-= Voir en ligne : Le PIB : cache-sexe d’une économie déshumanisante =-
(Issu du site Internet d’Inter Environnement Wallonie)
dimanche 28 septembre 2008Inter Environnement Wallonie (IEW) propose sur son site un texte explicatif aisé à comprendre sur ce qu’est la croissance économique, quelles sont ses limites et sur sa remise en question.
En voici quelques extraits :
Le PIB : cache-sexe d’une économie déshumanisante
Panique à bord. « Le pouvoir d’achat diminue », « l’indice de confiance des consommateurs est au plus bas », « la croissance est en recul, et n’atteint pas les chiffres escomptés ». Ces messages, nous les entendons, lisons à longueur de journées et d’années. Et avec l’augmentation du prix de l’énergie et des produits de première nécessité, la litanie n’est pas prête de s’arrêter... Derrière ces déclarations se cachent une peur viscérale : le recul du Produit intérieur brut ou PIB. Ce fameux indicateur économique, porté aux nues par tous se révèle pourtant bien limité au regard des enjeux sociaux et environnementaux actuels...
(...)
Aucune considération qualitative quant à l’effet positif ou négatif de ces productions n’est effectuée. La reconstruction d’un pays après une guerre, un tremblement de terre est comptabilisée positivement par le PIB. Tout comme l’accident de voiture de Monsieur « économicus », les dégâts des eaux survenus dans sa maison, le cambriolage dont il a été victime, puisque pour restaurer, remplacer tous ses biens, il a dû dépenser une somme d’argent considérable. Pas sûr pourtant que son bien-être ait été amélioré… Aux USA, plus de la moitié du PIB est ainsi liée à des coûts de réparation ou à la destruction irréversible de certaines ressources dont l’épuisement est compté positivement !
Autre défaut majeur du PIB : il ne comptabilise pas ce qui n’est pas chiffrable comme le bénévolat, les tâches ménagères, les actes de gratuité, la naissance d’un être humain, etc. ... autant d’éléments pourtant d’une richesse incontestable pour l’Humain. (...)
Il n’est pas un bon indicateur de bien-être pour notre société comme nombre d’économistes l’affirment pourtant encore. Depuis les années 70, alors que le PIB continue d’augmenter, la « satisfaction de vie » des occidentaux stagne voire même décroît, notamment en Belgique , indiquant ainsi un découplage du bien-être et de la croissance économique. Dans le même ordre d’idée, la croissance des antidépresseurs montre une évolution parallèle à celle du PIB.
(...)
Pour des raisons évidentes de limitations des ressources et de finitude du monde, la croissance (et donc le PIB) telle que calculée aujourd’hui est insoutenable et nuisible. « La croissance économique, telle que nous la connaissons aujourd’hui et depuis deux siècles, se nourrit de la substitution de machines au travail humain et animal. Les machines fonctionnent largement grâce aux combustibles fossiles. Or le coût de l’énergie fossile augmente, et le recyclage est extrêmement gourmand en énergie, ce qui accentue le problème [1]. Ce schéma de croissance n’est pas soutenable. »
Sortir de l’économisme à tout crin Comme le souligne Christian Coméliau, nous sommes aujourd’hui braqués sur le compteur kilométrique de notre véhicule (la croissance) en essayant de maximiser notre vitesse plutôt que de réfléchir à l’endroit où nous voulons aller. Quelle société voulons-nous ? Il est urgent d’instaurer un débat démocratique sur cette question fondamentale, de définir une vision commune du futur. L’économie ne peut plus être considéré comme une fin en soi mais doit aider –si besoin est- à servir les objectifs environnementaux et sociaux que l’on s’est fixé. Il est grand temps de sortir de l’économisme à tout crin, du culte de la croissance. Pour réenchanter le monde.
[1] Note de Respire. Il y a risque de confusion sur cette phrase. Le recyclage n’est pas LA solution : il permet juste de diminuer l’exploitation de certaines ressources naturelles et la quantité de déchets envoyés en décharge ou dans des incinérateurs. Il est par contre impossible de tout recyler et ce le sera d’autant moins si la quantité de déchets et le coût de l’énergie augmentent. Une meilleure solution est l’application du principe des trois R : « Réduire, Réutiliser, Recycler », où « Recycler » est en dernière position, lorsque la réduction et le réemploi n’ont pas été possibles.