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Communiqué de presse 10 mars 2017

Mégaprison : le gouvernement Bruxellois au siècle passé

vendredi 10 mars 2017

Le 11 décembre 2015, le Collège de l’environnement avait cassé la première mouture du permis d’environnement délivré dans la précipitation par Bruxelles-Environnement pour la mégaprison de Bruxelles-Haren. De nombreuses irrégularités avaient été identifiées. Cafasso, retenu pour exploiter pendant 25 ans une prison qui sera financée par l’argent public, avait introduit un recours.

La ministre de l’environnement, Céline Frémault, CDH, a accordé le permis d’environnement hier soir, donnant raison aux intérêts privés de Cafasso contre l’intérêt général. N’étant à cette heure pas en possession du document, nous ne pouvons y lire les conditions qui y auraient été imposées comme l’affirme la communication de la ministre.

Force est de constater à ce stade que la Ministre a décidé d’accorder le permis pour un projet :

  • qui ne correspond pas aux critères du Masterplan prison en vertu duquel le projet de mégaprison a été inventé : les critères imposent notamment la proximité du palais de justice et la préservation de l’environnement ;
  • qui va détruire la totalité de la biodiversité exceptionnelle du site du Keelbeek sur 20 hectares, comme l’indique l’étude d’incidence ;
  • qui a été imposé politiquement alors que les localisations alternatives - dont la rénovation des prisons de Saint-Gilles et Forest - n’ont pas été étudiées comme l’impose la loi ;
  • qui suppose une dérogation à l’ordonnance nature, la réglementation bruxelloise sensée protéger la nature dans la capitale.

Madame Frémault et le gouvernement, dont les partis sont empêtrés dans les scandales, donnent leur blanc seing à un projet caractérisé par une opacité préoccupante.

Une proposition de résolution est toujours pendante à la Chambre, demandant de faire la lumière sur le financement de cette prison. Les députés de la Commission justice attendent toujours les pièces du dossier qui font défaut.

Une proposition de résolution est toujours pendante au Parlement bruxellois pour s’interroger sur l’utilité de construire cette mégaprison à Haren, sur un site particulièrement problématique, et alors que les coûts pour la région s’annoncent exorbitants. Elle a été mise à l’ordre du jour de mercredi prochain, juste après la délivrance de l’autorisation manquante.

Le gouvernement bruxellois refuse le débat parlementaire démocratique, après avoir évité de prendre en compte les 1.000 réclamations citoyennes adressées à la Commission de concertation, et après avoir occulté tout débat public sur ce projet critiqué de toutes parts. Il décide de délivrer le permis d’environnement pourtant déjà cassé par le Collège de l’environnement.

De nouveaux recours, en suspension et en annulation, seront déposés.

Ce nouveau coup de force d’un gouvernement emmené par des partis politiques empêtrés dans les scandales constitue d’ores-et-déjà le socle d’une mobilisation renouvelée.

Les atteintes à la démocratie et à la participation des citoyens aux décisions qui les concernent au premier chef sont à ce point systématiques qu’une réponse décidée est nécessaire. Nous appelons toutes les organisations citoyennes actives dans la défense du cadre de vie des bruxellois et de la participation citoyenne à se coordonner pour donner une réponse claire à ce gouvernement. Une rencontre sera organisée prochainement.

Contacts :

Laurent Moulin : 0499 030 901

Stephanie Guilmain : 0477 638957

Jean-Baptiste Godinot : 0488 200 175


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