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"Déséconomiser nos sociétés"

entretien avec Paul Ariès, La Libre, 22 juin 2010

vendredi 25 juin 2010

Paul Ariès est l’un des porte-parole du mouvement des “objecteurs de croissance”. Leur slogan phare : “Moins de biens plus de liens”.

Extraits :

Dès les premières pages de votre livre, vous attaquez de plein front le concept de développement durable. Pourquoi ?

Parce que le développement durable est un oxymore. Il laisse croire qu’on a trouvé la solution pour sauver la planète et qu’il pourrait y avoir une possibilité de développement infini sur une planète finie. Pour nous, objecteurs de croissance, c’est une vraie ligne de démarcation.

(…)

Vous parlez de trois démarches distinctes : individuelle, collective et politique. Au niveau individuel, vous plaidez pour la simplicité volontaire. Qu’est-ce que c’est ?

Je crois que la simplicité volontaire, c’est avant tout vivre chacun selon nos propres valeurs. S’efforcer de ne pas être un forçat du travail et de la consommation. Pour certains ça va signifier ne pas avoir de voiture, ne pas avoir de téléphone portable, choisir de travailler à temps partiel

Tout ce que l’on peut faire à son niveau individuel est essentiel parce que dans les cultures de gauche, on avait tendance à renvoyer le changement de nos modes de vie au lendemain du "grand soir". Or c’est maintenant qu’il faut réenchanter le monde. En même temps, c’est insuffisant si les logiques dominantes restent en place. Et il faut veiller à ne pas sombrer dans un discours moraliste, car on ne changera pas la société en culpabilisant les gens mais en donnant envie et en suscitant le désir. D’où la nécessité des deux autres niveaux d’action : le collectif, et le politique, qui interfèrent avec la question du désir.

En créant un parti politique ?

Non. L’objectif n’est pas de créer un parti mais plutôt une maison commune des objecteurs de croissance. Une maison ouverte aux quatre vents : le ralentissement, la relocalisation, le partage et le "prendre soin contre la société du mépris". Cette maison devrait être prête pour 2012 pour faire campagne, sans forcément présenter un candidat aux élections présidentielles. La décroissance est en train de devenir un mouvement culturel mais ce mouvement culturel souffre encore d’une absence de traduction politique.

(…)

Est-ce que vos idées progressent dans la société ?

La décroissance est un mouvement relativement récent mais qui, en dix ans est devenu un mouvement culturel. Aujourd’hui, nos adversaires politiques se sentent tous obligés de se positionner par rapport à nous. Ce mouvement culturel est relayé par un certain nombre d’expériences, comme le retour du mouvement coopératif de production, de consommation, d’habitation La grande question est désormais celle de la traduction politique. Politiser des choses qui apparaissaient jusqu’à présent comme non-politiques : la vitesse, le territoire ou le prendre soin.

Lire l’article dans son entièreté en ligne sur le site de La Libre.


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