Accueil > Documents > Décroissance de la consommation > Réflexions autour de la décroissance de la consommation > Crise : sortir de l’économisme pour éviter l’effondrement

Crise : sortir de l’économisme pour éviter l’effondrement

jeudi 30 octobre 2008

Les premiers étages du château de carte économique tombent. C’est la crise ! Une crise financière nous dit-on, qui voit l’autorégulation imposée par les marchés à des gouvernements dociles arriver à son terme logique : celui de l’implosion de l’économie des spéculateurs hors-sol et le paiement de l’ardoise par les contribuables.

Du point de vue social, l’arnaque est complète. Il y aurait bien une autre solution qui consisterait à aller chercher l’argent là où il est, c’est-à-dire sur les comptes bancaires – souvent hébergés dans les paradis fiscaux à n’en pas douter – de ceux qui ont engrangés de sombres profits en vendant des titres pourris et des crédits faciles. Ce ne serait que justice, c’est-à-dire aussi que cela reviendrait à réellement attaquer la base du capitalisme, ce que les gouvernements qui crient au scandale sont très loin d’envisager.

L’hypocrisie des grands argentiers ne connaît pas la crise, eux qui annoncent que le marché incontrôlé, c’est fini, et qu’une nouvelle régulation est nécessaire. Que proposent-ils ? Rien pour l’instant, sauf l’ouverture de lignes de crédits de taille inédite, sur le compte de ceux qui sont le moins responsables de cette crise des vautours et qui pèsent d’ores et déjà comme épée de Damoclès sur les générations à venir. En effet, en engageant massivement l’argent public dans des institutions devenues instables sans en prendre le contrôle, c’est-à-dire en les laissant soumises à la logique qui les a menées là où elles en sont aujourd’hui, l’Etat se met la corde au cou et fait porter le risque à ceux qui suivent.
Peut-être l’avez-vous remarqué, c’est là une habitude de la génération aux commandes de vivre à crédit et de puiser dans le capital (environnemental, économique) des générations de demain. Il semble d’ailleurs que ces hommes et femmes politiques soient dans l’incapacité complète de trouver une solution à la crise à laquelle nous sommes confrontés, tant ils sont profondément embourbés dans l’ornière économiste creusée par un brainwashing idéologique historique qui présente le capitalisme comme l’expression même de la liberté et de la prospérité, et « la croissance » comme la condition autant que la preuve du « progrès ».
Les premiers étages de l’édifice s’effondrent, les élus proposent plâtres et poutrelles, rustines et pansements, alors qu’il faut changer de maison.

Nous pensons qu’il n’y a pas de solution à cette crise dans le système actuel, parce que c’est la logique-même de l’économisme actuel qui est l’origine de la crise. Celle-ci n’est pas une grippe passagère qu’un corps sain aurait contractée mais une première expression de l’échec d’un ectoplasme dangereux, d’une logique dévastatrice sans avenir. Cette logique est celle de la croissance infinie, nourrie par un productivisme aveugle [1]. Mais revenons sur la crise et sa description unidimensionnelle actuelle.

La lorgnette de l’idéologie économiste

Que ce soit dans le chef des économistes, des politiques ou des éditorialistes de tous bords, cette crise est appréhendée presque exclusivement dans le paradigme économiste, c’est-à-dire qu’elle est présentée comme la résultante de forces, causes et facteurs qui sont d’ordre uniquement économiques et financiers. La banque saute ? C’est un problème de banquiers, nous dit-on.

Certainement, mais pas seulement. La banque et ses acteurs ont certes joué un rôle particulier dans cette affaire, en tant qu’instigateurs, architectes et champions d’un système dangereux. Pour autant, réduire la crise à sa dimension bancaire revient selon nous à faire une erreur d’analyse et d’attribution qui témoigne bien de la crise culturelle à laquelle nous sommes confrontés, qui est aussi une crise conceptuelle : notre capacité à nous représenter le monde est hachée menu à la moulinette de l’utilitarisme économiste à court terme. Tout est regardé par la lorgnette déformante de l’économisme qui nous empêche de voir plus large et de considérer les différentes forces à l’œuvre dans cette crise, sans les réduire à une seule dimension, et sans éluder celles qui passent mal dans la lorgnette économiste.

Revenons rapidement sur l’enchaînement de faits présentés comme causal dans la sphère médiatico-politique.
Cette crise trouverait son origine dans celle des subprimes, ces crédits à taux variables États-Uniens qui se sont multipliés au cours des dernières années. Ce type de crédit est venu alimenter une bulle immobilière qui avait commencé à gonfler dans les années 1990, pour imploser en 2006. La bulle a crevé après que la banque centrale américaine (la FED) ait rehaussé ses taux directeurs à partir de 2005 [2], hausse répercutée sur les taux d’emprunts des crédits subprimes qui devenaient du coup impayables [3]. Des millions d’Américains désormais insolvables et ruinés se sont retrouvés à la rue, les agences et les banques qui avaient avancé l’argent déposaient le bilan.

La rupture de cette bulle immobilière a ensuite entraîné des dépréciations massives dans l’ensemble du secteur financier, le risque que représentent les crédits subprimes ayant été dilué dans des titres incompréhensibles répandus dans toutes les institutions financières ou presque. Depuis, les dominos tombent comme en cascade et le risque d’un emballement qui mènerait à l’effondrement du château de cartes n’est pas exclu malgré les milliards de dollars et d’euros « empruntés » aux générations futures par les gouvernements pour éponger les dettes des spéculateurs.

La crise des subprimes États-Uniens serait donc l’aiguille qui en rompant la bulle spéculative de l’immobilier aurait entraîné la finance mondiale dans la débâcle. La financiarisation et la diffusion de risques incontrôlés à toute l’économie est avancée comme cause principale de la faillite d’un système de Bretton Woods trop dérégulé.

Pourtant, il semble bien que l’une des causes principales de cette crise soit passée sous silence, entretenant une erreur d’attribution partielle. Si vous n’attribuez pas les bonnes causes aux effets constatés, vous comprenez mal ou pas du tout le phénomène observé et, surtout, vous êtes dans l’incapacité de trouver des solutions appropriées pour vous dégager de la situation problématique. Est-on dans ce cas avec la crise financière ?

Le sang de l’économie, c’est le pétrole, pas le dollar !

L’explication économiste de la crise fait l’impasse sur certaines conditions de son émergence. L’implosion de la bulle immobilière en serait le déclencheur, mais qu’est-ce qui a permis l’apparition de cette bulle ? Comment en effet a-t-il été possible que les ménages américains s’endettent à l’excès pour acheter des maisons à crédits impossibles ? Bref, quels sont les principaux traits de la genèse de la crise des subprimes, pourquoi la banque centrale américaine (FED) a-t-elle revu soudainement ses taux à la hausse ?

Michael Klare est l’un des très peu nombreux analystes à avoir souligné le rôle crucial du pétrole dans l’apparition et l’éclatement de la bulle immobilière états-unienne [4].
Comme il l’explique, avec un prix du pétrole bas, les ménages pouvaient acheter de gros 4x4 comme dans la pub et aller s’endetter dans des maisons 4 façades chauffées au fioul à plusieurs dizaines de kilomètres de leur lieu de travail sans que leur portefeuille n’en souffre trop.

Cela était possible en 1998, alors que le prix du baril avoisinait les 10 dollars. Ca ne l’était plus en 2006, quand il franchissait 70 dollars [5], soit une augmentation de l’ordre de 700 % en 8 ans !
L’augmentation significative des prix à la pompe d’une part, et la dépendance accrue des US au pétrole importé (la production intérieure chute de 22% entre janvier 1996 et janvier 2006, les importations augmentent de 45% dans la même période alors que les prix explosent [6]) ont eu un double effet : sur le niveau de consommation d’une part et sur la balance commerciale de l’Etat d’autre part. Pour contrer la pression inflationniste et l’affaiblissement du dollar qu’impliquait en premier lieu la forte augmentation des prix du pétrole, la FED augmentait ses taux [7]… ce qui accélérait l’explosion de la bulle spéculative immobilière.

La crise actuelle a donc été engendrée à la fois par un système financier déséquilibré et instable qui repose sur une économie alimentée par le surendettement ET par la surconsommation d’énergie peu chère. Lorsque l’énergie a commencé à devenir plus chère, toute la structure a tremblé et a fait flancher les conditions de permanence de ce système bancal.

Aux causes économiques et financières, il est donc nécessaire d’ajouter le rôle crucial de l’augmentation du prix du pétrole comme facteur décisif de la crise financière.

Comment la multiplication des prix du brut par plus de 10 en 10 ans aurait-elle pu ne pas avoir de lourdes conséquences sur l’économie qui repose sur un appareil de production presque tout entier dépendant de l’énergie peu chère ? Il faut toute l’étroitesse de la lorgnette économiste pour que ce facteur ne soit toujours pas au centre des préoccupations des argentiers aux commandes.

Crise financière : l’après-pétrole frappe à la porte occidentale

L’économisme actuel continue largement de vivre avec la croyance que les réserves de pétrole sont inépuisables, ou dans ses versions améliorées, qu’il reste au moins 40 ans de pétrole (sous-entendu "bon marché"), ou encore que la technologie permettra de toute façon de trouver un substitut au pétrole et que l’économie ne manquera donc jamais de carburant. Toutes ces hypothèses ont été battues en brèche depuis bien longtemps [8], mais l’économisme, idéologie de la lorgnette, reste illusionné par lui-même.

L’économisme hors-sol ne parvient pas à intégrer la réalité de sa fondation matérielle : le pétrole n’est pas uniquement une valeur spéculative, c’est avant tout de la matière, fossile [9].
C’est cette matérialité de la principale source d’énergie au monde qui fait que l’augmentation des prix du pétrole n’est pas conjoncturelle, mais structurelle. Nous sommes en effet aujourd’hui à un moment charnière dans l’histoire du développement des sociétés industrielles, qui voient simultanément l’offre mondiale de brut atteindre son maximum et entrer dans une phase irréversible de déclin (le pic du pétrole [10]), alors même que la demande mondiale explose, sous la pression des pays occidentaux complètement dépendants du brut et des nouveaux marchés géants (Inde, Chine, Brésil, etc.) dont la consommation de brut augmente fortement.

La forte volatilité des prix du brut observée depuis quelques mois n’est pas le signal que l’augmentation des prix du brut n’était que la conséquence de la spéculation. Les jeux boursiers comptent bien entendu dans la composition du prix du baril - l’or noir est une valeur refuge quand la bourse baisse. Les décisions de l’OPEP concernant les niveaux de production influent aussi sur les cours. Mais la baisse s’explique également par la destruction de la demande qu’implique le prix du pétrole cher : lorsque le prix à la pompe monte fortement, les consommateurs consomment moins, la demande diminue et les prix baissent à nouveau. Quand les investissements repartent à la hausse, les prix du brut remontent, captant une partie de la spéculation financière, jusqu’à ce qu’à nouveau les consommateurs ne puissent plus suivre [11]. Certains utilisateurs de la lorgnette réfutent la réalité de l’élasticité de la demande de pétrole, confondant avec la réalité leurs revendication d’un « droit à l’énergie peu chère » pour certains, et leurs illusions sur les « capacités d’adaptation de l’économie » pour d’autres. Les faits, toujours les faits, leur donnent pourtant tort.

Le yo-yo pétrolier ainsi généré va probablement se poursuivre [12] jusqu’à ce que la différence entre l’offre et la demande de brut devienne telle que les prix monteront pour atteindre des sommets qui auraient dû être le prix initial de cette ressource extrêmement précieuse qu’est l’or noir, molécule de chimie fine, rare qui ne devrait pas être brûlée dans des moteurs polluants à un rythme frénétique et dans des quantités telles que nous sommes en train de dérégler gravement le climat.

Le pétrole est le sang de l’économie de croissance. L’imminence du pic du pétrole, c’est-à-dire en quelque sorte la fin de la perfusion énergétique, rend irréaliste la poursuite de « la croissance » infinie et du productivisme. Ainsi que le dit l’adage attribué à Kenneth Boulding : « Toute personne croyant qu’une croissance exponentielle peut durer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste ». La décroissance de la production pétrolière va mettre un terme à l’économie capitaliste de croissance.

D’ores et déjà, l’économie mondialisée est en train d’entrer en récession car elle est incapable de poursuivre l’accélération des activités économiques monétarisées avec un pétrole qui devient plus rare donc plus cher et dont elle est presque entièrement dépendante. La crise financière actuelle qui accompagne autant qu’elle renforce le ralentissement économique, peut être considérée comme une première conséquence du pic du pétrole ressentie en occident [13]. Il est d’ailleurs significatif qu’elle soit partie des États-Unis, pays à la tête de la spéculation financière mondiale, ancien exportateur de pétrole et désormais importateur majeur de brut. L’American dream n’a pas pu empêcher l’arrivée du pic de pétrole états-unien observé en 1970 malgré les pronostics optimistes d’innombrables experts à lorgnette. Le rêve consumériste commence à faire place à la réalité des bornes de la planète.

La base, c’est-à-dire les fondements géologiques, matériels, de l’économie, a tremblé et les étages les plus fragiles de l’édifice financier sont en train de tomber. Avec le tarissement progressif (quel sera le rythme de la déplétion pétrolière ?) des ressources accessibles de pétrole, cette base va se dérober sous nos pieds. C’est la raison pour laquelle il est urgent de sortir de la maison vacillante du capitalisme de croissance.

Sortir de l’économisme de croissance, redescendre sur Terre

Cette crise financière est un signal. Elle témoigne plus largement de la crise majeure dans laquelle nous entrons, qui est une crise de la culture. Nous nous berçons encore de l’illusion de représentations du monde et d’une conception de l’ordre des choses dans lesquelles l’Homme est extérieur et supérieur à la nature. En réalité, l’activité humaine est toute entière incluse dans la nature, et l’Homme n’a pas d’autre alternative que de s’adapter aux limites de la Terre sans laquelle il ne peut rien.

Il n’y a pas de solution à cette crise dans les mesurettes capitalistes de prolongation que les gouvernements avancent pour l’instant à grand renfort de communication. La crise économique trouve son origine dans l’irréalisme matériel de l’économisme, idéologie de lorgnette à vue étroite et sans avenir. Les solutions à la crise financière ne sont pas tant à chercher dans l’ordre financier que dans notre rapport à l’autre et à la nature.
C’est l’organisation productiviste de nos sociétés qu’il faut d’urgence bouleverser, pour remettre l’homme et la nature au centre d’une économie qui ne peut plus être organisée autour du principe stupide et dévastateur de la « croissance » économique infinie, lequel implique matériellement la croissance de la pollution et la décroissance des ressources naturelles.

Une multitude de solutions existent pour éviter le pire. L’équation qui permet de réconcilier justice sociale et préservation de la nature passe nécessairement par la décroissance de la consommation – pour ceux qui en consomment plus que de raison - des ressources naturelles non renouvelables, au premier rang desquelles figure le pétrole.

Les écologistes véritables des années 60 et 70 l’avaient bien vu : la logique de « la croissance » instituée en principe directeur d’une économie coupée de la réalité matérielle du monde est une impasse [14]. La fin de la croissance, dans une « société de croissance », c’est la récession. Nous y sommes. Saura-t-on entendre ces mêmes écologistes qui prédisaient que si les sociétés productivistes ne sont pas capables de se ressaisir et de revenir de leurs illusions de domination et de contrôle, après la récession, elles ne peuvent que s’effondrer socialement en dévastant l’environnement grâce auquel elles existent ?

L’orgie capitaliste s’achève avec l’avènement de l’ère de l’après-pétrole. Parmi les voies qui s’ouvrent à nous, deux s’opposent et vont appeler un choix dans les années à venir. La première voie, vers laquelle nous poussent les puissances de l’argent et de la lorgnette, est celle de la fuite en avant dans une croissance continuée par des moyens toujours plus dévastateurs, socialement et écologiquement. Pour tenter d’alimenter le système exsangue, les gouvernements investissent notamment dans le charbon, ce qui fait exploser l’équilibre climatique. La raréfaction des ressources naturelles (dont l’eau) donne lieu à des guerres d’accès et à l’aggravation des inégalités sociales que l’État gère par un contrôle liberticide accru.

Une autre voie possible, bien plus simple et heureuse mais à rebours de l’orientation de notre culture façonnée par des siècles d’histoire, consiste à sortir de l’idéologie de « la croissance » économique et de l’accumulation matérielle. Conscients notamment que les réserves de pétrole s’épuisent et qu’il est impératif de stopper le bouleversement climatique et la destruction de la Terre, les gouvernements choisissent la direction de la solidarité et d’une économie de la sobriété – qui vont de pair.

La fin du capitalisme de croissance peut être une chance pour tous car elle ouvre de nouvelles potentialités. Des solutions véritables pour sortir de l’ornière productiviste et en premier lieu de la dépendance énergétique existent déjà, elles sont connues et peuvent être empruntées dès aujourd’hui : pensons par exemple au « scénario négawatt » [15], au développement des énergies renouvelables, des transports doux et publics, à l’isolation des habitats qui peut être financée par le système du tiers-payant, à l’agriculture de type biologique qui est infiniment moins énergivore que l’agriculture intensive et pourvoyeuse de santé et d’emplois de qualité, etc.
Une multitude de solutions praticables et d’ailleurs déjà pratiquées sont connues. D’autres restent à découvrir.

Choisir cette direction demande du courage politique, c’est-à-dire aussi la mobilisation des citoyens car sans eux, la lorgnette continuera sans aucun doute à guider les gouvernements. L’époque qui s’ouvre s’annonce passionnante mais aussi pleine d’un risque nouveau, quasi-ontologique. L’urgence est à la fin du con-sumérisme.

Jean-Baptiste Godinot, 15 octobre 2008

Notes

[1Ce productivisme peut être « de droite » aussi bien que « de gauche », auquel cas il prend alors le nom de socialisme ou de communisme.

[2Ils étaient passés des 5% à moins de 2% en 2001, après la crise de 2000/2001 qui avait vu les bourses chuter.

[3D’autant que dans le même mouvement, la valeur d’un nombre croissant d’habitations hypothéquées (qui constituent la base de financement de ces crédits) était revue à la baisse. Pour une analyse détaillée des facteurs économiques de la crise des subprimes, voir par exemple : « The Rise and Fall of Subprime Mortgages », by Danielle DiMartino and John V. Duca, in Economic Letter—Insights from the Federal Reserve Bank of Dallas. Vol. 2, No. 11, November 2007. Accessible à l’adresse : http://www.dallasfed.org/research/e....

[4« Something Had to Give. How Oil Burst the American Bubble », Michael T. Klare, January 31st, 2008 - http://www.tomdispatch.com/post/174888. Traduction française : « USA : Comment le pétrole a fait éclater la bulle », accessible sur http://contreinfo.info . Voir également l’article prémonitoire de Feldstein, Martin : "America Will Fall Harder if Oil Prices Rise Again." The Financial Times (2006 Feb 3).

[5Et dépassait 140 dollars cet été. Source : Energy Information Administration (USA). http://tonto.eia.doe.gov/dnav/pet/h....

[6« Observons ceci : en 1998, les USA dépensaient approximativement 45 milliards de dollars pour leurs importations de pétrole. En 2007, cette facture atteint vraisemblablement 400 milliards ou plus. » Klare, op cit.

[7Voir les craintes des observateurs en 2006, par exemple dans “Oil Prices and Interest Rates Cause Modest Rally to Fade”, THE ASSOCIATED PRESS, New York Times, march 14, 2006.

[8Voir les travaux de l’Associations des Scientifiques pour l’étude du Pic du pétrole et du gaz. En Belgique : www.aspo.be.

[9« Matter matters, too », disait N. Goergescu-Roegen. La Décroissance, Entropie, Ecologie, Economie (traduction J. Grinevald et I. Rens) Sang de la terre, 1972, rééd. 2004, 2006.

[10Voir le rapport de Patrick Brocorens : « Pic du pétrole et pic du gaz » février 2007, sur www.aspo.be.

[11Pour une analyse de la fixation du « prix d’équilibre du pétrole », voir par exemple l’analyse de l’Institut français du pétrole : « L’offre et la demande pétrolière », in Panorama 2008, IFP, www.ifp.fr.

[12Le ralentissement économique entraîné par « la crise » implique lui aussi une destruction de la demande de pétrole due à la diminution de la consommation. C’est un effet d’approfondissement du yo-yo et un risque majeur dans la mesure où cela retarde la survenue du dépassement de la demande de pétrole par rapport à l’offre tout en réduisant fortement les facilités d’investissements de l’Etat dans une économie décarbonnée. « Le pétrole repart à la baisse sur fond d’inquiétudes pour la demande », 21 octobre 2008, Les Echos, www.lesechos.fr.

[13Une première conséquence pour nous, habitants des pays riches, car des millions de personnes sont déjà dans ou au bord de la misère et de la famine suite à l’élévation des cours du pétrole qui résulte de notre brutophagie.

[14Par exemple, André Gorz, Écologie et liberté, Galilée, 1977


Suivre la vie du site Articles | Suivre la vie du site breves | Contacts | Confidentialité