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La croissance économique cache une crise sous-jacente sans précédent.

jeudi 28 septembre 2006

[Traduit de l’américain par Julie Bartoli pour Planète Urgence]

Selon le rapport Vital Signs 2006-2007 [Signes vitaux 2006-2007] publié récemment par l’Institut Worldwatch, les indicateurs économiques sont en hausse : en 2005, on a produit plus d’acier et d’aluminium que jamais auparavant, la fabrication de véhicules a atteint un record de 45,6 millions d’unités, et le produit intérieur brut mondial un record de 59,6 milliards de dollars. La même année, le nombre d’utilisateurs d’Internet dans le monde a atteint le milliard et les ventes de téléphones portables ont approché les 816 millions d’unités.

Cependant, alors que ces tendances indiquent des niveaux de commerce et de consommation sans précédents, elles s’affichent sur fond de déclin écologique dans un monde qui puise la majorité de son énergie des combustibles fossiles. En 2005, la concentration atmosphérique moyenne en dioxyde de carbone a augmenté de 0,6% par rapport au pic de 2004. Il s’agit de l’augmentation annuelle la plus forte jamais enregistrée. La température globale moyenne a atteint 14,6 degrés Celsius, ce qui en fait l’année la plus chaude jamais répertoriée à la surface de la Terre.

À la fin de l’année dernière, on estimait que 20% des récifs coralliens de la planète avaient été détruits, et que 20% des mangroves avaient disparu au cours des 25 dernières années seulement. Dans les deux cas, ces écosystèmes constituent une protection côtière naturelle contre des catastrophes climatiques qui ont coûté un record de 204 milliards de dollars en 2005 dont 125 milliards de dollars de dégâts causés par l’ouragan Katrina.

Les conclusions de ce rapport s’appuient sur celles de l’Évaluation des Ecosystèmes pour le Millénaire [Millennium Ecosystem Assessment] parrainée par les Nations Unies et publiée en 2005, qui souligne que la dégradation de l’environnement et des équilibres naturels de la Terre résulte de l’activité humaine. La déforestation, par exemple, est la cause de 25% des émissions humaines annuelles de carbone. Près d’1% de la couverture forestière de la planète a été perdue entre 2000 et 2005 (les pertes les plus importantes étant signalées en Afrique et en Amérique Latine, avec 3,2% et 2,5% de pertes respectives). Le déclin des écosystèmes menace les services vitaux qu’ils procurent, comme l’approvisionnement en eau douce et en nourriture et la régulation du climat et de la qualité de l’air. Ce déclin augmente également le risque de changements perturbateurs et peut-être irréversibles tels que des dérèglements climatiques régionaux, l’émergence de nouvelles maladies, et la formation de “zones mortes” à faible teneur en oxygène dans les eaux côtières.

Nos modes de vie actuels nuisent aux écosystèmes de la planète et aux populations qui en dépendent, a déclaré Erik Assadourian, le directeur de projet du rapport Vital Signs 2006-2007. Si tout le monde consommait au même niveau que dans les pays riches, la planète ne pourrait supporter durablement qu’1,8 milliard d’individus, et non pas la population actuelle de 6,5 milliards. Pourtant il n’est pas prévu que la population mondiale diminue mais qu’elle augmente jusqu’à atteindre 8,9 milliards de personnes en 2050.

Près de 80% de l’énergie mondiale vient du pétrole, du charbon, ou du gaz naturel, combustibles fossiles qui contribuent aux émissions de gaz à effet de serre accélérant le changement climatique. La consommation de ces combustibles a continué à augmenter en dépit de la montée en flèche des prix énergétiques au cours des deux dernières années : en 2004, l’utilisation du charbon a augmenté de 6,3% et la consommation de gaz naturel de 3,3% ; en 2005, l’utilisation du pétrole s’est accrue de 1,3%.

Cependant, ces taux de croissance pâlissent à côté de ceux des énergies renouvelables : la capacité mondiale de génération d’énergie éolienne a fait un bond de 24% en 2005, la production d’énergie photovoltaïque solaire a augmenté de 45% et la production de biocarburants de 20%. Ces développements sont impressionnants et susceptibles d’engendrer des changements de grande envergure au sein des marchés mondiaux de l’énergie dans les cinq prochaines années, a déclaré le président de l’Institut Worldwatch, Christopher Flavin. Mais la transition devra être encore plus rapide si l’on veut éviter le type de crises écologiques et économiques qui pourraient être précipitées en continuant sur la voie de la dépendance à l’égard des combustibles fossiles.


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