, de produire des émissions, tout cela a un coût qui augmente plus rapidement que l’index ; et donc le gouvernement s’est dit : pourquoi éventuellement ne pas déplafonner ce plafond de 25% d’apports publicitaires ? C’est bien évidemment pour la RTBF de se dire qu’elle a des possibilités d’avoir de nouvelles recettes. Et je dirais que ce qui est très bien pour les auditeurs et les téléspectateurs, c’est que on a maintenu en parallèle les limites horaires, c’est à dire que sur une heure de publicité (sic), on augmente pas le volume maximum de publicité que la RTBF pourra faire. On reste à 12 minutes de pub par heure maximum, et même entre 19 heures et 22 heures en TV, on reste à 25 minutes sur ces trois heures là ». (...) « Le nouveau contrat de gestion qui entrera en vigueur le premier janvier 2007 donne à la RTBF cette faculté de faire un peu plus de publicité, enfin pas de faire plus de publicité mais d’engranger plus de recettes donc de vendre mieux sa publicité ».
A.S. : « Oui c’est ça, parce que vous parlez des 25% de recettes publicitaires, en fait il s’agit de recettes commerciales...  »
S.P.d.C. : « Tout à fait, »
A.S. : « mais ça englobe aussi,
S.P.d.C. : le parrainage...
A.S. : les éditions RTBF, euh...
S.P.d.C. : non, ça c’est hors quota publicitaire
A.S. : OK
S.P.d.C. : donc c’est vraiment tout ce qui est commercialisé par la régie publicitaire,
A.S. : il y a un peu confusion quand-même, hein,
S.P.d.C. : Non non, c’est ce qui est commercialisé par la régie publicitaire, donc c’est la publicité, le parrainage, pour dire l’essentiel en fait, hein...  ».

Comme le souligne la présentatrice, le propos est confus. Il légitime complètement le déplafonnement publicitaire sans en présenter les désavantages, qui ont pourtant été soulignés par de nombreux usagers de la RTBF. Par ailleurs, il est dit qu’il n’y aura pas plus de publicité à la RTBF, ce qui est faux. Le nouveau contrat de gestion ne comptabilise pas dans les temps de transmission publicitaire les messages de soutien à la presse écrite et au cinéma, laissant une moyenne de 12 minutes supplémentaires de publicité commerciale à la RTBF. La publicité interactive n’étant pas non plus comptabilisé dans ces volumes horaires maximaux, il y aura plus de publicité commerciale à la RTBF. L’information donnée est donc fausse et est en contradiction flagrante des missions soulignées avant (développer une information objective, pluraliste et interpellante et suscitant la réflexion, provoquer le débat et clarifier les enjeux démocratiques de la société, être une référence en matière de qualité professionnelle, dépasser les objectifs qualitatifs du contrat de gestion, accorder une attention particulière aux avis des auditeurs et téléspectateurs).

(...)

S.S. : « Je déplore quand même un petit peu d’interdire la publicité 5 minutes avant et cinq minutes après les programmes pour enfant, parce que d’une part ça a été depuis peu autorisé en Communauté flamande, donc je trouve qu’il y a une petite incohérence : un enfant flamand et un enfant francophone et bien il reste toujours un enfant et à mon avis a les mêmes sensibilités par rapport à la pub ; deuxièmement ça va quand même un petit peu à l’encontre, S.P.d.C. l’a dit tout à l’heure, l’étude qui a été réalisé par le CSA, sur base d’une étude qui a été réalisée à la FUCaM qui disait en fait que les enfants étaient moins captivés par la pub après un programme pour enfants parce qu’ils avaient trop l’attention attirée par le programme en question, et au contraire, lorsque la publicité suivait par exemple le programme télévisé, que les enfants regardaient, imaginons avec leurs parents, ça les ennuie un petit peu, donc quand ils trouvent une pub derrière ils trouvent ça plus que sympathique. Donc voilà, on peut se poser des questions par rapport à l’efficacité de cette règle ».

Le propos, partisan, est présenté de façon trompeuse : la règle des 5 minutes a été supprimée en Communauté flamande, mais pas sur la radio-télévision publique de cette Communauté. La confusion est entretenue, et à nouveau l’émission contrevient aux dispositions du contrat de gestion de la RTBf (développer une information objective, pluraliste et interpellante et suscitant la réflexion, provoquer le débat et clarifier les enjeux démocratiques de la société, être une référence en matière de qualité professionnelle, dépasser les objectifs qualitatifs du contrat de gestion, accorder une attention particulière aux avis des auditeurs et téléspectateurs).

Après avoir déclaré que selon elle, ce qui est important, c’est l’éducation, Mme S.S. présente le programme Media-Smart, développé par le Conseil de la publicité. Elle rapporte certains résultats d’une étude d’évaluation sur ce programme et déclare que « de ceux qui l’avaient commandé [le programme média-samrt], il y a deux-tiers des enseignants qui l’ont utilisé, il y a 5 utilisateurs sur 6 qui nous disent que grâce à Media-Smart, les enfants ont acquis un recul critique sur la publicité. Donc c’est des résultats particulièrement positifs pour nous  ».

Ibidem. L’étude dont il est question propose d’autres résultats non rapportés dans l’émission qui sont nettement moins positifs, notamment que la majorité des utilisateurs du programme pro-publicitaire développé par le Conseil de la publicité ne savent pas qui est à l’origine dudit programme. Par ailleurs, il n’est pas mentionné que ce programme a fait l’objet d’une circulaire la Minsitre Arena qui en déconseille fortement l’usage. La confusion est entretenue, et à nouveau l’émission contrevient aux dispositions du contrat de gestion de la RTBf (développer une information objective, pluraliste et interpellante et suscitant la réflexion, provoquer le débat et clarifier les enjeux démocratiques de la société, être une référence en matière de qualité professionnelle, dépasser les objectifs qualitatifs du contrat de gestion, accorder une attention particulière aux avis des auditeurs et téléspectateurs).

(...)

A.S. : « Quand on a évoqué le thème de cette émission, F.d.T., vous vous en doutez, la plupart des messages qui ont commencé à nous parvenir concernaient une RTBF libre de toute publicité. Alors F.d.T., S.P.d.C., est-ce possible ?
F.d.T. : Je dirais que c’est un peu le rêve absolu, mais c’est un peu le monde merveilleux de Walt Disney aussi, ceci sans faire de publicité.
A.S. : Ou des Bisounours, comme ça on en a cité deux et on n’a pas de problèmes.
F.d.T. : Mais par rapport à une RTBF idéale comme celle qui serait effectivement sans pub et qui consacrerait 100% de son temps d’antenne à des programmes qu’elle choisirait ou qu’elle produirait elle-même, ben on est rattrapé évidemment sans-cesse par la réalité économique...  ».

La réponse au ton très léger de « la médiatrice » et le complément du directeur du service juridique ne sont assortis d’aucune argumentation étayée. Le propos est partisan et fait fi des demandes des usagers. A nouveau l’émission contrevient aux dispositions du contrat de gestion de la RTBf (développer une information objective, pluraliste et interpellante et suscitant la réflexion, provoquer le débat et clarifier les enjeux démocratiques de la société, être une référence en matière de qualité professionnelle, dépasser les objectifs qualitatifs du contrat de gestion, accorder une attention particulière aux avis des auditeurs et téléspectateurs).

(...)

Selon les participants à l’émission, renoncer aux 25% d’apports publicitaires à la RTBF,
S.P.d.C. : «  ça serait amputer votre émission d’un quart de sa durée,
A.S. : ou d’un quart de ses participants,
S.P.d.C. : il faudrait cher les fonds dans d’autres postes de la Communauté française  ».

Les réponses apportées sont de l’ordre de la spéculation et très peu réalistes. L’affirmation du directeur du service juridique est également de l’ordre de la spéculation. Une réduction des recettes publicitaires de la RTBF n’aurait pas un impact équivalent sur tous les éléments de la RTBF et ne serait pas automatiquement accompagnée d’une revalorisation de la dotation publique. A nouveau l’émission contrevient aux dispositions du contrat de gestion de la RTBf (développer une information objective, pluraliste et interpellante et suscitant la réflexion, provoquer le débat et clarifier les enjeux démocratiques de la société, être une référence en matière de qualité professionnelle, dépasser les objectifs qualitatifs du contrat de gestion, accorder une attention particulière aux avis des auditeurs et téléspectateurs).

(...)

Sur l’audimat :

S.P.d.C. : L’audimat et les objectifs d’audimat vont amener un gros changement à la RTBF : les producteurs «  vont devoir produire des émissions qui vont devoir être écoutées, regardées par le public et pas vendues à des annonceurs d’abord et avant tout ».

Le propos n’est pas justifié et s’inscrit contre de nombreuses expériences observées par le passé en Belgique et à l’étranger lorsque qu’un organe audiovisuel est soumis davantage aux principes de l’audimat. La confusion est entretenue, et à nouveau l’émission contrevient aux dispositions du contrat de gestion de la RTBF (développer une information objective, pluraliste et interpellante et suscitant la réflexion, provoquer le débat et clarifier les enjeux démocratiques de la société, être une référence en matière de qualité professionnelle, dépasser les objectifs qualitatifs du contrat de gestion, accorder une attention particulière aux avis des auditeurs et téléspectateurs).

Pour les conclusions de l’émission :

F.d.T. : « Je vais peut être terminer par une conclusion un peu provocatrice, c’est pourtant pas mon rôle, mais je veux dire... un monde sans pub serait peut être un monde un peu fade d’une série de choses. Donc voilà, la première fois qu’un individu, qu’un être humain a décidé de vendre quelque chose à un autre être humain, il a fait de la publicité.
A.S. : baladez-vous dans les rues de Pompéi, il y a déjà de la pub.
F.d.T. : voilà. » (...)
A.S. redirige le public vers l’adresse email : « médiation@rtbf.be ».

Le propos est partisan, « la médiatrice » sort ouvertement de son rôle. La répartie de la présentatrice souligne ironiquement l’inanité du propos tenu, sans que cela ne fasse l’objet d’une mise au point ou d’une discussion. A nouveau l’émission contrevient aux dispositions du contrat de gestion de la RTBf (développer une information objective, pluraliste et interpellante et suscitant la réflexion, provoquer le débat et clarifier les enjeux démocratiques de la société, être une référence en matière de qualité professionnelle, dépasser les objectifs qualitatifs du contrat de gestion, accorder une attention particulière aux avis des auditeurs et téléspectateurs).

Pour les raisons exposée ci-dessus, cette émission, présentée comme une émission de « médiation-publicité » ne permettait pas de répondre aux interrogations et réactions de son public, comme le prévoit le contrat de gestion de la RTBF.

Par ailleurs, nous tenons à souligner que la RTBF se doit de s’adresser à tout le public et à tous les publics de la Communauté française et doit s’efforcer d’intéresser la population. Le ton partisan et frivole utilisé dans cette émission - alors qu’elle concernait un thème pourtant fondamental - ne pouvait servir cet objectif. De telles pratiques ne peuvent que porter atteinte à l’affection que les usagers portent encore à la RTBF, celle-ci jouant contre eux et par conséquent contre elle-même.

Vous remerciant par avance de nous indiquer la suite réservée à cette plainte et les délais qui seront nécessaire, je vous prie Madame, Monsieur, d’agréer l’expression de mes salutations distinguées.

Jean Baptiste Godinot
Président de l’asbl Respire


Voir aussi : CSA : la plainte de Respire contre la RTBF à l’ordre du jour du 13 juin 2007


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