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Décroissance : Révolutionner nos modes de ville ?

Ecole urbaine organisée par l’ARAU 27-31 mars 2006

mercredi 29 mars 2006

"Vivre autrement

Face à la mondialisation, l’ARAU plaide pour le développement de la capacité de la ville à produire davantage pour sa propre consommation afin de réduire la dépendance économique, la vulnérabilité sociale et les impacts des modes de transport dépendants des énergies fossiles.

La 37e École urbaine se veut un espace de réflexion sur le rôle que la ville est susceptible de jouer dans la réorientation des comportements individuels face à l’hypothèse d’une décroissance choisie ou imposée.

La décroissance soutenable est un concept politique qui affirme que la croissance économique généralisée n’est pas acceptable par l’environnement. Le qualificatif de soutenable propose, selon ses partisans, de « s’organiser collectivement » afin que la diminution de production de biens ne mène pas à la « barbarie » (Définition tirée de Wikipédia) ."

Lundi 27 mars

La croissance ou la ville ?

par Marc Frère, Président de l’ARAU

Née de l’association des marchands et des artisans, les villes ont, au cours de leur histoire, été façonnées par l’activité des hommes qui les habitaient. Avec la révolution industrielle, leur développement a subi de rapides et importantes mutations. La mondialisation de l’économie, le mythe d’une croissance infinie et la raréfaction des ressources naturelles les confrontent aujourd’hui à de nouveaux défis. Comment Bruxelles peut-elle, aujourd’hui, agir pour rencontrer ces défis ?


La croissance ou la décroissance ?

par Claude Llena, Enseignant chercheur en sciences sociales à l’École polytechnique universitaire de Montpellier II

La théorie économique de la décroissance, opposée tant au libéralisme classique (les richesses sont réparties le plus adéquatement possible par le marché sous le contrôle du politique) qu’au marxisme (la répartition juste des richesses relève du contrôle politique des travailleurs sur la production) constitue une rupture intellectuelle et pratique qui aurait des effets forts sur la configuration de la ville et la vie urbaine. Elle part, en effet, du principe qu’il ne s’agit pas de partager autrement les mêmes ressources mais de réduire la consommation sans baisser le niveau de vie mais, au contraire, en améliorant la qualité de la vie.

Quels seront ses effets sur la vie urbaine, en quoi la ville constituera-t-elle le laboratoire de cette évolution ? Verra-t-elle, au contraire, sa population fuir vers les plateaux du Larzac ?


La croissance ou le progrès ?

par Christian Comeliau, Professeur honoraire de l’Institut universitaire d’Études du Développement (IUED) de Genève

Face au paradoxe d’une croissance nécessaire et impossible, n’existe-t-il pas d’autre avenir que de renoncer au progrès ? La réponse en terme de « développement durable » ne suffit pas à masquer notre incapacité profonde à changer le modèle de développement dominant. Entre la confrontation persistante entre les partisans majoritaires de la poursuite aveugle d’une croissance indéfinie et l’avis radical d’une minorité qui prône l’arrêt de la croissance, ou même la décroissance systématique, le progrès a-t-il encore un avenir ?


Mardi 28 mars

Construire Autrement

par Bernard Deprez, Chargé de cours à l’Institut supérieur d’architecture de La Cambre

Françoise Choay a montré que l’urbanisme, comme programme d’ensemble, est de conception récente mais que la ville se transforme, se régénère, se reconstruit sur elle-même pour s’adapter aux besoins de ses habitants et à la mutation des modes de production. Certains bâtiments traversent les siècles, d’autres non. Comment, face à la crise de l’énergie, les adapter dans une perspective durable ?


Comment impulser de nouveaux comportements en matière de déplacements urbains ?

par Hugues Duchâteau, Administrateur délégué du bureau d’études STRATEC

La doctrine de l’ARAU part du principe que la ville traditionnelle, dense et mixte, favorise, par la proximité, la réduction de la demande de déplacements et les impacts négatifs sur l’environnement et sur la santé publique.

La périphérisation de l’habitat, depuis les années 50, a, au contraire, étalé la ville et multiplié les temps de parcours. Nombre des déplacements sont effectués en voiture. Quels facteurs sont-ils susceptibles d’impulser de nouveaux comportements en matière de déplacements urbains ?


Mercredi 29 mars

Produire autrement

par Didier Baudewyns, Chercheur au Département d’Économie Appliquée de l’Université Libre de Bruxelles (DULBEA) et Maître de conférence à l’ULB

Que nous apprend l’analyse économique sur la localisation urbaine des activités ? Face à la mondialisation et à la délocalisation des entreprises, les villes tentent d’élaborer des spécialisations productives. Quel est le bilan pour Bruxelles ? Quelles sont les perspectives d’évolution de certains secteurs non délocalisables proches des préoccupations des populations locales et encore relativement maîtrisables par le politique, comme le secteur du logement ou du tourisme ?


Travailler autrement

par Felipe Van Keirsbilck, Permanent CNE et président du Comité Régional Bruxellois de la CSC

Le monde du travail est traversé de profondes tensions dans l’articulation entre les conditions de vie et de travail et la « nécessaire compétitivité des entreprises ». Comment réinventer l’organisation du travail et les conflits sociaux nés de celle-ci ? Sur quelles alternatives peuvent être calculées les rémunérations ? Sur quelles bases la concertation sociale évaluera-t-elle la performance sociétales des organisations ? Comment prendre en considération, par exemple, le travail éducatif dans la formation des générations futures ? L’allocation universelle est-elle une solution ? Sur quelle base sera financée la sécurité sociale ? Autant de questions que pose la « fin du travail »...


Jeudi 30 mars

Réduire la consommation, consommer autrement, mieux consommer ?

par Antoinette Brouyaux, Responsable de la communication au Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs (CRIOC)

Trop consommer tue le consommateur, pourrait-on dire, ou, en tout cas, altère sa liberté. Comment former des consommateurs responsables, conscients que leurs actes d’achat constituent des choix politiques et qu’ils peuvent contribuer à des choix plus éthiques de la part des producteurs et diffuseurs ? Comment éduquer les citoyens aux médias, rendre le public acteur de la vie culturelle, favoriser les nouvelles formes d’échange ? Quelle est l’audience des groupes protestataires qui s’insurgent contre l’agression publicitaire ?

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Une économie mieux partagée, une société plus égalitaire, des citoyens plus libres : le rôle de la culture dans l’émancipation des individus

par Christian Arnsperger, Chargé de cours à l’Université catholique de Louvain - Chercheur qualifié FNRS

De nombreux indices environnementaux devraient inciter à la prise de conscience de la finitude du modèle de développement occidental qui, de plus, creuse les inégalités sociales. Notre destin individuel repose également sur une double finitude : celle de l’altérité (il faut bien vivre avec les autres) et celle de la mort. Or l’individualisme forcené et le matérialisme non moins forcené, en niant cette double finitude, acculent l’homme contemporain dans une contradiction insurmontable. Quelle philosophie de l’existence adopter pour surmonter cette impasse ? Que deviendra le temps libéré du travail ? Comment la ville pourra-t-elle offrir à l’ensemble des habitants l’accès à la culture, aux loisirs, à la vie sociale ? Notre idée même du bonheur, du confort, de la réussite sociale est-elle susceptible d’évoluer ?


Vendredi 31 mars

La ville et la société civile

par Olivier Paye, Professeur aux Facultés universitaires Saint-Louis et Ludivine Damay, Chercheuse au Centre de Recherches en Sciences politiques (CreSPo)

Toute rupture intellectuelle, sociale, comportementale en appelle au politique qui légitime le partage des valeurs. Quel sera l’avantage, pour la classe politique, de la valorisation de l’apport d’une société civile forte, c’est-à-dire autonome ? Qu’entend-on par « société civile » ? Comment la participation s’insère-t-elle dans la gouvernance urbaine ? Quelle politique de la ville, quelle participation à la définition des objectifs et au contrôle continu des opérateurs politiques ?

Cette réflexion théorique sera complétée par une présentation d’une des expériences les plus novatrices de participation des habitants à l’action publique dans le domaine urbain : le budget participatif à Mons.


La cité radicale comme chemin obligé de la décroissance
par René Schoonbrodt, Ancien Président de l’ARAU et d’Inter-Environnement Bruxelles - Professeur émérite de l’UCL-Fopes

La ville démocratique introduit à la possibilité d’une économie de la décroissance. Son héritage global offre un champ de résistances à des accumulations se construisant sur le maintien d’hommes et de femmes dans un statut subordonné. Multipliant les valeurs d’usage en remplacement des consommations compulsives, la ville produit la chance de révision des comportements individuels et collectifs aujourd’hui trop souvent bâtis sur l’exploitation des hommes et des ressources. Pour que la ville, dans ses formes, donne ses fruits, il faut qu’elle remplace le système des oligarchies actuelles (liées aux vieux mondes de l’accumulation) par une organisation radicalement nouvelle de la vie politique. Elle doit devenir cité par l’introduction radicale de la société civile dans le processus de décision. Après les combats pour le droit de vote des hommes, des femmes, des immigrés, après le rôle des médias, vient le temps de la participation radicale de toute la société, élément constitutif du passage de l’économie de l’accumulation à l’économie de la vie intellectuelle, de la création, de la liberté dans l’égalité.


Infos pratiques

adresse :
Casa de Asturias
Représentation des Asturies
Rue Saint-Laurent, 36
1000 Bruxelles

prix :
4 € par séance ou 16 € pour l’ensemble du cycle.
Pour les membres cotisants de l’ARAU, les ayants droits sociaux et les étudiants : 3 € par séance ou 12 € pour l’ensemble du cycle.

contact :
Tél. : + 32 02 219 33 45
Fax. : + 32 02 219 86 75
info arau.org
http://www.arau.org/ra_ecole.php


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