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Désobéir

Thierry Paquot - Le Monde Diplomatique - janvier 2005

mardi 27 juin 2006

"Occuper une usine afin d’empêcher les déménageurs, à la solde du patron qui délocalise, d’emporter les machines ; arracher les plantes génétiquement modifiées pour protéger la santé de chacun ; marier des homosexuels ; siéger en silence dans une assemblée ou occuper pacifiquement la chaussée le temps d’un sit-in sont quelques-unes des actions politiques que l’on associe bien souvent à la « désobéissance civile ». Une attitude pas si nouvelle que cela...

Un jour de juillet 1846, à Concord (Massachusetts, Etats-Unis) - où il était né en 1817 -, Henry David Thoreau croise Samuel Staples, gendarme municipal, qui lui réclame le montant de ses impôts et s’apprête même à lui avancer l’argent nécessaire pour s’en acquitter. David Thoreau, qui réside depuis près de deux ans dans une cabane au coeur de la forêt de Walden et qui se rend à la ville pour récupérer ses souliers chez le cordonnier, est quelque peu interloqué. Il rétorque qu’il refuse, par principe, de verser de l’argent à l’Etat alors même qu’il est en désaccord avec la politique de cet Etat et qu’il ne souhaite absolument pas contribuer à financer la guerre contre le Mexique. Il est donc arrêté et doit passer la nuit au poste, malgré le versement de l’impôt par une « mystérieuse » femme (certainement sa tante, Maria Thoreau).

Plutôt populaire dans cette bourgade convertie aux idées novatrices de Ralph Emerson (1803-1882) et des intellectuels gravitant autour de lui et de la revue The Dial, David Thoreau se doit de relater son expérience et d’argumenter son acte. Il rédige « La relation de l’individu à l’Etat », texte qu’il présente lors d’une conférence à Concord en janvier 1848. Elizabeth Peabody, ­ belle-soeur du romancier Hawthorne,­ la publie dans sa revue Aesthetic Papers en mai 1849, sous le titre de « Résistance au gouvernement civil », qui, dans les oeuvres complètes de Thoreau publiées après sa mort en 1862, deviendra La Désobéissance civile [1]. Ce texte polémique, à dire vrai, tomba vite dans l’oubli, et Thoreau lui-même n’y fit plus référence.

(...)"


La désobéissance civile est accessible en ligne en anglais : Civil Disobedience, et en français au format .pdf : La désobéissance civile

Notes

[1Mille et une nuits, Paris, 1997. Sur David Thoreau : « De désobéir au crime d’obéir », par Louis Simon, Europe, n° 459-460, 1967, p. 210 et suiv.


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