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« La pub auto est contraire à la loi » - Le Soir, 10 mars 2010

mercredi 10 mars 2010

Dans son édition du 10 mars 2010, Le Soir fait sa « Une » sur la pub auto illégale. Nous reproduisons ci-dessous le chapeau et un entretien avec le député Jean Cornil, initiateur des deux propositions de loi qui font l’objet de cette rubrique.

La pub auto est contraire à la loi, Le Soir, mercredi 10 mars 2010 :

Les publicités pour les automobiles contreviennent à la loi belge et même au code de bonne conduite édicté par les constructeurs. Mais ni le « Jury d’éthique publicitaire » (JEP) ni l’administration des Affaires économiques n’ont l’intention d’y mettre bon ordre !
Telle est la conclusion du cheminement de plus de 200 plaintes qui ont été déposées auprès du JEP au cours du mois de janvier dernier. Ce dossier, dont Le Soir a pu prendre connaissance, a été communiqué aux parlementaires fédéraux qui, ce mercredi, examinent deux propositions visant à mieux encadrer la pub pour les autos.
De quoi parle-t-on ? En fait, les informations sur la consommation de carburant et sur les émissions de CO2 doivent être bien plus lisibles et plus grandes, un peu, toutes proportions gardées, comme sur les paquets de cigarettes.
Et donc, deux propositions soumises par le député Jean Cornil (PS) visent à mettre un peu d’ordre dans tout cela.

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Entretien :
Jean Cornil (PS) : une question éthique

Le député PS Jean Cornil a déposé deux propositions de loi visant à réglementer la publicité pour les automobiles.

Pourquoi légiférer ?
Il est un peu absurde de tenir de grands discours sur l’environnement, la pollution, la santé, et d’autoriser la publicité pour les voitures les plus polluantes. Ma proposition qui encadre le message publicitaire vise à ce que les indications sur les émissions de CO2 soient suffisamment grandes et les explications suffisamment didactiques pour que le consommateur – qui se pose de plus en plus de questions – sache le degré de pollution du véhicule qu’il compte acheter. Ensuite, c’est à lui de faire usage de son sens civique. Je suis persuadé que, mieux informés, les gens adapteront leur comportement.

La loi actuelle est insuffisante ?
Totalement. Les dispositions sont trop faibles et elles ne sont pas respectées. Par ailleurs, les différents agents compétents pour entamer des poursuites ne le font pas ; je le regrette. Enfin, l’autorégulation ne marche pas. Il est indispensable d’établir une norme. Une loi dont l’effectivité serait plus grande.

Vous menacez les secteurs de la pub et de l’auto ?
Pas du tout. Ma démarche n’est pas révolutionnaire. Elle vise à donner des armes à l’État. L’idée n’est pas de saccager l’industrie ou le monde des annonceurs. Ma proposition ne comporte aucun danger à cet égard. En revanche, je veux créer un débat sur une publicité plus conforme aux grands objectifs politiques et sociétaux d’aujourd’hui. Il faut poser la question de la contradiction entre les objectifs du gouvernement et de la société et le fait de continuer à favoriser des modes de consommation contraires à l’intérêt général. C’est une question éthique.