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Communique de presse 15 mars 2016

Mégaprison de Bruxelles / Haren : Errare humanum est, perseverare diabolicum.

mardi 15 mars 2016

Le projet de mégaprison de Bruxelles / Haren est toxique. Il a été bloqué par la société civile. La ville de Bruxelles a refusé de déplacer les sentiers du Keelbeek. Mais il semblerait que des « compensations » aient été obtenues par la ville en échange du déplacement des sentiers. Un marchandage de ce type ne saurait être acceptable.

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Le projet de mégaprison toxique de Bruxelles est à l’arrêt. Les travaux de ce chantier démesuré devaient commencer à l’été 2015, mais l’opposition constante de la société civile a permis jusque-là de maintenir le concept préhistorique de mégaprison dans les cartons. Il ne doit jamais en sortir.

La mégaprison de Bruxelles a été pensée sur un coin de table par des lobbyistes cupides qui voient dans le système pénitentiaire et les prisonniers des sources de profits d’autant plus sûrs qu’ils sont pris en charge par les pouvoirs publics, c’est-à-dire le contribuable. Pourtant les études sont légions qui montrent que plus une prison est grosse, plus elle est chère, plus elle est ingérable, plus elle est inhumaine, plus elle est socialement excluante des détenus, plus elle est criminogène, plus elle génère de récidive.

Ce projet est néfaste en tous points, c’est pourquoi il a été conçu dans l’opacité la plus sombre et avance sournoisement d’ententes secrètes en petits arrangements. Publiquement, personne hormis le ministre de la Justice ne défend encore la mégaprison toxique.

Les gouvernements fédéral, régional et la commune de Bruxelles se piquent d’hériter de ce poison, qu’il regrettent de devoir assumer, par loyauté à leurs prédécesseurs. En réalité, rien ne les y oblige. Les conditions politiques qui prévalaient au moment où ce projet a été pensé, en 2007, sont désormais profondément changées. L’insécurité juridique de ce projet est complète. Et l’on sait que les prisons trop grandes sont des désastres pour les finances, la justice et la société. Accepter ce poison en héritage ne serait pas faire preuve de loyauté, mais d’un coupable aveuglement.
Errare humanum est, perseverare diabolicum.

L’obscur projet de mégaprison fait bruisser les couloirs. Il semble ainsi que les « compensations » chèrement souhaitées par la ville de Bruxelles soient en passe d’être accordées. On se souvient que le conseil communal de Bruxelles avait en effet bloqué à l’unanimité, chose rare, le détournement des sentiers du Keelbeek, bloquant de facto le projet nauséabond de mégaprison. Constatant la vigueur de la mobilisation, la ville avait-elle perçu la facilité à adopter cette posture, qu’elle pourrait abandonner une fois des « compensations » obtenues du fédéral ? On n’ose penser que telle chose soit possible en 2016, à l’heure de nos démocraties renouvelées par l’esprit de bonne gestion.

C’est donc la surprise qui prévaut. Il nous revient en effet que la ville aurait obtenu plusieurs faveurs en échange du déplacement des 3 sentiers pluriséculaires du Keelbeek. Il est question de la propriété du petit château, qui tomberait dans l’escarcelle communale, de la ferme du Castrum, d’un terrain près de la chaussée de Haecht où les Harenois auraient tout le loisir de faire des barbecues sauce pot d’échappement, et enfin une adaptation de la loi organique des CPAS pour éviter que les détenus de la plus grande prison du pays émargent aux oeuvres sociales de la ville d’avance ruinée par le mastodonte de barreaux qui coulera ensuite la région quand les prisons auront été régionalisées.

On n’ose imaginer qu’un dossier aux conséquences si lourdes soit géré de la sorte, à coup de « je te donne ça si tu me rends ça », en dehors de tout débat public, sans fondement légal, à total contresens des principes élémentaires de la bonne gestion. Un marchandage de ce type, à nouveau caractérisé par l’opacité totale, foulant au pied les principes élémentaires de la démocratie et du bien commun, ne saurait-être acceptable.

Qu’il soit clair par ailleurs que d’éventuelles « compensations » entre les élus de différents exécutifs n’ont strictement rien à voir avec des « compensations » qui pourraient être promises à des citoyens bernés par la langue de bois politicienne en échange de la destruction de leur cadre de vie.
Il n’est au demeurant pas possible de compenser la destruction de 19 hectares de terres arables.
Il n’est pas possible de compenser l’enfermement de 1.200 personnes, fous, femmes et jeunes compris, juste à côté de l’aéroport national où la pollution sonore est maximale.
Il n’est pas non plus possible de compenser la ruine du budget de la justice.

Errare humanum est, perseverare diabolicum.

Contacts : Comité de Haren : Laurent Moulin 0499030901 Respire asbl : Jean-Baptiste Godinot


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