Accueil > Documents > Décroissance de la consommation > Dogme de la croissance : hystérie outre-Quiévrain

-= Voir en ligne : Hausse record de la consommation des ménages en février - Le Monde 21 mars 2006 =-

Dogme de la croissance : hystérie outre-Quiévrain

samedi 25 mars 2006

Commentaires introductifs :

"C’est extraordinaire. Cela défie les lois de la gravité. C’est vraiment très fort"... De quoi parle-t-on ici, qui est si extraordinaire ? La croissance de la consommation...

En réalité, la croissance de la consommation ne défie rien du tout, elle est la conséquence logique de la surpression commerciale qui nous est imposée tout le temps et en tout lieu. Elle ne défie pas les lois de la gravité, mais risque bien de nous rappeler brutalement les lois de la thermodynamique. Tout ce que l’on consomme est puisé des ressources de la Terre et transformé en déchet, dans un cycle irréversible. La croissance de la consommation, c’est aussi la décroissance des ressources de la planète et la croissance de la pollution.

"Quand vous regardez les enquêtes de confiance [des ménages] et les sondages [d’opinion], vous en retirez l’impression que les ménages sont vraiment très pessimistes et qu’ils ne sont pas prêts à consommer. Mais c’est exactement ce qu’ils font : ils dépensent. Ils dépensent et ils dépensent encore" souligne David Naude, économiste chez Deutsche Bank.

Les ménages gavés de publicité, de télévision, de supermarchés, de voiture, abrutis de travail répétitif auraient-ils pris le pli ? Je consomme donc je suis ? Je consomme pour ne pas penser ? Je consomme pour oublier ? Je me consomme ?

Il n’est pas exagéré de dire que tout cela ravit les dirigeants. La preuve par l’article suivant, qui par ses excès témoigne du caractère dogmatique et quasi-religieux de l’idéologie de croissance portée ici d’un même mouvement par les décideurs, les pouvoirs financiers et la presse...


Extraits de l’article du journal Le Monde du 21 mars 2006 (nous soulignons) :

(...)

Dans le détail, les dépenses dans le domaine du commerce progressent de 2,2 % (après + 1,2 % en janvier), précise l’Insee dans son communiqué. Les dépenses de consommation en biens durables sont reparties nettement à la hausse en février (+ 2,2 % après - 0,6 % en janvier). Les achats des ménages en automobiles se sont également redressés (+ 1,1 % après - 3,1 % en janvier). Les dépenses en biens d’équipement du logement sont en forte accélération (+ 3,1 % après + 1,1 % en janvier). Les dépenses de consommation en textile-cuir ont été "très dynamiques" (+ 6,3 % après + 1,9 % au mois de janvier), souligne l’Insee.

RECORD HISTORIQUE

Ce niveau de consommation "est tout à fait exceptionnel", c’est "du jamais vu", a commenté le ministre des finances, Thierry Breton, mardi sur Europe 1. "Cela veut dire qu’on atteint un record historique de consommation au mois de février, cela veut dire que non seulement les Français consomment mais aussi qu’il y a plus de Français qui consomment", a-t-il estimé.

Cette hausse de la consommation en produits manufacturés, qui représente environ un quart de la consommation totale des ménages, s’explique, selon M. Breton, par le fait "que nous avons plus de Français aujourd’hui au travail grâce à tout ce qui a été mis en œuvre". "Plus de Français qui travaillent, c’est plus de Français qui consomment et c’est la croissance qui repart", a-t-il conclu, qualifiant ce chiffre de "signe extrêmement fort".

Ce chiffre de 1,8 % est bien meilleur que celui qu’attendaient les économistes, qui tablaient en moyenne sur à peine + 0,1 %. C’est ce que souligne l’économiste Jean-Louis Mourier de l’entreprise d’investissement indépendante et spécialiste des marchés financiers Aurel Leven. "C’est beaucoup plus fort qu’attendu. Cela confirme que la consommation reste le pilier de la croissance française.

(...)

"CELA DÉFIE LES LOIS DE LA GRAVITÉ"

David Naude, économiste chez Deutsche Bank, est également surpris par cette hausse record : "C’est extraordinaire. Cela défie les lois de la gravité. C’est vraiment très fort. Janvier a été revu légèrement en baisse mais février est vraiment très soutenu. Cela peut être lié à un effet ’soldes’, la saison des soldes s’étant prolongée en février cette année, ce qui n’est pas toujours le cas. Quand vous regardez les enquêtes de confiance [des ménages] et les sondages [d’opinion], vous en retirez l’impression que les ménages sont vraiment très pessimistes et qu’ils ne sont pas prêts à consommer. Mais c’est exactement ce qu’ils font : ils dépensent. Ils dépensent et ils dépensent encore."

Il est toutefois encore trop tôt pour en tirer des conclusions sur le niveau de la croissance souligne toutefois Laure Maillard d’IXIS-CIB, la banque d’investissement du groupe Caisse d’épargne : "Une fois de plus la consommation des ménages sera le principal moteur de la croissance au premier trimestre 2006. Toutefois, nous attendrons les chiffres de la production et du commerce extérieur pour réviser notre prévision d’une croissance du PIB de 0,5 % sur le trimestre. En effet, la consommation des ménages en produits manufacturés est tirée par celle des biens durables et des biens d’équipement du logement. Actuellement, ces types de biens sont plus souvent importés que produits par des entreprises françaises. Les dépenses de consommation plus élevées qu’attendu se traduiront par plus d’importations et donc une moindre contribution du commerce extérieur à la croissance."

Avec AFP et Reuters


Suivre la vie du site Articles | Suivre la vie du site breves | Contacts | Confidentialité