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Marre des publicités sexistes !

par Guillaume De Walque - La Libre 12/05/06

lundi 5 juin 2006

"Avez-vous remarqué la dernière campagne de publicité de la marque d’éponge Scotch-Brite, qui a inondé nos abribus ces derniers jours (oui, vous savez, les éponges dont une face vous permet de récurer votre poêle et l’autre face de frotter tout en douceur) ? Le slogan « The Clean Team » surplombe le dessin de trois jeunes femmes esquissant un pas de danse, la tête souriante, le corps constitué de l’éponge en question... Traduction de ce message ô combien subtil et totalement dépourvu d’humour ? Biffez la mention ne correspondant pas au message : 1) les femmes se réduisent à une éponge ; 2) elles ne sont bonnes qu’à récurer ; 3) elles adorent faire ça. Vous ne supprimez rien ? Moi non plus.

On est en plein dans le message sexiste ! Rapide détour vers un dictionnaire pour nous éclairer : le sexisme englobe les « traditions et comportements qui posent une différence de statut et de dignité entre la femme et l’homme ». Concrètement, les publicités sexistes connaissent de nombreuses variantes : image humiliante ou dégradante de la femme, message incitant à la violence envers les femmes ou renforçant la discrimination envers celles-ci... La publicité que je viens d’évoquer ne constitue malheureusement pas un cas isolé. Et si certaines entreprises peuvent être pointées du doigt, les autorités publiques ne font pas toujours mieux. Récemment encore, une campagne du ministre de l’Emploi et de l’Informatisation de l’Etat accumulait les clichés et préjugés sexistes. On y voit la ménagère Ginette qui souffre de « pécéphobie » : un film multiplie les images d’une blonde idiote passant le plumeau ou l’aspirateur dans sa maison immaculée et effrayée à la simple vue d’un ordinateur (www.pecephobie.be).

(...)

Qu’est-il possible de faire ? Une plainte peut être déposée auprès du Jury d’éthique publicitaire. Son efficacité est toute relative puisqu’il s’agit d’un organe d’autorégulation qui ne dispose d’aucun pouvoir contraignant de décision. La pression du consommateur/citoyen semble parfois plus porteuse. Boycottez donc ces éponges sexistes (rassurez-vous, les éponges d’autres marques semblent très bien fonctionner...) et exprimez votre mécontentement à 3M pour qu’ils abandonnent la campagne en question (3M, Hermeslaan 7, 1831 Diegem, 02.722.51.11). Plaignez-vous au ministre de l’Emploi (02.212.92.11).

Ces actions ponctuelles doivent nécessairement s’inscrire dans des efforts d’information et de sensibilisation menés à plus large échelle. D’heureuses initiatives ont vu le jour. L’association Vie féminine a ainsi lancé il y a quelques mois une campagne « Sexisme : résistons aux préjugés ». N’hésitez pas à commander et distribuer leurs outils pédagogiques très bien faits, comme par exemple le petit dictionnaire anti-sexiste (www.viefeminine.be ou 02.227.13.00).

Et les politiques dans tout ça ? Personne ne niera que des progrès considérables ont été accomplis ces dernières décennies. Les clichés et préjugés sexistes sont cependant tenaces dans tous les secteurs et milieux et de nombreuses inégalités entre les femmes et les hommes demeurent. Plusieurs sénatrices ont dans ce cadre déposé une proposition de résolution demandant notamment un organe de contrôle de la publicité disposant d’un véritable pouvoir de sanction, ainsi que l’élaboration de directives claires à destination du monde publicitaire et visant à éviter les discriminations fondées sur le sexe. Ces mesures sont indispensables. Elles doivent à mon sens être complétées par une législation sanctionnant le sexisme. Il ne s’agit pas ici de porter atteinte à la liberté d’expression mais de réprimer les actes qui incitent à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne en raison de son sexe."

(...)

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