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Pétrole et gaz

Alarmante envolée des besoins - stagnation puis déclin de la production

deux articles du journal Le Monde

dimanche 18 novembre 2007

Les retombées de la hausse "effrénée" de la demande d’énergie sont "alarmantes" – à la fois incompatibles avec l’impératif de renforcer la sécurité des approvisionnements et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Voilà les principales conclusions du "World Energy Outlook 2007", le rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) rendu public ce 7 novembre.

L’Agence internationale de l’énergie qualifie l’envolée des besoins d’"alarmante" :

Les experts, qui ont élaboré un scénario de référence (sans changement de politique) et un scénario alternatif (plus économe en énergie), reconnaissent l’« aspiration légitime » des 2,5 milliards d’habitants de Chine et d’Inde à plus de bien-être. (...)

Sans vigoureuse inflexion politique, les besoins augmenteront de +55 % dans les 25 ans (dont 84 % d’énergies fossiles) et les émissions de CO2 de +57 %. En outre, cette tendance entraînera une "dépendance accrue" aux hydrocarbures du Moyen-Orient et de Russie.

L’AIE souligne que le défi de "tous" les pays est donc de s’engager dans une "transition" visant à "décarboniser" l’énergie pour émettre moins de CO2 et sécuriser les approvisionnements. "Nulle part ailleurs la tâche ne sera plus ardue, ni plus importante pour le reste du monde, qu’en Chine et en Inde", prévient l’agence, tout en reconnaissant que les émissions de CO2 par Chinois ne représenteront encore que 40 % de celles d’un Américain.

En Chine et en Inde, la demande devrait plus que doubler d’ici à 2030. La Chine deviendra le 1er consommateur d’énergie peu après 2010, détrônant les Etats-Unis. Ses besoins en pétrole quadrupleront, surtout pour alimenter un parc automobile qui comptera 270 millions de véhicules. En outre, le charbon restera la principale source d’alimentation de ses centrales électriques, l’obligeant à en importer massivement alors qu’elle possède déjà d’énormes réserves.

(...) L’Inde deviendra avant 2025 le 3ème importateur net de pétrole, derrière les Etats-Unis et la Chine, et le 3ème émetteur de CO2.

Les prévisions à 25 ans sont difficiles, notamment sur la disponibilité des ressources. (...) Mais l’AIE juge que la hausse continue de la demande est "une menace réelle et de plus en plus grave pour la sécurité énergétique de la planète". Elle n’exclut pas, avant 2015, "une crise du côté de l’offre, qui s’accompagnerait d’une envolée des cours pétroliers", et prévient qu’"il sera extrêmement difficile d’assurer des approvisionnements fiables à des prix abordables". D’autant qu’une part croissante du brut servira au transport, pour lequel il n’existe pas de substitut.

Malgré la hausse des prix, la consommation s’accroîtra donc et les pays producteurs ne seront pas incités à investir, les tensions offre-demande maintenant l’afflux de dollars dans les pétromonarchies.

(...)

L’AIE conclut sur l’« urgence d’agir » pour sauver la planète des retombées désastreuses du réchauffement. Si les Etats mettaient en œuvre les mesures qu’ils préconisent eux-mêmes, un recul de 19 % des émissions par rapport au scénario tendanciel serait possible en 2030. Encore insuffisant pour éviter une élévation moyenne de 2,4°C des températures mondiales (le scénario bas du GIEC) dans la seconde moitié du XXIe siècle.

(...)

Source : Le Monde 07/11/07, voir l’article complet.


"La production d’or noir n’augmentera plus, selon l’ex-n°2 du pétrole saoudien" :

"Sadad Al-Husseini voit l’avenir de l’or noir en... noir. Retiré depuis 2004 de la vice-présidence de la Saudi Aramco – la compagnie pétrolière nationale saoudienne, de loin la première du monde –, M. Husseini a donné, le 30 octobre, un pronostic sur l’avenir de la production pétrolière potentiellement catastrophique pour l’économie mondiale. Son verdict jette le trouble, alors que les pays de l’OPEP, réunis samedi 17 et dimanche 18 novembre à Riyad, cherchent au contraire à rassurer.

(...)

Sadad Al-Husseini conclut : "Plus vite nous réaliserons que les extractions de pétrole ne peuvent augmenter indéfiniment, plus vite nous rechercherons des options énergétiques alternatives et soutenables, et nous éviterons ainsi des folies tragiques telles que l’occupation de l’Irak, et d’autres mésaventures similaires."

Source : Le Monde 16/11/07, voir l’article complet.


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