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Des pubs pour “lutter contre les squats” !?

Comité du quartier Midi

jeudi 5 avril 2007

Texte provenant de Quartier Midi.

Au fur et à mesure de la démolition des îlots du quartier Midi, en cours d’expropriation depuis 1992, les terrains vagues prolifèrent le long de l’avenue Fonsny. Depuis 2006, la Commune loue des espaces publicitaires sur les clôtures de ces terrains, à des sociétés comme JC Decaux ou Art & Pub... De nouveaux panneaux viennent d’être installés sur l’îlot D. Prétexte : financer “la sécurité des riverains” par la publicité ! Une pratique pourtant interdite par les permis d’urbanisme délivrés pour ces démolitions.

Des panneaux publicitaires de la société Art & Pub viennent d’être installés sur les “clôtures” (de simples grillages Heras) entourant le désormais grand terrain vague de la rue de Russie, au coin de l’avenue Fonsny. Les maisons qui s’érigeaient ici ont été démolies au cours du second semestre 2006 par leur propriétaire, le consortium privé Espace Midi. Toute une partie de l’îlot reste pourtant bâti et ces maisons sont toujours occupées par des propriétaires particuliers qui n’ont jamais été expropriés, ou par des locataires avec titre et droits.

Il est évident que les habitants préfèrent être entourés de maisons habitées (ou, si ce n’est pas le cas, de maisons murées). Mais vivre à côté d’un terrain vague n’a rien de rassurant. Dans ce cas, la pose d’une clôture “complète, fixe et ajourée”, tel que le prévoit le permis de démolir octroyé (en janvier 2005) par Saint-Gilles et la Région à la SA Bruxelles-Midi, est la moindre des mesures pour assurer un minimum de sécurité aux habitants. Le permis ajoute que la clôture ne doit comporter “aucun panneau publicitaire”.

Decaux lance son “Blacklight” en face de la gare du Midi

Dans l’îlot suivant, le C, les mêmes panneaux Art & Pub avaient déjà recouvert depuis longtemps les clôtures de terrain vagues, rue d’Angleterre. Quand les démolitions s’intensifièrent en 2006, et que les habitants de l’îlot se plaignirent de ces pratiques, la Commune et Bruxelles-Midi trouvèrent une solution ingénieuse : passer un accord avec la société JC Decaux, qui installerait une clôture tout le long des maisons abattues... en échange de pouvoir poser de grands panneaux publicitaires avenue Fonsny, en face de la sortie de la gare du Midi. Ainsi, la “sécurisation” des voisins ne coûterait pas un franc à la SA Bruxelles-Midi qui, c’est vrai, manque de moyens (elle était au bord de la faillite en 2004).

Ce fut l’occasion pour Decaux de lancer un nouveau mobilier publicitaire : le “Blacklight” (voir la photo), un support éclairé de 17m2 (lire le communiqué de presse de Decaux).

Le permis de démolir concernant l’îlot D, octroyé en avril 2001 à la SA Bruxelles-Midi, stipule pourtant clairement qu’“aucune publicité ou panneau d’affichage ne sera autorisé sur la clôture”. Comme les deux principaux dirigeants de la SA, Jacques Van Grimbergen et Vincent Rongvaux, sont “dans le civil” de hauts fonctionnaires de l’Administration de l’Aménagement du Territoire (l’administration régionale qui octroit notamment les permis... à Bruxelles-Midi), on peut en déduire que les règlements régionaux sont faits pour s’assoir dessus.

Cachez ce chancre que je ne saurais voir...

À une question qui lui était posée au Conseil communal le 23 février 2006, Martine Wille, la “Bourgmestre faisant fonction” à Saint-Gilles, a répondu que “La pose de panneaux de ce type garantit d’une part la sécurité publique et, d’autre part, la suppression visuelle des chancres. (...) Le dispositif placé sur l’îlot C, avenue Fonsny, vise la sécurisation de l’îlot au fur et à mesure de la démolition des immeubles et à la lutte contre les squats des immeubles restants. Il a également permis d’améliorer l’aspect visuel à la sortie de la gare du Midi”.

S’il est vrai que les panneaux de pub “suppriment visuellement les chancres”, on laissera à Martine Wille son appréciation sur “l’amélioration de l’aspect visuel” du quartier. En tout cas, une chose est sûre : ces panneaux ne suppriment en rien les conséquences de ces démolitions inutiles, qui ne visent qu’à jouer avec les nerfs des habitants encore à chasser. Et si la Commune estime que l’image des chancres est gênante, elle ferait mieux de cesser d’autoriser les démolitions d’îlots pour lesquels les demandes de permis de bâtir ne sont pas introduites et où vivent encore de nombreux habitants, toujours pas expropriés.

Voir en ligne sur le site du Comite quartier Midi


Comité du quartir Midi


"Le quartier Midi est encore vivant ! Près de 200 habitants vivent toujours dans les trois îlots frappés depuis 9 ans par un plan d’expropriation. Parmi lesquels au moins 19 familles, 78 ménages, 14 propriétaires occupants, 17 commerces et une école. Des locataires, propriétaires et commerçants de ce quartier proche de la gare internationale de Bruxelles ont constitué en juin 2005 le Comité du quartier Midi. Ils dressent un bilan des projets immobiliers menés dans leur quartier, ainsi que de leurs conséquences sociales et urbanistiques. Ils interpellent la Région de Bruxelles-Capitale et plus particulièrement son Ministre-Président, Charles Picqué.

Les habitants déplorent l’absence de transparence qui caractérise ces projets et le manque total de respect à leur égard. Ils dénoncent de multiples pressions qui s’exercent sur eux, des conditions de vie déplorables dans leur quartier, et demandent qu’il soit mis fin à l’incertitude qui plane depuis longtemps sur leur avenir."

Plus d’information sur le site www.quartier-midi.be.


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