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ARGUMENTAIRE CONTRE L’ELEVAGE INDUSTRIEL POUR L’ELEVAGE EN PRAIRIE ET DE PROXIMITE

mercredi 18 novembre 2015


Depuis le milieu de vingtième siècle, la population mondiale a doublé, et la production de viande a quintuplé. Pourquoi ? Était-ce pour répondre à une nécessité ou créer un besoin ? Une chose est sûre, aujourd’hui, un milliard de personnes sont sous-alimentées [1], quand deux autres milliards sont en surpoids ou obèses [2].

Ce n’est pas la production intensive et industrielle de viande qui solutionnera le problème, au contraire. Cette production industrielle, si elle se cache derrière la louable intention de produire une alimentation à bas coût accessible à tous, n’a en réalité qu’un seul but : faire du profit.

A . La catastrophe des usines à viande

Pour atteindre ce but, les producteurs de viande à bas coût construisent des chaînes de production qui appliquent au monde vivant les mêmes principes que dans les chaînes de production industrielles, si bien que nous parlons d’ « usines à viande ».

Elles génèrent :

1. Une nourriture de mauvaise qualité, tant du point de vue goût que de la valeur nutritionnelle, avec une multitude d’effets néfastes sur la santé publique ;

2. Une surexploitation des espaces cultivables avec une perte importante, voire colossale de la biodiversité ;

3. des conditions de vie inacceptables pour les animaux ;

4. Une production importante de gaz à effets de serre

1. Impacts néfastes sur la santé publique :

L’un des problèmes de santé publique les plus graves parmi ceux engendrés par les usines à viande est la présence d’antibiotiques dans la viande.
A l’heure où l’on multiplie les campagnes pour l’utilisation adéquate et parcimonieuse des antibiotiques afin d’éviter le développement de bactéries résistantes et l’inefficacité à terme de ces mêmes antibiotiques, on nous les fait ingurgiter sans aucune précaution, sans discernement, dans la viande que nous consommons.
Certains prétendent que ce ne sont que des résidus, de très petites quantités inoffensives. Mais nous en absorbons sans cesse, et cette répétition pose de sérieuses questions.

Aujourd’hui, l’inefficacité déjà constatée de certains antibiotiques est davantage due aux pratiques néfastes de l’industrie de la viande qu’à un usage médical inapproprié, incorrect ou trop important. Des souches bactériennes résistant aux antibiotiques apparaissent par mutation génétique. Ces souches résistantes se propagent très vite dans le cheptel et se retrouvent dans la viande, dans nos assiettes, comme dans l’environnement immédiat des élevages. Les propriétés acquises par ces bactéries résistantes, rendent inefficaces l’utilisation d’antibiotiques à usage humain. C’est le cas du staphylocoque doré devenu résistant à la méticilline qui est maintenant un des vecteurs dominants de maladies nosocomiales.

2. Impact sur la biodiversité :

a - Cette production industrielle de viande implique en amont une production de céréales et de protéagineux nécessaire au nourrissage. L’argent écrasant l’éthique, on retrouve d’immenses étendues de céréales et de sojas, le plus souvent transgéniques. Ces cultures, impliquent l’utilisation de produits phytosanitaires qui, à ce niveau d’utilisation, doivent être qualifiés de poisons.

L’influence est immédiate sur la flore, une multitude de plantes n’ont plus la possibilité de se développer, et les pesticides influent directement sur la faune. (Ainsi, la population d’abeilles décroît sans cesse, pour atteindre, dans certaines régions, des seuils critiques). Rappelons que les abeilles et les autres insectes qui souffrent des mauvaises pratiques de l’agriculture industrielle sont un vecteur essentiel de la pollinisation et de la biodiversité. La faune, l’homme en fait partie, et les produits utilisés ont un impact direct sur sa santé, qu’il soit consommateur ou pire, agriculteur.

b - La destruction des sols cultivables - il s’agit bien de destruction et pas de pollution - est le résultat non seulement de l’utilisation des produits chimiques (désherbants, pesticides, engrais), mais aussi des techniques utilisées, (labours profonds et utilisation d’engins de plus en plus lourds) [3].

c - Cette destruction entraîne la recherche de nouveaux sols à exploiter. Des organisations qui spéculent sur le sol privé pratiquent la course à l’accaparement des terres, et ainsi de très nombreux paysans se trouvent privés d’un accès à la terre qui leur est vital. L’accaparement de ces espaces provient de pratiques destructrices comme la déforestation à outrance et entraîne la destruction d’un biotope particulier et de la faune qui y est rattachée. Cette déforestation aboutit - et ce point est capital - à la disparition d’un espace de stockage du CO2 des plus importants.

3. Condition de vie des animaux

La production industrielle de viande induit directement, pour les animaux, des conditions d’existence inacceptables :

– Concentration sur des espaces réduits d’une quantité d’animaux qui les empêche de se mouvoir normalement ;
– Concentration dans des endroits clos qui les prive de lumière naturelle nécessaire à leur bien-être ;
– Obligation d’usage d’antibiotiques afin d’éviter une mortalité importante ;
– Destruction pure et simple à la naissance, d’animaux considérés non rentables (poussin mâles pour les poules pondeuses, porcelets surnuméraires, etc.) ;
– Pour les poules pondeuses, destruction pure et simple des animaux en fin de production ;
– Cette liste n’est pas exhaustive.

4. Une production importante de gaz à effet de serre

Selon la FAO, l’élevage est considéré comme la deuxième source de production des gaz à effet de serre (18 %). Ces GES sont dus à :

– l’élevage lui-même : production des émissions de méthane (35 à 40 %)
– la déforestation : suppression de puits de carbone
– les méthodes de culture et d’élevage :
– le labourage (les sols contiennent de grandes quantités de carbone relâchées dans l’atmosphère par un labour profond et intensif.),
– la production de pesticides et d’engrais grosse consommatrice d’énergie,
– la sur-mécanisation, nécessitée par les techniques destructrices utilisées,
– le transport d’aliments produits à l’autre bout de monde.

Ces facteurs démontrent à quel point les usines à viande sont un facteur majeur de production des gaz à effet de serre.

Et la production massive de ces GES est à l’origine de graves changements climatiques, provoquant la fonte des glaciers, la hausse du niveau des océans, de nombreuses catastrophes naturelles (telles que inondations, ouragans, tempêtes) la diminution de la couche d’ozone et une désertification croissante.

B. La solution simple et saine : l’élevage de proximité en prairie

La solution à toutes ces dérives est très simple, c’est le retour à un élevage en prairie, un élevage lié au sol, un élevage à taille humaine et de proximité.

Ce type d’élevage respecte l’animal, respecte l’environnement, respecte l’homme.

Les problèmes liés à la pollution des sols disparaît, les cheptels sont liés aux surfaces, et les effluents d’élevage redeviennent ce qu’ils auraient dû rester, un amendement et un fertilisant, ils ne sont plus un polluant.

L’usage des antibiotiques est réduit au curatif (oui, il arrive à un animal d’être malade), le préventif aveugle et tous les excès qu’il entraîne, sont oubliés.

L’élevage étant lié à l’espace au sol, il entretient les prairies et ne nécessite plus la surexploitation de terres à l’autre bout de la planète, privant trop souvent les habitants du lieu de leurs moyens de subsistance. La déforestation devient sans objet.

L’élevage à l’échelle humaine et locale, ne crée pas de déséquilibre à l’échelle de la planète, il redevient un élément d’équilibre, source d’un revenu équitable pour celui qui le pratique et point non négligeable, source d’emploi.

Il n’est plus à l’origine des changements climatiques désastreux pour la planète et l’humain.

C. Agissons : boycottons les usines à viande, choisissons l’élevage en prairie de proximité.

La production de viande industrielle est une catastrophe. Nous ne voulons pas y participer, en consommant cette nourriture qui est mauvaise, pour l’animal, pour le producteur, pour le consommateur et pour la planète. Que faire ?

Il est possible d’agir de manière simple et efficace :

1. En refusant systématiquement de manger de la viande industrielle : boycottons les usines à viande ;

2. En mangeant moins de viande, c’est meilleur pour la santé, c’est bon pour l’environnement, pour les animaux et en faveur de l’élevage paysan.

3. En se tournant vers les producteurs locaux qui pratiquent l’élevage en prairie.

Le changement de comportement de chacun d’entre nous, à une échelle individuelle, n’a que peu d’influence ; Par contre, par contagion culturelle, il peut avoir un effet majeur sur le réchauffement climatique, sur le bien-être des populations mises à l’écart au seul profit de l’industrie à viande, sur l’équilibre de la planète.

Prenons donc notre part dans ce combat, nous le devons, à nous, à nos enfants et à la terre qui est notre maison.

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Cet argumentaire est soutenu par dix associations qui lancent une campagne permanente de boycott des élevages industriels :

-  le Groupe de Réflexion et d’Action pour une Politique Ecologique (Grappe asbl)
-  Wasabi asbl (Walcourt-Alternatives soutenables - Avenir – Bien-être – Identité)
-  Respire asbl
-  VaVea semeurs de possibles asbl
-  le Mouvement d’action paysanne (MAP)
-  Rencontres des continents (RDC asbl)
-  le Réseau des gasaps, asbl
-  TerreMaCulture asbl
-  éco-Vie asbl
-  Vegetik asbl

Ces associations invitent toute autre association désireuse à participer à cette campagne en soutenant cet argumentaire, à tenir au courant les dix associations initiatrices d’actions de sensibilisation visant à promouvoir l’élevage de proximité et en prairie, à initier des actions de boycott des élevages industriels.

Pour plus d’informations, visitez le site :

www.usinesaviandestop.be

Notes

[1htttp ://www.fao.org/hunger/fr/

[3Pour vous en convaincre si ce n’est pas encore le cas, vous pouvez vous référer aux travaux de Claude et Lydia Bourguignon sur la micro-biologie des sols.


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